‹ Le maréchal de Fabert, 1599-1662Chapitre 319 sur 334 · nre, abréviation de nostre · texte numérisé non relu

nre, abréviation de nostre

homme, et du tiltre d'escuycr, décoré et décorons, Voulons et nous plaist quen tous lieux, actes et endroictz, tant en jugement que dehors, il soit doresnavant desnonnné et réputé tel, puisse mettre et apposer partout sur ses terres et seigneuries lescusson des armoiries timbrées que nous luy avons données et blasonnées au dedans de ces présentes *. Voulons aussi que ledit Fabert, ses dite femme et enffans naiz et a naistre, jouyssent à jamais de tous droictz, privilleges, auctoritez , prérogatives et prééminances de noblesse ; puissent acquérir et posséder tous fiefz, terres et possessions nobles, en jouyr et user sans quils puissent estre constrainclz en vuyder leurs mains pour quelque raison que ce soit. 5/ donnons en Mandement à fire très-cher et bien amé cousin leducd'Espernon, Pair et Colonnel Généra de l'Infanterie de France, Gouverneur et nre Lieutenant gênerai à Metz et Pays messin, et en son absence au sieur Darquian, Gouverneur de nos ville et citadelle de Metz, et tous autres Gouverneurs ou noz lieutenants en la province dudit Metz, Thoul et Verdun, présens et advenir (comme aussi nous prions tous Princes et Seigneurs noz amys) que de tout le contenu cy-dessus ils faceut, souffrent et laissent jouyr le dit Fabert, ses dite femme et enffans, postérité et lignée, naiz et a naistre, paisiblement et perpétuellement, en la forme et manière que dessus est dict , faisans cesser tous les troubles et empeschemens au contraire. Mandons au sieur Viart, conseiller en noz conseil destat et privé, et président en nostre justice dudizt Metz et Pays messin, et aultres ses representans en la dite justice , que ces dites présentes il face lire et enregistrer au greffe de ses audiances, et à nre Procureur gênerai des dits lieux de tenir la main a laccomplissement du contenu en ces présentes. Car tel est nre plaisir. En tesmoing de quoy, et affin que ce soit chose ferme et à tousiours stable, nous avons faict mettre nre scel a ces dites présentes. Données a Paris, au moys de Septembre , lan de grâce mil six cens trois , et de nre règne le quinziesme.

j> Henry. j>

1. Ces armoiries sont ; d'azur à un Hercule de carnation, vêtu (l'une peau de lion d'or, se soutenant du bras de.\lre sur une massue de même, accosté de dix pommes d'or, tigées et feuillces de même, l'écu entouré d'un orle nébulé d'argent.

DISCUSSIOxN ENTRE LE RÉDACTEUR DES AFFICHES DES ÉVÈCHÉS DE LORRAINE ET LE CURÉ DE MOULLNS (1779) SUR LA QUESTION DE SAVOIR SI FABERT A ÉTÉ OU NON SIMPLE SOLDAT.

A la suite d'une représentation gratuite de VEnfant prodigue, de Voltaire, au théâtre de Metz, M. Emniery écrivit ce qui suit dans son journal, à la date du 14 janvier 1779 : « Eu général, dans VEnfant prodigue, les acteurs ont supérieurement joué. Nous sommes seulement fâchés que ce vers :

Rose et Fabert ont ainsi commencé,

n'ait pas été plus fortement prononcé ; il a été jeté avec tant de rapidité qu'il n'était guère possible qu'il fût saisi. Nous eussions été curieux de voir quel effet eût produit sur cette classe de nos compatriotes [le peuple] le nom de Fabert, le nom de ce respectable Messin qui, de simple soldat, parvint au grade de maréchal de France. »

Dans une lettre du 18 janvier, insérée dans le journal du 28, le curé de Moulins releva comme erronée l'assertion du rédacteur du journal. Il prétendit que Fabert, né gentilhomme, fils d'un des mailres-échevins les plus distingués qu'ait eus Metz, et élevé par le gouverneur de la ville, qui le traita toujours « avec des témoignages d'une estime très particulière », n'était pas dans le cas de commencer par être simple soldat, c'est-à-dire un « fusilier engagé, soldé et mercenaire ». M. d'Emmery, en reproduisant cette lettre du curé, la fit suivre de quelques observations. A ses yeux, « supposer que la naissance et la fortune avaient jeté Fabert, comme tant d'autres, dans le chemin des honneurs auxquels il était parvenu, » c'était « ravaler son mérite personnel». Tout en reconnaissant que Fabert était entré aux Gardes en qualité de volontaire, il soutenait qu'il y avait fait, comme soldé, le ser-

vice de fusilier. « Qu'aurait dit Fabert, ajoutait-il, le grand et modeste Fabert, si Ton eût voulu rayer de la liste de ses titres celui qui, sans contredit, le flattait davantage, puisqu'il lui avait mérité tous les autres? »

