Rive droite de la Sesia, en face de Palestro
128 CAl'ITULATlON DE VERCEIL.
remparts. Le conseil de guerre ayant été assemblé, M. de la Frézelière et l'intendant d'Argenson opinèrent pour que l'armée marchât sans retard droit aux lignes espagnoles. Ce ne fut pas l'avis de Fabert. Après avoir rappelé ce que le sergent, envoyé par le gouverneur quelques jours auparavant, avait dit de rassurant sur l'état de la place, il traita de téméraire une attaque que l'on ferait des retranchements ennemis sans avoir au préalable pris langue des assiégés. Quoique sa manière de voir eût été adoptée successivement par du Plessis- Praslin, le comte de Guiche, le duc de Gandale et le cardinal de la Valette, la décision déhnitive fut ajournée jusqu'à la réunion suivante du conseil, qui eut lieu le lendemain matin \ La discussion avait repris sur les opinions exprimées la veille, lorsque les rapports des prisonniers et des déserteurs vinrent onllrmer ceux d'une reconnaissance de cavalerie qui avait annoncé la reddition de la ville (^ juillet) comme un fait accompli. Aucun doute n'était plus possible sur le fatal dénouement. Déjà Verceil avait ouvert ses portes aux Espagnols. Le marquis d'Ogliano fut accusé par ses ennemis, non sans quelque apparence de raison, d'intelligences secrètes avec le marquis de Lleganez et les princes de Savoie.
Après la chute de Verceil, il s'établit une sorte de trêve tacite entre les deux armées retirées dans leurs quartiers de rafraîchissement. Le cardinal en pro-
1. Voir la relation manuscrite, citée plus haut, du siège de Verceil (Arch. aff. étr., Turin,t. XXVI).
MISSION A LA COUK. h20
fila })Our leuter de l'acheter, autant qiio possible, à l'égard de Fabcrt, la condesceudance qui lui avait fait sacrifier les intérêts de ce fidèle serviteur de sa pcrsoime et de sa famille à la craiute de mécontenter un ministre tout-puissant. Il demanda pour lui la commission de sergent de bataille. Richelieu accéda, sans (( aucune répugnance' », à la prière de la Valette; mais il commit l'injustice de suspendre pendant six mois l'effet de sa promesse. Ce fut seulement le 29 janvier 1639, c'est-à-dire environ trois ans et demi après avoir annoncé pour la première fois à Fabcrt sa nomination de sergent de bataille, que le roi mit son nom au bas du brevet qui lui était destiné '.
Pour être en mesure de reprendre prochainement les hostilités avec quelque avantage, il fallait de l'argent, des hommes et des chevaux, et la Valette manquait de tout. Il écrivait à Ghavigny qu'il n'avait plus de quoi payer un prêt aux soldats. De son côté, d'Hémery, témoin de l'état de détresse de l'armée, sollicitait de Richelieu une prompte assistance. Inquiet, la Valette jeta les yeux sur Fabert pour aller à la cour « dire la vérité des choses », exposer les besoins des troupes, réclamer des renforts et proposer au ministre de mettre le siège devant