FABERT DISPOSE LES RÉFORMÉS A LA TOLÉRANCE
en matière de religion, seront sauvegardés; je m'en porte garant au nom du roi. » Il crut devoir aussi leur remettre en mémoire VéàlX de 1638, où leur dernier prince souverain avait déjà formulé, en faveur des catholiques persécutés, de sérieuses garanties. Toutes ces raisons, présentées avec une grande modération de langage, ainsi qu'un sermon prononcé par M. Ramboursur le même sujet, achevèrent d'entraîner les convictions de la majorité des notables et des fidèles, confiante dans la parole de Fabert; ils déclarèrent qu'ils étaient prêts à se conformer à la volonté royale. Un des points sur lesquels l'accord s'était établi, concernait les marques extérieures de respect à donner au Saint-Sacrement, transporté publiquement dans les processions ou chez les malades. Quelques notables eurent ordre de faire connaître à leurs concitoyens la conduite à tenir à cet égard pour seconder les intentions du gouverneur.
Un des premiers effets de cette entente fut la réintéoration des religieux du couvent de Saint-Hubert des Ardennes dans la jouissance des dîmes indûment prélevées par les ministres du culte réformé sur le village de Noyers, dépendant de la souveraineté de Sedan, ainsi que du droit de nomination à la cure de celte paroisse '. Mais ce n'était là qu'un acte de réparation isolé. L'ordonnance rendue le 23 février par Fabert « pour le rétablissement de l'entière liberté et exercice de la religion catholicjue dans la ville et
I . Lettre (min.) du roi à Fabert du 10 février. (Arch. D. G., t. LXXIII.)
HÉTABLISSE.MEM' DU CULTE l'UBLIC CAlTlOLlQUE. ^Itl
les souverainetés de Sedan et Raucourl », est le véi'ilable prélude du dessein de restauration religieuse qu'il avait couru, et dont nous allons lui voir poursuivre sans relâche l'exécution jusqu'à la lin de sa carrière. Elle édiclait l'amende ou la prison, selon les cas, contre ceux qui entraveraient l'exercice des rites catholiques, prescrivait la fermeture des magasins les jours de lete célébrés par l'Église, et défendait toute controverse religieuse en place publique ou dans les réunions. Les })arents y étaient déclarés responsables des contraventions que commettraient leurs enfants. Avant la promulgation de cette ordonnance, Faberl avait fait porter solennellement le Saint-Sacrement à un malade sous un dais escorté de soldats en armes, ei, qu'il suivait lui-même une torche à la main (24 février) '.
1. Ce fait est rapporté, ainsi qu'il suit, dans VAverlmcment [Ancc en tète de Yoffice (composé par un docteur eu Sorbonue, ciianoiue de Reims] que l'on célèbre à Sedan le jour de saint Matliias [rîi février], en mémoire du rétablissement du culte public du Saint-Sacrement dans cette cille; à I«eiui>, ciiez Bartliélouiy Multeau, imprimeur de Sou Altesse Monseigneur rarchcvèiiue duc de Reims, 1745, avec approbation et privilège du Roi :
« En 1G44, jour de saint Mathias, le religieux gouverneur vit passer devant lui le curé, lequel ne lui donna aucune mar(|uc du res|)ect dû à son rang; mais bientôt il en apprit la cause. Il sut qu'il était cliargé du saint viatique qu'il portait secrètement à un malade, pour éviter les insultes et les pi'ofanations des calvinistes. A l'instant, il s'avança vers le pasteur et lui demanda si l'infirme ne toiicbait point au dernier moment, et si la cérémonie pouvait se did'ércr d'une demilicure. L'état du malade se trouva conforme aux inspirations de son zèle. Il pria le ministre du Seigneur de retourner à l'église; il raccompagna, et lui-même ordonna Tapparcil de la pompe qu'il voulut qu'on rendit publiquement au corps adorable de J.-C. Les lévites du temple ne se caclièrent (lius, et, portant chacun un llainbeau, ils