‹ Le maréchal de Gassion, 1609-1647Chapitre 55 sur 93 · CHAPITRE X DEUXIÈME CAMPAGNE DE FLANDRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE X DEUXIÈME CAMPAGNE DE FLANDRE

Gassion visite les frontières de la Picardie. Siège de Grayelines. Il commande sous Monsieur, duc d'Orléans. Son assiduité aux travaux du siège. Correspondance avec Mazarin sur la marche des opérations. Inquiétude à l'armée et à la Cour. Gassion est blessé à la tranchée. Reddition de la place. Altercation entre le maréchal de La Meilleraye et lui. Principes de l'attaque préconisés par le maréchal. Mort de son secrétaire. Le commandement de l'armée donné à MM. d'EIbeuf et de Gassion. Lettres du roi à ce sujet. Marches du maréchal sur la frontière. Soins qu'il prend de ses hommes. Prise du fort d'Arqués près de Saint-Omer. Qualités du maréchal. Établissement de ses quartiers d'hiver. Méthode pour se garder. Le maréchal se défait de la lieutenance générale de Touraine.

1644. Cette campagne a été marquée par le siège de Gravelines, entreprise qui avait été trouvée si difficile sous le règne précédent, que Richelieu n'avait osé s'y hasarder.

Au commencement de Tannée, le roi avait montré quelque inquiétude au sujet des projets de l'ennemi sur la Picardie. II s'en était ouvert au maréchal de Gassion, auquel il avait donné des instructions contenues dans la lettre suivante ( x ) :

Mon cousin, ayant esté adverty que les ennemis ont dessein de faire quelque assemblée de cavalerie sur ma frontière de Picardie, et qu'ils font une diligence extraordinaire pour mettre leurs troupes sur pied et en estât de marcher, j'ay estimé à propos, par ordre de la Reyne régente, madame ma mère, que vous fissiez un voyage en Picardie et en Champagne pour veiller k la seureté de ma frontière et à l'advancement des recreues de mes troupes et y donner les ordres que vous verrez estre à propos. Et je vous faits cette lettre pour vous dire. que mon intention est que vous vous y acheminiez en diligence et qu'aussitost que vous y seres arrivé, vous preniez soin de bien m'informer de ce que feront les ennemis, que si vous aprenes qu'ils formassent quelque corp considérable, vous tiries des garnisons, où les troupes de mes armées sont en garnison, celles que vous scaures estre le plus en estât

i. Dépôt général de la Guerre. Ministère de M. Le Tellier. iô44» 3 y., A. H. p. go.

l3o JEAN DE GASSION

de servir. Et, en cas que vous jugîes que cela soit absolument nécessaire pour vous opposer à leurs entreprises, que si pour asseurer les places, vous voycs qu'il en faille fortiffier les garnisons et que pour le bien des troupes il les faille changer de quelque place de la frontière, vins le faires; que vous tenies la main à ce que toutes mes troupes estant en Picardie et Champagne se mettent en estât au plus tôt de servir, obligeant la cavallerie à exécuter le traitté qu'elle a fait par votre entremise ('), et que l'infanterie fasse aussy mesmement des recreues ; que vous aycs l'œil à ce que l'argent des monstres que je leur £y ordonné leur soit payé sans aucun delay, conformément aux estats et aux traittés qu'ils ont faits; et que vous me donnies advys de ce que vous verres estre nécessaire pour le bien de mon service et aeureté des places desdites provinces, et pour faire que mes troupes tant de cheval que de pied se rendent complètes, vous assurant que les soins que vous en prendres me seront en particulière considération. Et la présente n'estant pour autre fin, je prie Dieu qu'il vous ayt, mon cousin, en sa sainte et digne garde.

Escrit à Paris le 20 février i644- Signé : Louis ; et, plus bas : Le Teluxr.

A la suite de cette inspection et, par pouvoir du 22 avril, le maréchal de Gassion commande l'armée qui doit se réunir à celle de Flandre et de Champagne, placée sous les ordres de Monsieur ( a ), dont les lieutenants généraux sont de La Meilleraye et Rantzau. Il prend les forts de Bayette, de La Capelle et de Folguen, arrive devant Gravelines que le duc d'Orléans se décide à attaquer.

Ce siège traîna en longueur à cause de la difficulté que Ton rencontrait à établir les lignes de circonvallation. Les quartiers étaient incommodés par l'eau qui y entrait par les écluses. Il y avait un nommé René Jehan qui prenait soin de les arrêter. Mais, quand il les tirait du quartier du grand maître, elles allaient dans celui du maréchal de Gassion ( 3 ).

De plus, « un vent d'Arras » soufflait sur tout l'étafc-major( 4 ).

1 . Gassion é'.ail mestre-de-camp général de la cavalerie française et étrangère. Il est probablement fait allusion aux capitaines étrangers, à leurs capitulations. a. Gaston d'Orléans, oncle du roi.

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