Par une lettre du 8 février, insérée dans le journal du H, l'arrière-petit-neveu de Fabert (Abraham-Alexandre-François- Maximilien, capitaine de cavalerie) mit fin à ce débat, mais sans trancher ouvertement 'la question entre ceux qui l'avaient soulevée. En définitive, les opinions opposées qui se firent jour à cette occasion, avaient pour source commune les inspirations d'un patriotisme ardent et sincère, et la gloire de Fabert y gagna plutôt qu'elle n'eut à en souffrir.

NOTE RELATIVE A LA CONSTRUCTION DE LA DIGUE DE LA ROCHELLE, ATTRIBUÉE A DES MEMBRES DE LA FAMILLE DE FABERT.

Nous trouvons dans un article des Affiches des Évêchés de Lorraine {n° du 4 février 1779) le passage suivant: c L'éditeur du Recueil des Édits (M. Emmery) nous paraît s'être trompé dans une note de la page 146 de son premier volume, en attribuant à Fabert le père la gloire d'avoir donné le projet de la fameuse digue de la Rochelle. Si le chroniqueur qui, le premier, a rapporté ce fait, a dit une vérité, il serait plus naturel d'en faire honneur à François Fabert, qui fut employé à ce siège mémorable en qualité d'officier d'artillerie. »

Maximilien Fabert, dans un extrait du Recueil des Édits, que nous avons trouvé écrit de sa main dans les Archives de la famille, reproduit la note de la page U6, en l'accompagnant de la remarque suivante : c Le premier siège de la Rochelle était en 1573, par le duc d'Anjou, sous Charles IX. Abraham Fabert était trop jeune pour pouvoir y flgurer de manière à se faire distinguer du roi ; mais François, son fils, au deuxième siège de La Rochelle, sous Louis XIII, en 1627, s'y acquit beaucoup d'honneur. »

Enfin, on lit dans le Journal de Jean Bauchez : « M. Abraham Fabert, maître-échevin de Metz, était fort aimé du roi Louis XIII ; lorsque le camp était devant la Rochelle, le roi même y étant en personne, M. de Molliii [Moulins] y fut mandé comme étant un homme de bon esprit pour son art. Il donna l'avis au roi de mettre une chaîne au travers de la mer, afin que par icelle on puisse empêcher les galères qui venaient d'Angleterre d'entrer avec des vivres en la Rochelle, même que l'on pourrait, avec le temps, faire une digue avec des bateaux contre icelle chaîne, ce qui fut trouvé bon ; et, par icelui avis, le Roi en fit faire une et l'y mettre, ce qui empêcha les vivres qui ne

purent plus entrer, dont la Rochelle se rendit en la protection

■du dit sire Roi par ce moyeii-là. Voilà, à son retour, comme le Roi lui promit grande récompense tant qu'il vivrait. Il lui donna une grande ciiaîne d'or en signe d'amitié. »

En résumé, d'après le P. Barre, Fabert, sergent-major au régiment de Rainbures, aurait prêté l'aide de ses connaissances sciontiliquos aux ingénieurs chargés d'édifier la digue ; suivant l'auteur du Recueil des Édits, d'accord avec Jean Bauchez, c'est à Fabert le père que devrait revenir l'honneur d'avoir conçu cette gigantesque entreprise; enfin, d'après le rédacteur des Affiches, l'auteur du projet de construction de la digue ne serait autre que François, fils aîné du maitre-échevin, alors contrôleur de l'artillerie au département des Trois Evêchés'. Nous nous bornerons à mentionner ces différentes assertions, faute de données certaines qui puissent nous permettre de les discuter et de conclure-.

1. Dès 1623, François Fabert occupait cet emploi; oa le voit par une quittance, datée du 8 octobre de cette année, et signée de sa main (orig. sur parchem., au Cabinet des titres de la Bibliothèque nationale, Pièces originales, 1092).

2. Il est généralement admis que l'idée première de la digue revient à l'ingénieur italien Pompée Targon, qui, en 1622, dirigeait les travaux de construction du Fort-Louis, à quelques cciilaines de toises delà Rochelle. (Massiou, Histoire de la Saintonge et de l'Aunis.)

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