ENGAGE MAZARIN A RENTRER EN FRANCE AVEC UNE ARMÉE
Midi, pour y cire à portée des troupes royales opposées, sous le comte d'Harcourt, à celles du prince de Condé et de ses adhérents ; elle aurait moins à s'inquiéter de ce qui se passerait à Paris en son absence. Quant à Mazarin, il se donna pour rôle de faire briller aux yeux du coadjuteur fasciné la pourpre du cardinalat, aussi longtemps que ce jeu servirait à dissimuler son véritable dessein, qui était de reprendre, le plus tôt possible, la direction des affaires.
Maintenant, il s'agissait de savoir par quels moyens le cardinal préparerait son retour et l'effectuerait. Suffirait-il d'une- déclaration royale pour lui permettre de revenir à la cour et de ressaisir les rênes du ministère, ou était-il à propos d'attendre qu'il eût réussi à conclure la paix avec l'Espagne ^, dans l'espoir que la France, reconnaissante de ce grand service, le rappellerait spontanément au pouvoir ; ou enfin, devait-il reparaître dans le royaume en posture de guerre, ne comptant que sur lui, c'est-à-dire sur une armée lui appartenant, une armée d'élite, assez forte pour défier ceux qui songeraient à entraver sa marche, et avec laquelle il irait rejoindre I13 roi?
Après avoir trouvé et passé en revue ces différentes solutions, Fabert se prononça en faveur de la dernière-. « Un moindre dessein que celui-là, écrivit-il à Mazarm, vous sera peu utile. » Tel était aussi
1. Mazarin avait reçu du roi pouvoir de traiter avec l'Espagne.
2. Lettre (aut.) de Fabert à Mazarin, du 25 octobre. {Arch. nat., KK, 1072.)