‹ Le maréchal de Fabert, 1599-1662Chapitre 41 sur 334 · ORGANISE LA DÉPENSE DE METZ · texte numérisé non relu

ORGANISE LA DÉPENSE DE METZ

En ce temps-là, les rencontres des armées en rase campagne étaient l'cxceplion. On faisait surtout la guerre de places forles. L'organisation défensive des villes et des fortci esses le plus directement exposées aux entreprises de l'eûnemi était un objet d'occupation incessante, non seulement pour le secrétaire d'État chargé des affaires militaires*, mais pour le premier ministre et le roi lui-même. Quand il s'agissait d'une place de conséquence, située dans le voisinage de la frontière, et sur laquelle l'armée pouvait s'appuyer, on multipliait les précautions, on ne reculait devant aucun sacrifice. Telle était celle de Metz, dont la conservation importait grandement au succès des opérations préméditées par Richelieu contre l'Espagne et l'Empire. Le choix que l'on fil de Fabert pour la mettre à l'abri d'une attaque, prouve combien était apprécié son savoir comme ingénieur. Bientôt s'élevèrent de nouveaux ouvrages ; on répara les anciens ; la garnison fut tenue en haleine par des exercices répétés ; les magasins de la place reçurent des approvisionnements ; eniîn, de petites garnisons réparties dans les villages et les châteaux du pays se trouvèrent en mesure de repousser vigoureusement les courses des garnisons de Sierk, Thionville et Luxembouro-.

i. Le département de la guerre était dir'gc alors par Abel Servicn.

5. On trouve aux Archiver des affaires étrangères. (Lorraiuf, t. XXVII) lin mémoire de la main de Fabert. qui remonte à oeil,' é|)0(|ue. Dans la première partie de ce mémoire, il propose de ne plus envoyer à la guerre les compagnies chargées de la garde de la place, et il prouve la nécessité d'augmenter la garnison tout en indiquant les moyen

CHARGÉ D'UNE MISSION AUPRÈS DK RICHKLIKU. 49

Quand le cardinal de la Valette arriva à xMelz, au commencement d'avril, pour prendre possession de son gouvernement, Fabert jugea le moment venu de demander à servir sous les ordres des marécliaux de Chàtillon et de Brézé, qui devaient opérer dans les Pays-Bas de concert avec le prince d'Orange. L'occasion s'en offrit à lui peu après, le cardinal l'ayant chargé d'une mission auprès de Richelieu. Le but le mieux connu aujourd'hui, et vraisemblablement le but capital de ce voyage était de solliciter pour la Valette le commandement d'une armée \ Au fond, le premier ministre épiait l'heure propice où il pourrait faire un général en chef de ce belliqueux prélat, dont l'humble soumission le vengeait de l'orgueilleuse indépendance de son père. Mais comme il tenait beaucoup à sauver les apparences, il répondit à Fabert qu'il se croirait blâmable si, alors que l'échec desSuédois à Nordlingcn n'était pas encore réparé, et que les Espagnols et les Impériaux menaçaient la fron-

d'y arriver. Dans la seconde partie intitulée : « Pour la ville et le pays )),il s'étend sur la misère des populations des campagnes et sur les mesures à adopter pour y remédier.

1. Lettre (aut.) de la Valette à Richelieu, du 15 avril. (Arch. a/f. élr., Allemagne, t. XII).

n est encore question du voyage de Fabert à la cour dans deux lettres du 20 avril, adressées au cardinal de la Valette, Tune par Richelieu, Taulrc par Servien. Elles sont citées par Aubery dans ses Mémoires pour l'Jdstoire du cardinal de IlicheUeu, et se trouvent en original à la Bibl. nat., F. FIL, 6615. F^a première commence ainsi :

K On remet à voti'e jugement l'affaire pour lariuellc vous avez envoyé le sicm- Fabert. Rien vous dirai-jc que, s'il n'arrive un changement de temps que désire le dit sieur Fabert pour favoriser votre dessein (projet d'attaque de Sicrk), il est jugé très-difficile, et tant que l'on n'estime pas que vous le deviez entreprendre. »

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