J18 MAZAHIN PROMET A D'ERLACH L'ASSISTANCE DE FABERT
Au moment de l'arrivée de ces troupes dans le duché, en prévision du siège de Moutmédy, auquel il eut un instant la pensée de les attacher, le cardinal avait promis à d'Eiiach l'assistance des gouverneurs de la frontière de Champagne, principalement celle de Fahert. « Il vous sera fort avantageux, lui écrivit-il, de tenir grande correspondance avec le gouverneur de Sedan, et, s'il est possible, de vous aboucher avec lui, pour conférer ensemble. Il est fort intelligent, a grande pratique du pays, est très zélé et mon ami particulier ; vous y pouvez prendre confiance ^ » Mais le projetd'attaque de Montmédyn'ayantpas reçu de suite, les Allemands étaient allés grossir les troupes royales opérant en Flandre. A la fin de 1G48, ils avaient regagné leurs quartiers en Alsace et dans le gouvernement de Brisach. En mars 4649, après avoir abandonné le maréchal de Turenne, ils étaient revenus en France, d'Erlachàleurlete, sur un nouvel appel de Mazarin, pour sejoindre àTarmée française opposée à l'archiduc, vers la frontière de Picardie. Au commencement d'avril, ils se répandaient en Champagne. Bientôt, sous les yeux de leur chefimpuissantàles retenir, ils livrèrent à un pillage effréné le pays compris entre Bethel, Reims, Châlons et Sainte-Menehould '^
toriques amcemanl M. le général (VErlach (Yvertloii, 1784), j.ublics par un de ses pctits-aevcux, Albert d'Eilach. baron de Spiez.
l. Lettre (cop.) du i juillet 1G49. {\rch. a/f. étr., Nord et Allemagne, t. VI.)
"2. Lettres (aul.j de Fabert à CUavigny, des 7, 19 et "2'^ avril, et du 7 mai. (Arcli. nat., K, 118 A.)
On trouvera le récit détaillé et émouvant des misères inouïes dont la Champagne fut le théâtre à celte époque, dans La misère au temps
FABliRT S'INQUIÈTE DU VOISINAGE DES ALLEMANDS. Jl'J
Le voisinage de ce fléau, dont les ravages se prolongèrent pendant plusieurs mois ', excita ù un haut degré les appréhensions de Fahcrt. Un vérilahlo accès de désespoir s'empara do lui, lorsqu'il apprit que les c d'Erlachs )) devaient IVanchir la Meuse à Mézières, pour se jeter ensuite dans le Luxembourg par la route de Bouillon ou celle d'Yvois, et de là passer les quartiers d'hiver qu'on leur assignait en Barrois, en Lorraine, en Alsace et dans le Bassiunv. A la nouvelle que cette armée de brigands, où le duc de Bouillon et le maréchal de Turenne avaient, prétendait-on, conservé quelques partisans, allait passer aux portes de Sedan, les échevins et les principaux ofliciers se rendirent auprès du gouverneur pour lui représenter le péril que ferait courir à la place l'exécution des ordres venus de la cour-. Fabert écrivit sur-le-champ à Mazarin pour le supplier de modifier l'itinéraire prescrit. Il demandait que le passage eût lieu vers Mouzon, afin que les colonnes allemandes ne pussent s'approcher de Sedan, et que les villages de la rive droite, les plus prospères des Terres souveraines, fussent soustraits à la ruine qui les menaçait''. Le cardinal s'efforça de calmer les angoisses de Fabert. Il ne fallait pas, selon lui, s'exagérer le
de la Fronde cl saint Vincent de Paul, par Alplionse Feillet, Paris, 18()-2.
1. Les Allemands allèrent servir en jviiii, sous le comte d'Harcourl, au siège de Cambrai, puis retournèrent en Champagne.
-1. Lettre (aut.) de Fabert à C.havignv, du 17 octobre. {Arcli. nut.. K. 118 A.)
o. Lettre (aut.) de Fabert à Mazarin, du 13 octobre. iAi'ch. nat., KK, 1071.)