Son frère est évéque de Wurtzbourg
4. Bibl. Nat.,CIairambault. V. 390-219. Sainl-Aubin à l'.rienne ; Metz, 22 décembre 1643. Bibl. Nat. , Clairambault. Y. 390-2.59. Le l'Isle à à Brienne ; Metz, 25 décembre 1643.
Dès sa prise de commandement, Turenne eut l'ennuyeuse et déli-
?Se coiiiiaissaiil |)as encore les évéïwmenls (jui s'élaieiil déroules dans la l'orèt-Noire, le lloi <'eii\ail au niaréehal de (lu(d)iianl, le 26 novembre: <■ Mcui cousin, Ijien que j eslinie xolre pi'ésence loujours a\anla^'euse à mon service en mou aiiuc-e d'Allemagne, néanmoins, étant bien aise de xous voir el de vous donner moyen de inellre ordre à nos affaires |)articulières a[)rès l'assiduile (|uc NOUS avez lendue (U^puis |)lusieiirs années dans ma dite ai-mée, j'ai bien voulu vous faii-e cette lettré |)(Uir NOUS diie, j)ar l'avis de la Heine re<^ente, Madame ma méi-e, ([ue je trouve bon (|ue nous fassiez un vovage, par ilec^à, |)Ourvu nc'anmoius cjue vous ne parliez point de l'armée (piaprés l'avoir établie de sorte en ses (|uarliers d'hiver (|u"elle y soil dans une euliere sùi'ele (Ml allendaul Noirc retour, el après (pic nous aurez si bieu pourvu a loiiles 1rs choses (pii regardent le rétablissement des troupes, le maintien dic(dles et le bien el avantage de mes affaires |)ar delà, que votre
cate mission d'étiidiei'. el dnidaiiii- si |i()>sil)lc, le liilléi-cnd «lui durait depuis «si lonijtetnp< tléjà cntie les l).uniis d'Iùlarli ol dOysonville. ^Nouseii avon-; parlé. ) Les rapports, de plus eu plus tendus, é-taienldeveiuis odieux. D'Hriach, «onstient de sa peis(»nnalit('; et du prestige que lui donnait >a cliari;»- de i^ou\t'rricur. ne voyait en d'Oysonville qu'un a^ent placé auprès de lui pourle surveiller. Oysonville, doué de grandes ([ualités, était dun caractère extrêmement indépendant, et n'avait pas la souplesse qu'il aurait fallu pour vivie d'accord avec d'KrIach, liommc très droit, mais d'un caractère entier. Il existe, à ce sujet, toute une correspondance erdre la Cour et d'Oysonville, d'Eilach. Tracy, Turenne. ^Bibl. Nat. fl'r. V. 4Ii»9. Le Lahouieui-. Mémoires hisl. concernant le général cl'Erlarh.eA aliàsA D'Erlach n'eut pas gain de cause avant l(i4r). Celte aiuiée-là, on envoya de la Cour deux inspecteurs à Urisach poin- étudier l'état des choses et 1 origine des séditions ((ui avaient éclalé dans la place. D'Oysonville fut disgracié, les rap- Itorts lui ayant été défavorables. On lui enleva la lieulenance de Drisach et son régiment. Il voulut i-ejeter les fautes sur d'Lrlach. mais on ne l'écouta pas. .\près son départ, le crédit du baron d'Erlacli augmenta, et la Ueme lui donna de grandes marques d'eslime. D'Erlach espérait ne ])lus avoir de liontenant de roi à fSrisaih, mais M. de Charlevoye iem|daca d'Oysonville: il essaya de faire des objections : on lui répondit qu'il était imitile de se ])laindre d'une chose l'ésolue. .Vlors il écrivit à Le Tellier (pie ■ sa conduite étant irréprochable, il n'était point fâché qu'on lui donnât une personne (|ui put veiller à ses actions. (|ui seraient toujours si nettes et pures qu'elles auraient |)lus de sujet de rendre des témoignages de son zèle el de sa lidélilé, que d'en donner des ombrages etde la défiance à la Cour.» [Méni. hist. concernant le général d'ilrlach. Yverdon 17S4).
absence n'y puisse aucunement préjudicier K.. » Lui donner moyen de mettre ordre à ses affaires particulières, n'était qu'un |)rëtexte. La régente, dit Le Laboureur, venait de le choisir [)our j)rési(ler à l'éducation du jeune Roi.
Depuis longtemps déjà toute décision à ce sujet restait en suspens, (ruél)riant, enfin |)réteré au maréchal de Bassompierre, son concurrent, allait devenir gouverneur de l'héritier du trône, lorsque mourut Louis XIII. La nomination fut ajournée, puis le choix se porta sur M. de Villeroi. Plus tard de nouveau l'on songea au maréchal de Guébriant, et, à ce propos, le père Robin, jésuite, lui rappelait, le 20 septembre 1643, que le feu Roi ne connaissait pas d'homme, dans son royaume, plus capaljle que lui de gouverner son fils, « nostre petit roy d'apresent, qui promet des merveilles... (^uel contentement serait-ce, Monseigneur, et quelle satisfaction à toute notre compagnie de vous voir à cette charge 2... ».
