DE SA VERNE
vinrent à pénétrer dans la ville, où ils se maintinrent quelques heures; les autres reculèrent sous un feu meurtrier. Selon les prévisions de Faberl, l'ennemi avait profité des vues qu'on lui avait laissées sur la brèche; il s'était retranché dans un abri en charpente à deux étages, d'où il foudroyait la colonne d'assaut. Le comte de Guiche, précipité dans le fossé et enseveli sous des monceaux de morts, dut la vie à Fabert, qui lui-même ne fut sauvé que par miracle, après avoir reçu deux coups de mousquet dans son chapeau et trois dans ses chausses. Le duc de Weimar s'obstina néanmoins à vouloir forcer la brèche. Cette nouvelle tentative coûta la vie à quatre cents hommes et à plusieurs officiers de marque, tant français que suédois. On ne pouvait se rendre maître de la place qu'en attaquant séparément et successivement les trois quartiers clos de murailles et entourés de fossés dont elle se composait. C'est ce dont Fabert réussit à persuader le duc. Il obtint aussi, non sans peine, qu'on modifiât la position et le tir des batteries. Celte fois, tous les canons furent placés dans la citadelle, à l'endroit qu'il désigna, A partir de ce moment, les défenses de la brèche n'étaient plus tenables. Bientôt les assiégés se retirèrent du premier quartier, après l'avoir incendié en grande partie, derrière l'enceinte du second, qu'il fallut alors leur disputer pied à pied, rue par rue, maison par maison ^ Le dernier quartier et la moitié du
1. C'est probablement à cette période du siège que se rapportent