‹ Le Maréchal de GuébriantChapitre 114 sur 159 · I.A flATASTIJOPIIE DE TlTTIJNfiRN · texte numérisé non relu

I.A flATASTIJOPIIE DE TlTTIJNfiRN

comiiianclcJiK'iil de M. de (l;iii\ille, leur cai^ilaiiic, paisept gentilshoimues, des iiiédcciiis, officiers, secrétaires, pages <'t la<juais, suivis des é(|iji|)ages. \'iriil ensuite l(^ fameux chexal de bataille, dcr lidhe, (|iii finira ses jours dans les éeui'ies i(»yales, conroiriM-Miciil au vu'U du uiareclial d('dunl.

Deux eeiits eaxaliers d'eseorle, xciius de iJiisaeli, s'arrèteut à Hil)eau|)ieii-e. Le Miai(|uis de la J'erlé-Seriueteri*e, gouveineii r de Loiiaiiie, reçoit le corps à la frontière du duclié, v\ fouiiiil une Jiouxelle garde '. A \ancy, le clergé se poi-le en avant, les houpi-s s(uit eu armes ; l'artillerie tonne : on célèbre un service solennel. Toul et cluu'une des villes que Ton traverse rendent de grands honneurs.

Le 24 décembre, le convoi saiit'-le <'nl'in clie/ les pères La/.aristes, hors la |)orle Sainl-Denis. \ inceni de l*aul, (pii en est le supérieur général, accepte de garder je cerciiidl en dépôt, et le lait mettre dans une chapelle ardente, su|)erbenienl tendue de \(donrs noii', crois('' de lames d'argent et surhaussé de grands écussons aux aiiues de la famille Hudes, où il resteia jus- (pi'au jour des funérailles.

Ainsi rcMitrail dans sa patrie Jean-Baptiste Hudes, comte de (inébriaul. (^)u(d(pies années auparavant, il en était soi'ti c-ouime maréchal de camp : on l'y ramenait nu)rt et maréchal de h'rance -. J^es bra\es (|u'il ainuut mener au cond)al el doni il était l'àme, nos alliés pleins (reslime j)our un homme d Un tel caractère et d une si parfaite droiture^ les ennemis, dont il se faisait i-edouler, étaient les s<'uls à l'avoir ap|)rophé dans sa nouNcUe diiiiiile.

Au printemps 164'i, la régente donna Tordre au maître

1. lli'iiii de Saint-Nectaire (Sénectiie ou Sennetene , marquis de la 1-erlé ; lieutenant ijénôial en 164(; : niarérli.il de Fiance (>n Hut\. ; duc et pair en Itld.". ; mouiut en 1(!81 couvert de Idessures. <- 11 était gros •M en plaisantait v(donliers », dit le duc d'Auinale.

2. 11 vécut, de l(i;57 à sa mort, sans avoir revu la France ni sa lamille, sauf madame de Ciuébrianl, qui, deux fois, se rendit aui)rès de lui — en lti39 et en 1648.

descérémonies de France, le sieur de Sainctot, de préparer des funérailles aussi pompeuses que possible. On songea toul dabord aune inhumation dans la basilique de Sainl-Denis, oii rej)osaienl de nomjjreux rois ; puis on ehoisit Notre-Dame de Paiis, oii se trouvaient également les restes de très hauts personnages : La reine Isabelle de llainaiil, femme de Philij)pe-AugListe ; le ca'iir (le Louise de Savoie, régente de France, mère de François F'; (|U(dques enfants d<i France ; (ieoffroy, duc de Bretagne, comte d'Anjou, fils de Henri H, roi d'Angleterre. Sainctot alla donc avertir le chapitre de Notre-Dame que le lioi voulait faire enterrer le maréchal dans la cathédrale. Les chanoines montrèrent fort peu d'empressement à exécuter cet ordre et dirent qu'ils enverraient une députation à la Reine pour lui représenter que jusqu'alors on n'avait jamais inhumé personne dans l'église métropolitaine, que le fait serait sans exemple, et qu'ils en appréhendaient les conséquences. Sainctot répondit cju'il ne craignait aucune conséquence fâcheuse ; on accorde cette faveur posthume à des chanoines ; on l'a fait pour le cardinal du Bec, appartenant à la famille de Mme de (iuébriant ; on Fa fait également pour certains membres des familles des Ursins et de (^ondi, parce qu'ils étaient parents d'évêques. En se retirant, le maître des cérémonies conseilla au chapitre de ne pas mécontenter la régente en allant contre sa volonté expresse. Les chanoines cependant se rendirent chez la Reine pour lui faire des remontrances ; mais la souveraine ne leur cacha pas qu'elle trouvait fort étrange un pareil retard dans l'exécution de ses ordres.

