ENTRE AVEC RANTZAU A SAINT-JEAN-DE-LOSNE
postes de cavalerie, donna la cliasse à plusieurs régiments, et entra le 2 au matin à Auxonne, où il franchit la Saône '. Dans la journée, les assiégés, prévenus de l'arrivée prochaine de Rantzau, soutinrent héroïquement un assaut terrible. A la nuit tombante, quand le détachement n'eut plus qu'une faible dislance à parcourir pour atteindre la place, Fabert, travesti en paysan, se glissa audacieusement dans le camp des assiégeants. Il eut promptement reconnu qu'ils n'étaient point sur leurs gardes et accourut en prévenir Rantzau. On se remit en marche; mais le hennissement des chevaux ayant trahi l'approche des Français, les gardes avancées de l'ennemi donncrect l'alarme. Rantzau profita de la confusion et de l'épouvante qui se répandirent à ce moment parmi les assiégeants pour entrer dans Saint-Jean-de-Losne. Le lendemain, au point du jour, quatre cents hommes, dans une sortie conseillée par Fabert, ruinaient de fond en comble les travaux d'attaque de l'ennemi. Le jour suivant, les soldats de Charles IV, attaqués dans leurs lignes et vivement poursuivis, s'enfuyaient de toutes parts, et le comte de Rantzau rejoignait la Valette à Dijon. Saint-Jean-de-Losne était délivrée. On sait comment, à la suite de cet échec qui coïncidait avec la reprise de Corbiesur les Espagnols, l'armée de l'Empereur, épuisée par la disette, au milieu d'un pays inondé par les pluies d'automne, re-
1. Relation (par le prince de Condé) de ce qui s'est passé depuis l'entrée en Bourgogne et au siège de Saint-Jean-de-Losne. (Min. orig., Arch. a/f. étr., Allemagne, t. XIV.)