LE DUC DE WEIMAR VEUT OCCUPER SAYERNE
Les Suédois, sans expérience de cette guerre de sièges, à laquelle les Français s'étaient formés, surtout pendant les guerres de religion, bien qu'au fond elle fût peu conforme à leur caractère, avaient passé un mois devant Saverne, alors que Galas, vers la fin de l'année précédente, s'en était emparé presque sans coup férir. Encore, si les conseils de Fabert n'avaient pas trouvé créance auprès du duc de Weimar, l'armée suédoise eût-elle été retenue beaucoup plus longtemps devant la place. La Valette s'était élevé, à plusieurs reprises, contre la lenteur apportée dans la conduite du siège*; maislui-mèrne y avait contribué, sans aucun doute, en laissant à son collègue, dans une trop large mesure,- l'initiative des moyens à employer pour arriver au but, et en l'assistant de ses avis avec une circonspection exagérée ". En revanche, le siège terminé, il mit quelque fermeté à s'opposer à la prise de possession de Saverne par les Weimariens. On ne saurait disconvenir, cependant, que le duc n'eût le droit d'occuper la place, en se fondant sur les traités qui le liaient à la France. Le dissentiment survenu ta cette occasion entre les deux o-énéraux ne troubla point les relations courtoises qu'ils avaient
1. Lettres (orig.) du mois de juillet, du cardinal de la Valette à Richelieu, Chavigiiy et de Noyers. {Arcli. a/f, étr., Lorraine, t. XXIX; Allemagne, t. XIV.) Quelques-unes de ces lettres sont de la main de Fabert.
;2. L'obligation où se trouvait le duc Bernard d'entretenir en per^ manence, au service de la France, un nombre d'hommes déterminé, sur les fonds que le roi lui avait accordes par traité, devait nécessairement le porter à être ménager du sang de ses soldats, et par suite le rendre moins entreprenant.