‹ Le maréchal de Fabert, 1599-1662Chapitre 31 sur 334 · DESSEIN DU ROI DE SE DÉFAIRE DE RICHELIEU · texte numérisé non relu

DESSEIN DU ROI DE SE DÉFAIRE DE RICHELIEU

de Nassau. Lorsque Tallaque conduite par d'Arpajon eut gagné la contrescarpe, la place capitula (20 juillet).

Après la chute de la Mothe, la peste et la famine aidant à l'œuvre de la guerre, la conquête de la Lorraine ne pouvait plus être qu'atlaire de temps. Tout réussissait à Richelieu, mais sa toute-puissance était à chaque instant mise en péiil par les tourments croissants de la jalousie du roi. Las du joug do son ministre, Louis Xlll ne songeait à rien moins qu'à se défaire de sa personne. Au milieu de ses lâches incertitudes, il s'ouvrit de son dessein à un de ses plus hraves soldats, le marquis de Ramhares, mestre de camp du régiment de ses gardes*, en l'engageant à s'échiirer des avis de Fabert. En ce temps-là, le cardinal se laissait insinuer par le duc de la Valette que Rambures était dési'reux d'épouser une de ses parentes. Toutefois, si l'on pouvait croire que Richelieu n'eût jamais couru de plus grand danger, on se méprendrait gravement sur le caractère des deux hommes que Louis Xlll faisait ses complices. Il n'y avait qu'un traître capable de consentir à entrer dans la famille du cardinal, pour ruiner ensuite sa fortune de connivence avec le roi. Et cependant, pouvait-on douter que refuser à Richelieu la satisfaction qu'attendait sa vanité, c'était s'atlirer une disgrâce cruelle?

1. Le roi avait donné, en 1633, à de Iiambnri'S 1(> régiim^nt dc^ gardes françaises et le gonvernemcnt de Doullcns et du Croloy. Il lui envoya, on octobre 1034, les provisions de maréchal de camp.

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