‹ Le maréchal de Fabert, 1599-1662Chapitre 270 sur 334 · LE SENTIMENT DU DEVOIR RETIENT FABERT A SON POSTE · texte numérisé non relu

LE SENTIMENT DU DEVOIR RETIENT FABERT A SON POSTE

grande infirmité, du moins celle qui me fait le plus de peine : je ne trouve point d'homme dont la manière d'agir ne me lâche à la longue, et je ne suis pas capable de me gêner chez moi, ainsi que je fais dans le monde, où l'habitude donne facilité à faire les choses que je ne pourrais faire étant retiré pour vivre en liberté \ »

Sous l'empire d'un aulre sentiment, celui du devoir, qui l'animait en toute circonstance, Faberl faisait suivre sa confidence de cette rétlexion : « 11 faut aussi que le roi soit le maître et parle de lui-même avant qu'abandonner un lieu capable de faire bien du mal, tombant entre les mains d'un mal intentionné. » Devant cette considération, le soldat resta à son poste; mais toute velléité de retraite ne s'était pas encore évanouie dans son esprit-.

Lorsque Fabert annonçait à Ghavigny son intention de rompre avec le monde, il venait de recevoir de la laveur royale de quoi y figurer avec plus d'éclat, c'est-à-dire un titre honorifique et le brevet de la charge militaire la plus élevée après celle de maréchal de France. Par lettres patentes du mois de mai, enregistrées à la chambre des comptes de Dijon, le

1. Lettres (aut.) de Fabert à Chavigriv, du i décembre. (Arch. mil., K, 118 k.)

2. Lettre (aut.) de Fabert à Cbavigny, des 29 janvier et 13 février 1G51. [Arch. nal., K, 118 A.) Il dit dans celle du 13 février : « Je quitterais avec joie mon emploi, si je croyais le pouvoir faire en conscience et mettre la place en main aussi assurée pour le roi que la mienne. » A ce moment Fabert se montrait très affecté de la mort d'Abraham Rambour; il perdait dans ce ministre un précieux auxiliaire.

LAHIIEV EllIGÉ EN MAKUUISAT EN FAVEUIl DE FABEHT. 351

1" juillet, le roi avait érigé en marquisat, au prolit de Faberl et de ses eulants, les terres de Larrcy, Celilly, Poinrou et Bissey S situées dans le bailliage de la Montagne-, en Bourgogne, acquises par lui, le il(j avril précédent, du maréchal de Gramont, au prix de cinquante-sept mille écus, soit cent soixante et onze mille livres '. Le "10 septembre suivant, il lui avait

1. Ces quatre localités a|i|iarliemiciit aujuuid"liiii au canton de Laijjnes (arrond. de GliàliUoii-sur-Seiiiej, dans la Côte-d'Or.

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