‹ Le maréchal de Fabert, 1599-1662Chapitre 56 sur 334 · ENRÉGIMENTATION DE LA CAVALERIE · texte numérisé non relu

ENRÉGIMENTATION DE LA CAVALERIE

stances réitérées de la Valette pour obtenir son prompt retour*.

Avant de nous engager, cà la suite de Fabert, dans la campagne d'hiver de 1636, nous avons à dire quelques mois d'une réforme militaire accomplie en 1637, et qui consacra les idées avancées par lui dans un mémoire soumis au roi ^. 11 s'agit de la mise en régiments de la cavalerie française. On sait que jusqu'en 1035 la cavalerie se composait d'escadrons subdivisés en compagnies, l'escadron étant une formation de marche et de bataille, et la compagnie constituant l'unité administrative ^ La formation nouvelle, qui existait depuis longtemps dans les armées allemande et espagnole, avait pour but de créer un intermédiaire, le mestre de camp, entre le colonel-général de la cavalerie et les capitaines commandant les compagnies. Elle commença à être appliquée en mai cà des corps de nouvelle levée \ Malgré un ordre du roi qui la rendit générale <à la fin de l'année'', elle fut aban-

\. Lettres (aut.) de la Valette à Chavigny, dos 22 et 28 décembre (Arch. a(f. élr. , Lorraine, t. XXVII). Lettre (aut.) de Chavigny à la Valette, du 27 décembre (Dihl. nat. i\h-, F. FR., GG4-5), repraduite par Aubery.

2. En même temps que l'on enrégimenta la cavalerie, on partagea en bataillons les régiments d'infanterie.

3. « Avant 1635, dit Fabert dans ses Mémoire.i, il n'y avait que des compagnies particulières qu'on couplait pour faire des escadrons sous les plus anciens capitaines. »

4. Exemples : les régiments de Condé et de Guiclie. (Pinard, Chronologie militaire, i

5. « Faut écrire à M. le cardinal de la Valette que, pour la cavalerie, S. M. réduit toute la française en régiments et esqiiadres sous le nom de personnes qu'elle estime avoir la volonté et le pouvoir de les faire subsister. » (Minute orig., du 8 décembre, de la main d'un secrétaire de Richelieu, Arch. ajf. étr., t. LXXIV.)

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donnée depuis juillet 10o(! ' jusqu'à janvier 1638, époque à laquelle elle entra définitivement dans l'organisation de la cavalerie. Fabert proposa aussi d'enrégimenter les ouvriers capables de manier les outils employés pour les travaux militaires; mais son projet, quoique approuvépar le roi, ne reçut pas d'exécution. Ce n'est que trente-huit ans plus tard que Vauban devait obtenir la création d'une troupe spéciale de ce genre.

Dès les premiers jours de l'année 1686"-, Fabert rapporta de la cour à son général, avec une instruction écrite sur les secours en vivres à envoyer aux places d'Alsace tenues en détresse par les Impériaux '\ et des recommandations au sujet de la conduite à observer vis-à-vis du duc Bernard \ « les grandis-

1. « Le roi met la cavalerie en escadrons au lieu de régiments. » (Lettre de de Noyers à la Meilleraye, du !2C juillet IGoG, dans Aubery). Dans une lettre au comte de Soissons, portant la même date et citée par le P. Daniel, de Noyers dit que les régiments ne conviennent pas à l'humeur française.

2. Le 6 ou 7 janvier. Lettre (min.) de Cliavigny à la Valette, du 6 janvier. (Arch. a/f. étr., Lorraine, t. XXIX.) Lettres (aut.) de M. Fontenay, du 7, et de Ghavigny, du 11 janvier, au même. {Bibl. nat., Ms., F. FR., 6646.)

3. Cette instruction se trouve à la Bibliothèque nationale, en orig., F. FR., 6646, et en duplicata, F. FR., 6644. Les Archires des affaires étrangères, Alsace, t. IX, en possèdent aussi une expédition.

L'original est signé du roi et contresigné jiar Servien. Le duplicata porte au dos la mention du titre, de la main de Fabert. L'autre expédition contient en marge des observations de la Valette écrites par un de ses secrétaires.

4. Le cardinal de la Valette était le négociateur dont se servait Richelieu pour conserver le duc de Weimar au service de la France. Jlalgré les avantages considérables qu'un traité conclu avec le roi, Lq 27 octobre 1635, avait stipulés on sa faveur, le général allemand manifestait sans rosso de nouvelles exisences.

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