REPREND AUX CROATES LES BAGAGES DE LA VALETTE
sans escorte, et espéraient capturer. Grâce à cette dernière circonstance, Fabert put ramener à Spoix, sans être obligé d'en venir aux mains avec les coureurs ennemis, une partie des bagages tombés en leur pouvoir, et momentanément abandonnés par eux.
Après une feinte sur Dijon qui amena l'armée française à déloger de Spoix, les Impériaux s'approchèrent de Saint-Jean-de-Losne, dont le duc de Lorraine faisait le siège. Galas prit position sur les hauteurs de Tarl-lc-Haut et Tart-le-Bas, à environ 10 kilomètres au nord de la place. De leur côté, les Français s'établirent au sud de Dijon, vers Longvie. C'est de là que partit, le l'" novembre au soir, le comte de Rantzau, maréchal de camp ', sous les ordres de la Valette, à la tête de trois régiments, dont deux d'infanterie et un de cavalerie, destinés à renforcer la petite garnison de Saint-Jean-de-Losne. Ce corps de secours, où se trouvait Fabert, marcha toute la nuit, franchit plusieurs cours d'eau, força deux ou trois
1. Josias, comte de Rant/au, né en Danemark, gouverneur (1633) de Strasbourg pour le roi de Suède ; entré au service du roi de France en 1635. Il est à mettre, avec le colonel Hebron, au nombre de ces officiers étrangers qui, adroitement attirés en France par Richelieu, contribuèrent, sinon à former les Français à la grande guerre, du moins à débarrasser la tactique de nos armées de certaines mesquineries propres à en enrayer les progrès.
Dès cette époque, la Valette considère les services de Rantzau comme indispensables « dans les armées du roi, où Ton ne sait pas encore fort bien la guerre de camiiagne » (Instruction [du cardinal de la Valette) à M. de Sus s'en allant à la cour, le l" octobre 1636, orig., de la main de Fabert (BUil. nat., Ms., F. Fli-, 66471; en copie (Arch. D. G., t. XXXII).