FABERT DISSUADE CHAVIGNY DE JOUER UN ROLE DOUBLE
toisie, est obligé de faire, et, en ce cas, la cour aurait sujet de souhaiter que je conservasse quelque crédit auprès de ces deux princes.
» Je ne voudrais m'engager à faire aucun pas avec le cardinal; il faudrait, avant toutes choses, voir les affaires générales accommodées.
» Je m'assure que M. Fabert jugera que je ne puis avec honneur faire davantage, et qu'il est juste, si le cardinal prend cette occasion de vouloir faire croire au monde que je traite avec lui pour me décrier, qu'il rende le témoignage qui est dû à la vérité, et qu'il fasse connaître comme j'ai été recherché le premier, et avec combien de désintéressement j'y ai répondue »
Fabert ne pouvait pas, sans trahir la cause royale, suivre Chavigny dans la voie où l'entraînait son ambition. Le rôle que celui-ci s'offrait à jouer, un pied dans le camp des princes, l'autre dans celui de la cour, lui paraissait aussi répréhensible que dangereux. « Ce ne serait pas mon avis, lui écrivit-il, que vous changeassiez votre façon d'agir pour en prendre une double, quoique plusieurs se résolvent à cela maintenant, mais de faire en sorte que l'on n'agisse de la sorte contre vous'. » Il ne recula pas devant un
1. Ce mémoire se trouve en expédition originale à la Bibliothèque Sainte-Geneviève, et en minute aux Archives nationales. (Mélanges, III, documents généalogiques, M, 401.) Nous n'en avons reproduit ici qu'une partie. Le P. Barre le rapporte presque intégralement, mais en s'écartant du texte de l'expédition qui, d'ailleurs, diffère aussi un peu de celui de la minute.