‹ Le maréchal de Fabert, 1599-1662Chapitre 230 sur 334 · IL IIEFUSE A MAZAUIN DE L'ARGENT POUR LES LEVÉES · texte numérisé non relu

IL IIEFUSE A MAZAUIN DE L'ARGENT POUR LES LEVÉES

Cependant Mazarin se débattait au milieu d'embarras financiers de jour en jour grossissants. Les revenus de l'année courante et ceux de 1648 et 1649 étaient absorbés; on avait entamé jusqu'à ceux de 1650. Le cardinal cberchait partout de l'argent. Comme il songeait alors à faire recruter, du côté de Sedan et de la frontière de Champagne, quelques compagnies de cavalerie et trois cents hommes de pied destinés à renforcer son régiment, il osa demander à Fabert de lui avancer les fonds nécessaires pour payer les nouveaux enrôlés. Celui-ci s'excusa en ces termes, auprès de Chavigny, de ne pouvoir souscrire au désir du cardinal : « Je suis dans un pays où il ne se trouve pas un seul homme qui veuille tàter de la guerre, et la saison est la pire de l'année pour en débaucher. Si ma garnison de la ville eût été bonne et que j'eusse eu beaucoup de villages dépendant de mon gouvernement, j'aurais pris des soldats ici pour les envoyer à Son Éminence, et, dans les villages, des hommes pour les remplacer; mais la garnison est ruinée, et je n'ai que dix-sept villages de nouvelle acquisition. Pour ce qui est de l'argent, mon crédit et ma vaisselle d'argent, que j'ai voulu mettre en gage, ne m'ont pu faire donner que quatre mille cinq cents

reproduites. 11 se borne à dire que Fabert répliqua à ceux qui lui adressaient des remontrances « qu'étant dévoué au service du roi, il ne devait s'attaclier qu'à mériter son estime et à lui donner des marques de sa fidélité, en lui conservant une place que le feu roi lui avait confiée; qu'il espérait que Louis XIV, héritier du trône et de la justice de Louis XIll, n'oublierait jamais le zèle du gouverneur de Sedan pour son service, et qu'il récompenserait un jour, dans les enfants, l'ardeur que le père témoignait pour servir l'État. )>

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