‹ Le maréchal de Fabert, 1599-1662Chapitre 229 sur 334 · BELLES PAROLES PRONONCÉES PAR FABERT · texte numérisé non relu

BELLES PAROLES PRONONCÉES PAR FABERT

Ce fut inutilement que les amis et les parents de Fabert tentèrent de le détourner du projet de restauration des fortifications de Sedan, en lui représentant que la charge qu'il s'était imposée absorberait peut-être sa fortune, c'est-à-dire celle de ses enfants. Rien ne put l'ébranler dans sa détermination. A ceux qui le gênaient ainsi dans ses vues patriotiques, il répondait « que si pour empêcher qu'une place que le feu roi lui avait confiée ne tombât au pouvoir des ennemis, il fallait mettre à une brèche qu'il verrait faite, sa personne, sa famille et tout son bien, il ne balancerait pas un moment à le faire \ » Nobles paroles, expression sublime du sentiment du devoir poussé jusqu'aux dernières limites humaines, et qui ne peut animer que les grands cœurs !

Meer, détenu en premier lieu clans la prison de Sedan, et plus tard dans le château, revient assez souvent dans la correspondance de Fabert et de Mazarin. Nous ne savons quel est ce personnage. Son compagnon de captivité en 1616 et 16i7, dans la prison de ville, nous est, au contraire, parfaitement connu: c'est un ancien oratorien nommé Hersent. Un audacieux pamphlet, dirigé par lui contre Richelieu, avait été brûlé en 1640 par arrêt du parlement. A la suite d'un voyage à Rome, en 1615, il s'était mis au service du jiape Innocent X pour faire réussir auprès de la reine et du duc d'Orléans, par l'entremise de l'abbé de la Rivière, un projet de paix avec rEsjtagne. Mais le confident de Gaston ayant éventé la mèche, Hersent avait été jeté à la Bastille. C'est peut-être lui que concerne un ordre de transfèremcnt de la Bastille à Sedan, en date du 24 janvier 1646, d'un prisonnier dont le nom a été laissé eu blanc. (Min. Arch. D. G., t. XCV.) Voir, au sujet de Hersent, une lettre de Mazarin à Fabert, du 25 janvier 1646 (en minute aux Archives nationales KK, 1075, en copie aux Archives des affaires étrangères, Recueil spécial, i. XXII). et la lettre (aut.), citée plus haut, de Fabert à Mazarin, du 20 janvier 1647.

1. Ces paroles sont gravées sur le socle de la statue que les Messins ont élevée en 4842 à leur compatriote. Elles ont été mises dans la bouche de Fabert par Courtilz de Sandras. Le P. Barre ne les a pas

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