‹ Le maréchal de Fabert, 1599-1662Chapitre 40 sur 334 · EST MIS EN LIBERTE · texte numérisé non relu

EST MIS EN LIBERTE

L'inlervcntion royale fut suivie d'un prompt effet : le 5 janvier 1635 arriva l'ordre de laisser sortir Fabert. Le lendemain, c'est-à-dire le jour même où devait être prononcé le jugement, il franchissait, accompagné de son fidèle ami Grateloup, le seuil de la geôle'. Quelques jours après, il adressa de vive voix ses remerciements reconnaissants au roi, à qui il devait la liberté, peut-être même la vie, et Richelieu lui témoigna sa joie de le revoir. Un peu plus lard, il envoya en présent, par l'intermédiaire de M. d'Amontot, au l'apporteiir dont la résistance aux offres de M. de Yion avait failli causer sa perte, une épée magnifique. Ainsi, dans cette affaire, le dernier mot lui resta, à son plus grand honneur ^

1. Lettre (aut.) de d'Anionlot à Chavigny du 3 (ou 4?) janvier 1635. {Arch. aff. étr., Pays-Bas, t. X.)

La Gazette du 13 janvier 1635 annonça en ces termes au public la délivrance de Fabert : « Le sieur Fahert, ci-devant arrêté par les Espagnols, sous prétexte de l'accusation qu'on lui mettait à sus d'avoir voulu tirer le plan de Tiiionville, en a été trouvé innocent par ses parties mêmes et relâché ensuite. »

2. Le P. Barre, et quelques-uns des biographes de Fabert a|»rès lui, se trompent manifestement quand ils l'ont suivre le nom de M. de Vion du titi'e de résident de France à Bruxelles. En 1634, l'agent diplomatique de la France accrédité auprès de l'infant gouverneur des Pays-Bis, était M. d'Amontot, ainsi que l'attestent de nombreux documents conservés aux Archives des affaires étrangères. {France et Paijs-Bas, 1633, 1634j.

Le caractère et la manière de servir de d'Amontot s'accordent d'ailleurs assez mal avec le rôle prêté par le }*. Barre au résident qui eut mission de négocier la mise en liberté de Fabert. Le seul fait d'occuper le poste de Bruxelles ù la veille do la guerre préparée contre l'Espagne, prouve qu'il jouissait de l'entière confiance de Kichelieu ; il devait plus tard gagner celle de Mazarin par l'habileté et la sagesse dont il donna des preuves en qualité de résident auprès de la république génoise, vers la fin du règne de Louis Xlil. S'iinaginc-t-on un pareil diplomate se faisant suborneur, la bourse à la

COMMANDi: DANS METZ. 47

Au lendemain de sa délivrance, Fabeit aspirait à servir dans les troupes destinées à être réunies les premières pour entrer en campagne. Toute sa crainte était de se trouver confiné, au moment où la guerre éclaterait, dans une place où il serait privé d'exercer son activité selon les besoins de son ardente nature. Aussi, lorsque le cardinal de la Valette, récemment appelé au gouvernement du pays messin * par la démission de son frère, le duc de la Valette, lui proposa le commandement de Metz sous son autorité, s'empressa-t-il de décliner cet honneur. L'offre du cardinal se changea bientôt en ordre du roi. Il fallut obéir. Toutefois, Louis XIII donna à Fabert l'assurance qu'il ne le laisserait pas à Metz après que le gouverneur y serait entré, et qu'il aurait été pourvu à la sûreté de la place.

mnin, pour sauver un de ses nationaux, tentant ensuite de l'arracher violemment de sa prison, et enfin se chargeant, au nom de ce compatriote rendu à la liberté, d'honorer par un présent le juge que luimême a voulu séduire sans pouvoir y réussir?

M. de Vion, (|ue le P. Barre nous montre associant ses efforts à ceux du baron de Grateloup pour mettre un terme à la captivité de Fabert, n'est autre que le capitaine du régiment d'infanterie Fabert dont il parle dans sa Préface comme ayant écrit des Mémoires sur le maréchal. Nous ne saurions dire si, dès lC3i, il servait dans l'armée, mais il était déjà lié avec Fabert, et l'excès même de sou amitié explique, s'il ne la justifie pas, la conduite ([u'il tint à cette éjioque.

1. Louis de Nogaret, troisième fils du duc d'Épernon, né en 15'.);], archevêque de Toulouse en IGli, cardinal en IG'21. Il n'avait jamais été dans les ordres et s'était démis, en iC!28, de l'archevêché de Toulouse pour s'improviser soldat, l'année suivante, en Italie, à la suite du roi. Ses provisions de lieutenant général et gouverneur de Metz et du pays messin dataient du 31 décembre 163-i. La Valette prêta serment entre les mains ilu roi le 17 mars 1G35. (Pinard, Chronologie militaire. — Mercure lra)içais, t. XX.)

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