LES SEDANAIS PRÊTENT LE SERMENT DE FIDÉLITÉ
s'accomplir, est prononcé au milieu des cris de vive le roi! vive la régente ! et des démonstrations d'allégresse du peuple.
Le gouverneur, escorté des magistrats de la cité, rentre alors au château pour faire prêter le serment au corps de la noblesse, représenté par Daniel de Jouvence, écuyer, sieur de Broussy et de Lamécourt ; René Foucquet, écuyer, sieur de Mézières ; Jacques de Vansay, écuyer, sieur de Tansu et de la Malmaison, etc. Le même jour, à l'hôtel de ville, ovi il revient, accompagné des membres du conseil souverain, il reçoit le serment des ministres et anciens de la religion calviniste, parmi lesquels se trouvent Pierre Du Moulin, un des plus ardents champions de la Réforme', Abraham Rambour et le savant Louis Le Blanc, sieur de Beaulieu". A leur suite, les régents du collège, ayant À leur tête Jean Brazy, les professeurs de l'Académie, Jean Stasquin, secrétaire, et Pierre Jannon, imprimeur de l'Académie ^
1. Pierre Du Moulin (1568-1658). « l'un des plus célèbres ministres, (lit Bayle, que les réformés de France aient jamais eu ». Professeur de l>liilosophie à Leyde, puis ministre à Charenton, il se fit remarquer au premier rang des adversaires de Tilenus dans la lutte des (iomaristes contre les Arminiens. Après le synode d'Alais qu'il présida (1620), il se retira auprès d'Henri de la Tour, prince souverain de Sedan, partisan des Gomaristes. Il est connu par de nombreux écrits.
2. Le Blanc de Beaulieu (1614-1075), auteur de thèses lliéologiquex que Nicole estimait. 11 comptait parmi ses ancêtres deux secrétaires de Louis XII, hommes de lettres distingués, Vun et l'autre nés à Sedan.
3. Le nom de Jannon mériterait d'être plus connu. Quelques-uns des nombreux ouvrages sortis de ses presses peuvent rivaliser, sous le rapport de l'exécution typographique, avec les chefs-d'œuvre des imprimeurs les plus renommés de la première moitié du dix-septième siècle.
AU nOI E.NTUli LES MAINS DE FABERT. 247
vieimenl jurer obéissance et fidélité au roi. Cette formalité remplie, Du Moulin prend la parole au nom de tous ceux qui sont présents, pour « remercier très Immblement le roi, dans la personne du gouverneur, des grâces et faveurs particulières qu'il leur fait et à ceux de sa profession ».
De riiôlel de ville, Fabert se transporte sur la place principale de la ville, où sont rassemblées les compagnies bourgeoises et celle de la Jeunesse, commandée par Daniel de Jouvence. A son arrivée, les tambours battent aux champs, les piques et les drapeaux s'abaissent, et tous, officiers revêtus de l'écharpe blanche et soldats dans le rang, jurent, la main levée, obéissance au roi. Un Te Deum, chanté dans l'église paroissiale et le temple protestant, clôt la cérémonie officielle. Le soir, les cris de vive le l'oi ! vive la régente ! font écho aux salves d'artillerie tirées du château.
Trois jours après (l" mai), Fabert alla recevoir le serment des capucins de la mission d'Hibernie k l'entrée de leur couvent, celui des maires et des officiers de justice et de police des bourgs et villages à l'hôtel de ville, et celui des capitaines et des officiers de la milice des villages dans la plaine de Balan. Les officiers et les habitants de la souveraineté de Saint- Menges, qui était indivise entre les ducs de Bouillon et de Mantoue, prêtèrent serment en conséquence. Enfin, le 10 mai, le gouverneur ayant fait solennellement ouvrir en sa présence l'audience du conseil souverain, déclara « vacantes par désertion et refus
248 DEUX COiSSE[LLERS REFUSENT DE PRÊTER SERMENT.
de prêter serment » les charges de Berthélemy Aiibertin, lieutenant général, et Henri Dauber, assesseur au bailliages l'un et l'autre membres du conseil souverain. Seuls, au milieu de l'empressement général des calvinistes à déférer aux ordres du gouvernement de la régente, ces fonctionnaires, qui avaient déjà excité, dans d'autres circonstances, la défiance du gouverneur, s'étaient signalés par leur opposition. Sans attendre leur destitution, ils avaient quitté d'eux-mêmes les Terres souveraines. Afin d'éviter que la malveillance attribuât leur éloignement à des dispositions hostiles de l'autorité à l'égard des réformés, Fabert crut devoir les remplacer par des magistrats de la même religion. L'un, Daniel d'Ozanne, sieur de la Hamardière, qui venait de Metz, où il s'était acquis une grande renommée de science et de probité, reçut la charge de lieutenant général ; l'autre, nommé JérémieGommeret, celle d'assesseur; de plus, tous les deux furent appelés à siéger au conseil souverain-. Après la séance, qui se termina par une harangue de Real, le gouverneur se rendit à un festin préparé avec grand apparat à l'hôtel de ville, et où les notables des différents ordres étaient conviés ^.