FABERT S'EFFORCE DE JUSTIFIER LA CONDUITE DE CHAVIG^•Y
tisans les plus influents des princes prisonniers, Fabert s'exprimait ainsi : « J'ai toujours assuré à Votre Éminence que les intentions de M. deChavigny étaient sincères, parce que je les ai crues telles. M. de Survie sait que, durant la révolte de Paris, je ne doutai jamais qu'il ne prendrait nul engagement avec le parlement. Il ne paraît pas qu'il ait rien fait contre ce que je dis dernièrement à Paris à Votre Éminence, et je ne puis penser pourquoi une personne aussi éclairée que lui voudrait périr toute seule dans un temps auquel l'on peut bien espérer de se sauver étant en compagnie. Cependant, Monseigneur, il n'a jamais pris départ dans aucun des deux partis qu'avec tant de gloire Voire Eminence a détruits, et [il a] ramené dans les sentiments de leur devoir les principaux de ceux qui s'y étaient intéressés ; ceux-là pourraient convaincre M. de Chavigny s'il n'était innocent, et il leur serait aussi honteux d'attendre cela que la peine qu'il aurait eue de se contraindre en mille actions pour me tromper lui serait inutile. La liberté avec laquelle Votre Éminence a trouvé bon que je hii parlasse sur ce sujet, me donne celle de la supplier très humblement de considérer ces choses, et de lui représenter que je donnai parole à M. de Chavigny que Votre Éminence le laisserait jouir du repos qu'il cherche, qu'il rentrerait à Paris six semaines après qu'il en serait sorti (dont néanmoins je crois qu'il ne se soucie pas qu'au cas que M. Le Coigneux le poursuive), et que, durant son absence, mon dit sieur Le Coigneux ne ferait nulle poursuite