‹ Le maréchal de Fabert, 1599-1662Chapitre 325 sur 334 · Mercure français, t. XXIH · texte numérisé non relu

Mercure français, t. XXIH

le siège d'Arras a été prémédité, qu'il rentrait dans les premières combinaisons de Ilichelieu, et, par suite, qu'au lieu de le considérer comme une opération résolue in extremis et destinée à faire oublier l'expédition entre Sambre et .Meuse, on doit le regarder comme l'entreprise capitale de la campagne, celle à laquelle toutes les autres ont été subordonnées, dès l'origine, dans les intentions du cardinal. Dès lors, l'attaque excentrique dirigée sur Charlemont et Mariembourg n'apparaît plus avec le caractère d'opération tactique proprement dite que lui prêtent implicitement Le Vassor et le P. GriCfet ; elle devient, à nos yeux, une démonstration de l'ordre stratégique, et l'on voit clairement que le but de cette démonstration, (fui était d'amener les Espagnols à morceler leurs forces et de les tenir éloignés d'.Vrras, le véritable objectif des Français, a été complètement atteint, malgré « le temps pet du par les armées du roi, en des lieux éloignés, en favorisant les desseins des alliés de la France ». (Relation succincte du sief/e dWrras, attribuée à Richelieu et citée par Aubery dans l'histoire du cardinal.)

Une des conséquences les plus importantes de cette manière d'envisager les opérations qui ont précédé le siège d'Arras, c'est que la prévoyance de Richelieu, loin d'avoir été en défaut dans les circonstances que nous avons rappelées, ne s'est peutêtre jamais montrée plus subtile et plus savante. Mais n'oublions pas Fabert; ce n'est que justice d'associer à l'honneur de cette conclusion le conseiller du cardinal, l'inspirateur du plan de canqjagiie.

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