‹ Le maréchal de Gassion, 1609-1647Chapitre 23 sur 93 · Mestre-de-camp du régiment à la mort de Gassion · texte numérisé non relu

Mestre-de-camp du régiment à la mort de Gassion

2. Balthazar (Johann) commença à porter les armes sous Gustave-Adolphe; après la mort de ce prince, il continua de servir en Allemagne sous le duc Bernard de Saxe- Weimar jusqu'à la bataille de Nordlingen. C'est alors qu'il vint en France, avec sa compagnie, joindre le colonel Gassion en Lorraine. Il fut fait lieutenant-colonel du régiment d'Alais puis de celui de Gassion, 28 novembre 1641. Conduisit deux compagnies dans le Roussiîlon sous les ordres du maréchal de Brézé. En i643, on tira du régiment d'Alais la compagnie de chevau-légers de Balthazar. Il en leva deux nouvelles et l'on forma de ces trois compagnies un nouveau régiment dont il fut nommé mestre-de-camp par commiss : on du i3 août. C'est la souche de Royal-Cravate (1667). Maréchal-decamp, 26 mai i64g; lieutenant général, aô mars i654. H cède son régiment de cavalerie au comte de Vivonne. le i er janvier 1657, le reprend le i5 février 1659 par la démiFs'on de ce dernier et le garde jusqu'au 10 avril 1661 où il fut licencié. Vers 1668, il se retire en Suisse dans la baronnie de Prangins, qu'il avait achetée. Le Demi-Diable, son cheval, était connu de toute l'armée. On a de lui V Histoire des guerres de Guyenne.

Le roi entre par la brèche et donne le bâton de maréchal à M. de La Meilleraye.

Le 4 août, au combat de Saint-Nicolas, où se trouvaient les deux maréchaux de La Meilleraye et Fuentes, Gassion, qui était de jour comme maréchal-de-camp, mit les troupes en bataille en face de l'ennemi et, marchant à leur tête, passa plus de dix fossés, ayant souvent de l'eau jusqu'au col, affronta le feu des bataillons, entra, l'épée à la main, dans les rangs des Espagnols, les rompit et mit en déroute, prit trois pièces de canon, fit beaucoup de prisonniers. De là, il donna dans leurs retranchements, où il éprouva une vigoureuse résistance de la part des troupes, qui avaient à leur tête des officiers armés de cuirasses à l'épreuve de la balle. L'ennemi laissa quinze cents morts sur le champ de bataille et se retira en désordre (').

Richelieu félicite le maréchal de La Meilleraye de son succès et le prie de témoigner à MM. cle Gassion et de La Ferté l'estime qu'il fait de Jeur conduite et du cœur qu'ils ont montré en cette occasion.

L'accord ne régnait pas entre le maréchal ( 2 ) et son lieutenant. Ce dernier se plaint de l'attitude de son chef à son égard dans la lettre suivante adressée à Richelieu (*) :

Du ii septembre 1639. Camp d'Amiens.

Monseigneur,

Je suis affligé au dernier point d'estre contraint de mettre la plume à la main pour un sujest quy m'est aussy sensible, qu'il sera sans doute desplaisant à Vostre Éminence, puisque je suis forcé de me plaindre de celluy lequel, à part l'honneur qu'il a de vous appartenir et pour les grands services qu'il rend tous les jours au Roy et à l'Ëstat, je respectais après vous comme mon maistre et regardais comme le seul appuy de mon bien et de mon honneur. C'est de M. le mareschal de La Meilleraye, les bonnes grâces duquel je n'ay pu gagner par toutes les voyes de respect, de soubmission et d'obeyssance, l'ayant fait conjurer par tout ce qu'il y a de personnes de condition dans cette armée.

3. « Il était d'une humeur intraitable », M. le duc cTAumalf, Histoire des Princes de Condé, t. V, p. 69.

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