THION VILLE — GAS8ION MARÉCHAL DE FRANCE I
Cette blessure, considérée comme très dangereuse, avait causé une grande émotion dans l'armée; on était très inquiet de ses suites à la cour. Le cardinal semblait être mal renseigné sur l'état de Gassion, état que le duc d'Enghien considérait comme désespéré, s'il faut s'en rapporter à ce passage d'une lettre écrite au prince de Condé, le a5 août : « Je viens d'apprendre avec un regret extrême que la blessure de M. de Gassion va fort mal et mesme qu'il court risque de mourir; je vous supplie en ce cas dé vouloir faire avoir sa charge^) à M. d'Aumont( a ). C'est une personne qui le mérite et qui, de plus, est mon amy au dernier point ; si vous le servez en ce rencontre, je vous en seray très sensiblement obligé... »(*).
Le même jour, M. le comte de Saint-Aubin écrivait de Metz à M. le comte de Brienne (♦) :
Je viens de visiter M. de Gassion, arrivé vendredy du camp dans ceste ville pour s'y faire traiter avec plus de facilité et douceur ; mais, depuis samedy et dimanche, sa blessure lui a causé d'extrêmes douleurs accompagnées de fièvre. Nous avons eu des inquiétudes, nous en avons esté tout k fait alarmez par la crainte du péril où il s'est trouvé. Toutefois, depuis hyer matin, il s'est beaucoup mieux trouvé et la fièvre l'a quitté grâce k Dieu, sans qu'il soit hors de danger, attendu que divers accidens peuvent survenir avant les quarante jours expirez et que les suites en semblables blessures restent toujours dangereuses et le plus souvent mortelles. Je prie Dieu pour conserver ce bon et généreux personnage pour le bien de la France (s).
Comme récompense de son mérite et de sa valeur, Gassion est fait maréchal de France par état donné, à Paris, le 17 novembre. Il prête serment le même jour.
Par une grâce toute particulière, la reine-mère voulut le combler d'honneur dans cette cérémonie. Comme on l'avertissait qu'il avait à quitter son épée : « Laissez-lui, dit-elle, il s'en sert trop glorieusement pour la lui faire quitter ( 6 ). »
1. De lieutenant général de la couronne, a. Tué au siège de Landau en i644-