SON OPINION SUR LE COLONEL HEBRON
second étaient encore au pouvoir de l'ennemi, lorsque le gouverneur demanda à capituler (l^ juillet). Parmi les officiers qui avaient trouvé la mort à ce siège \ il en est un, le colonel Hebron, dont la perte provoqua d'unanimes regrets. Fabert lui a consacré dans ses Mémoires quelques lignes d'éloges. C'est lui qui nous apprend que, passé du service de Gustave- Adolphe à celui du roi de France, à une époque où les opérations militaires se résumaient chez nous à peu près exclusivement dans des sièges et des manœuvres sur la frontière autour des places fortes, le gentilhomme écossais fut un des premiers à faire entrer la tactique française dans la voie nouvelle de la guerre de campagne.
les détails curieux qui suivent, et que nous empruntons au Mémoire de M. de Termes sur une reconnaissance opérée par Fabert :
« La nuit, seul, il se trouva au pied de la muraille de la ville
sans avoir été aperçu, et il vit près de là une échelle ; il la prit et la leva contre la muraille. Étant en haut, il vit comme un grenier dont la muraille avait été ouverte à coups de canon. Quoique seul, il entra là-dedans. Il passa des rondes qui, par bonheur, ne l'aperçurent pas ; s'il l'eût été, il était résolu de tuer la ronde, et s'il y eût eu du bruit, de gagner son échelle. En regardant, il vit, au travers d'une ruelle, de la clarté de chandelle et des gens dans une chambre, entre lesquels il y en avait un auquel on portait respect ; il ne douta pas que ce ne fût le gouverneur, et il crut que de sa mort dépendait Tabréviation du siège. Il descend son échelle, va chercher un fusil; il remonte, rentre dans son grenier et tire à cet homme. La poudre
étaitmouillée le coup fut longtemps à prendre. L'alarme se donna.
Il fallut regagner Téchelle, ce qu'il fit sans se presser, regardant et observant toutes les choses dans les plus grands périls comme dans sa chambre. »
La relation du siège de Saverne que l'on trouve dans les Mémoires de Fabert, est une des plus com[ilètc3 et des plus intéressantes que nous connaissions.
1. Le vicomte de Turcime et le duc de Weimar y avaient été blessés.