Le Roi, pour la seconde fois, écrivit au clergé récalcitrant :

« De par le Roy,

« Chers et bien amez, encore que notre lettré du XVlll de ce mois soit très expresse pour vous faire scavoir la résolution que nous avons prise de faire inhumer dans votre Église le corps de feu notre cousin le mareschal de Guébrian, avec l'appareil et la pompe d'un service le plus magnifique qui se soit jamais fait.

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et que lu lîeyne llégente, notre très honorée Dame et rnère, vous l'aye confirmé de sa propre bouche, nous avons l)ien voulu vous ilire encores par cette seconde lettre cjue désirant (juc cette action s'accomplisse avec toute sorte d'honneur, nous voulons (|ue nous ayez à y assister en personne, soit à la réception du corj)s, soit a la C(''l(''l)ration <l(i ser\ ice ; voulani (|u'en toutes choses il ne soil rien ohmis doiil la nienioiie d une personne si di<^iie de noli'e estime et de notre ad'eclion puisse elle honorée; et d'autant (|ue nous avons donné charge au sieur Saintot, maître de nos cérémonies, de vous ad- \erlir non seulement du jour aucjuel cette cérémonie se dehvra faire, mais encore plus paiticulièrement de ce <pii [)eut être re(piis pour l'exécution de notre volont(' en ce subject, nous ne vous ferons la présente plus longue ; Sy n'y faites fautes : lar tel est notre ()laisir. »

Donné à Paris, le 25'" jour de mai 1644 '. »

N'osant aller plus avant dans un conflit avec l'autorité royale, les chanoines se réunirent le 3 juin et déc^idèrent(|ue, vu l'ordre du i^oi, ils recevraient le corps du maréchal de Guébriant, et le feraient inhumer dans la chapelle Sain te- Eus tache.

« Pro inhuniatione aiitem.ditle procès-verbal de leur délibération, concessa est capella S. Eustachi, (iiue prima est ad dexirani intrando in Ecclesiam per portam Rnbeam, a purle sinistra, alariim rhori Erclesiie, et id pro dicta inhumatione tantum, non auteni pro familia et successoribus dicti defancti Domini de Guebryant -. »

Les obsècpu^s devant avoir lieu le 1) juin, le martpiis du lîec se lit remettre, le 7, à 3 heures de r.aj)rès-midi, le cauir du maréchal par N'incent de Paul, au(|uel il avait été confié le 24 décemlîre précédent. Puis, dans un carrosse à (5 chevaux et accompagné par 4 ecclésiastiques, il alla le déposer à l'hôpital des Incurables, s(doii les insi iiictions de la comtesse de ( luébriant "^

1. " A nos flicis et Ijion ainrs les Doven, Chanoine* et Chapitre de rKi,'lise cathédrale de Paris... AtTr. Etr., France V. 84!t-2ii9.

2. Air. Ktr., France. V. 849-2ti9 V" Délihéralion du 3 juin UAi. H. Arch. Nat., carton K 117 n» 102.

'< Nous marquis du Beq, certifions que ce jourd'hui septième juin

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Le même jour, vers les *J lieuies du soir, Saiiictot reçut du père Viueeutde Paul le corps du maréchal '. On mit le cercueil, recouvert d'uu poêle de velours noir croisé de toile (Tarii-cut et charo^é de 6 écussous aux arnu^s du défunt, sur un char attelé de 6 chevaux « houssez et caparaçonnez de velours noir croisé de satin blanc avec des écussous en broderie or et argent )). Le cortège se forma : En avant, les archers de la connétablie à cheval avec leurs hoquetons, les officiers en tête. Autour du char, tous les prêtres de la Mission avec des cierges, et 50 domestiques en grand deuil tenant des flambeaux. Derrière le cercueil et à cheval, Sainctot ; 2 aumôniers, puis, 50 gentilshommes; trente carrosses remplis de parents ou amis du maréchal. Dans cet ordre, on alla jusqu'à Notre-Dame. Sur le parvis, les cavaliers formèrent la haie. Là, attendaient le coadjuteur de l'archevêque et le clergé. Le corps fut remis par ^l. de Sainctot aux chanoines, suivant les ordres du lloi, puis transporté par les huissiers de la cathédrale dans une chapelle ardente dressée dans le chœur et « de forme accoustumée aux funérailles des souverains, garnie de neuf clochers ou pyramides chargées de plus de douze cens luminaires », dira la Gazette ~.

Après le chant du de prof midis, la dépouille mortelle du vainqueur deKempen reposa momentanément dans le calme, sous la garde de prêtres se relevant de deux en deux heures.

Le 8 juin, à 8 heures du malin, M. de Sainctot, maître

M. \iMcent, Supérieur Général de la ('.ongrégntioii des Prêtres de la Mission, nous a rendu le cœur de feu M. le maréchal de Guébriant, lequel nous lui avions baillé en dépôt avec le corps le vingt quatrième décembre dernier passé. En foi de quoi, nous lui avons signé le présent certificat à Saint-Lazare-lè-.-Paris, le dit joui- septième juin 1C)44. Claude du Wav. »

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