CONFIRMATION DES PRIVILÈGES DE LA SOUVERAINETÉ
marquées d'ailleurs par aucun excès de la part des troupes allemandes ^ La Meuse franchie, elles prirent le chemin du gouvernement de Verdun.
Quelque temps après, Mazai'in fit confirmer, dans leur intégrité, aux hahitants des Terres souveraines les privilèges et franchises dont ils jouissaient, et particulièrement l'exemption du logement des gens de guerre -. Au mois de décembre, des instructions furent envoyées à Fabert au sujet des démarches à faire, de concert avec M. de Lumbres, résident du roi à Liège, auprès des Etats de ce pays, pour en obtenir la stricte observation de leur neutralité. Au préjudice des conventions antérieures, les Liéoeois recevaient, depuis deux ans, en quartiers d'hiver, les troupes espagnoles et lorraines \
La plupart des événements auxquels nous avons trouvé FaberL mêlé pendant l'année 1640, font l'objet de la correspondance qu'il entretenait avecGhavigny, Celui-ci continuait à vivre confiné dans ses terres, loin de Paris, où il lui était interdit de se rendre, et toujours en butte aux vexations de Mazarin. Soit dégoût de l'agitation stérile à laquelle il se livrait pour ressaisir le ministère, soit esprit de détachement philosophique, il songeait à une retraite défi-
1. Lettre (aut.) de Fabert à Mazarin. du li novembre. [Arcli. nat., K, I18A.)
2. Lettre (aut. i de Fabert à Mazarin, du 21 novembre. {Arch. nat., KK, 1071.)
3. Deux lettres (cop.) du roi à Fabert, du 17 décembre. (Arch. a/f. tr., Liécje, t. II.)
l'ABERT DÉTOUUNE CIIAVIGNY DE LA RETRAITE. 3-2:j
nilivc'. Fiibert, à qui il conimiiniqiia ses intentions, ne les approuva pas. S'il se fût agi uniquement de l'attitude politique de Ghavigny, la haute idée qu'il avait de son mérite comme homme d'État, eût suffi à lui commander les plus grands ménagements à son égai'd-. Mais, lorsqu'il le vit prendre une détermination égoïste qui le menait à sacrifier les affaires pubUques à sa tranquillité personnelle, et allait peutêtre causer la ruine de sa famille, dès lors privée comme lui de tout crédit, il ne se serait jamais pardonné de mettre à l'expression de son jugement des restrictions do pure condescendance. En homme de cœur bien persuadé que l'on vit autrement avec un ami qu'avec un tyran, il lui écrivit tout franc : o J'au-
1. En août 164'J, Chavigny écrivait à Mazarin : n Si vous ii'avicZ
fait que ui'éloigiicr de la cour et me séparer de vos intérêts, je n'aurais nul sujet de me plaindre de vous, car vous savez que j'ai toujours souhaité la retraite....
» ....Vous savez ce que je puis dire, et quejc suis très bien informé de votre enfance, de votre entrée dans les affaires, de ce que vous avez fait dans le service du cardinal Anlhoine, de ce qui vous a mis dans les intérêts de la Franoe, et de ce que vous y avez f:iit dans les actions les plus iiidilférentcj. Ne m'obligez pas à faire l'histoire de votre vie et ei découvrir aux hommes ce que vous voudriez pouvoir cacher à Dieu. Je suis prêt à me laire pourvu que vous changiez di; procédés envers moi, et il me semble que rien ne vous en doit détourner puisque je renonce à la cour de tout mon cœur, que je n'ai nul dessein de me servir des occasions pour me venger de vous, et que je n'en formerai jamais d'autre que celui de vivre en repos. » {Arch. aff. étr., France, t. CXXV, min. de la main de Chavigny.) Le reste de la lettre est sur ce ton.
i. A notre avis, le caractère et le rôle politique de Chavigny n'ont pas encore été bien définis. Cet homme d'État est de ceux ((ui mériteraient d'être étudiés à part. On pourrait tirer des lettres que lui adressait Fabert des indications précieuses, de nature à jeter quelque lumière sur la lutte ténébreuse qu'il engagea contre Mazarin.