Le 30 novembre, jour où la lettre de Louis XIV allait être expétiiée vers l'armée d'Allemagne, on apprenait à la Cour et la prise de Rottweil par les Français et la blessure du maréchal. En annonçant à Mme de Guébriant le nouveau succès de son mari, on avait soin de lui cacher son état, afin de la laisser, un instant du moins, toute à la joie, toute à l'espoir que cet heureux événement a|)lanirait les obstacles et faciliterait un prompt retour. 11 fallut cependant, les premiers moments j)assés, lui dire toute la vérité. Chavigny et le marquis de LiancOurt, amis particuliers du ménage, s'en chargèrent. Aussitôt la maréchale fit appeler, pour les envoyer à Rottweil, des chirurgiens réputés, auxquels le Roi donna l'ordre de se mettre immédiatement en route. C'étaient d'Alencé et Bertreau, chirurgien-major du régiment de Piémont, qui, dès le P''^ décembre, coururent en poste, accompagnés de M. de Rotrou, secré-
1. Bibl. Xat., ôOO Colbert. V. 100-12(i: Anli. hist. giifire. V. 7fi-253. Le Roi à Guébriant; Paris, 2t; novembre 1043. Cité par Le Laboureur.
2. Bibl. Nat. .îUOColbert. V. 116-29.3, et, Arch. Rolrou. J.-Bapt. Robin à Guébriant ; Paris, 20 septembre 1648.
laiit' (lu iiiaiM'clial cl coiiniiissaire dos guerres. Ils elaicut munis ddidres l'Ovaux prescrivaul aux gouvcineui-s d'avoii- à leur l'our-uii* des escortes el des relais '. Cesoi'dres elaient adressc's au niar([uis de la l'erl»'-Seiiiietci-i-e. luarcclial de cauii), gouvei-iieur cl lieuleiiant général en Lorraine cl liarn)is;à M. du llannd, à Saint- Di/ier: à M. de Lambert, man'clial de eamp, g<ju\erneur de .Met/.; à tous eeu\ en un mot sur le territoire des(|U(ds on aurait à pîîsser. Les voyageurs arrivèrent mallieureusement t ro|) tartl. A Hrisaeli, ils ti-ouvèrent la dcpouillr morltdle (!u luaréclial.
Mme tie (iuél)riant devait les suivre (l(^ près : mais, le 'i décembre, aiiivait à Saint-(iermain la fatale nou- \ellede son veuvage. La régente erui o|)pttilun de lui l'aire part immédiatement de ce inalbeur, et voulut même aller la visiter. Les princes et la Cour entière se reiulii-ent également chez la maréchale, qui s'enferma durant quelques jouis au couvent des Filles de Sainte- Marie, sis à Paris même, afin d'éviter cette bruyante affluence, dont la com|)assion déuionstrative et banale tianchait sur le i-ecueillement et la solitude ((n'impose la vraie douleur.
Chassé de .Muhlheim, comme nous Lavons vu, poursuivi, le général de llosen était arrivé à Uott\veil après la mort du maréchal et avait aussitôt résolu de l'emmener à lirisach. En toute hâte, le marcjuis du Bec fit alors enterrer les entrailles de son beau-frère dans l'église des Jacobins de Rottweil, et préparer un carrosse; le conxoi se mit en route, spécialement escorté pai- le régiment d'infanterie de Cuébriant, commandé |)ar le sieur d'Anisy, et accompagné des officiers et domestiques tlu défunt. De Rottweil à Hrisach, la travei-sée des miintagnes ne fut pas aisée; le carrosse se rompit : on le brûla poui- ne |)as laisser aux ennemis un char ayant porté d'aussi |)recieux restt^s. A dos de mub't, le cercueil atteignit enlin Brisach. Par ordre du baron
o d lOrlach, tous les canons saluèrent lentiée tlu convoi;
1. Arch. Hotrou. 7 pièces distinctes (ordres et passeports) datées du 1" décembre 1643.
la gai-iiison entière forma la haie, commandée par le gouverneui- en personne. Il est intéressant de constater qu'alors, durant plusieiii's jours, la célèbre foi'leresse eut rhonnenr de garder simullanénient en dépôt les eor])s des deux vaillants gueiriers qui l'avaient ensemhle eon([uise à la France, et qu'elle avait jadis triomphalement reçus : le duc Bernard de Saxe-Weimar y dormait toujours dans une chapelle ardente, et son frère d'armes faisait une pi-emière éta|)e aux Ga])ucins du vieux Mon s Brisiaciis.
Le corps fut embaumé, puis mis dans une bièi-e d'étain, le bras coupé trouvant place sous la tète Le Cd'ui-, soigneusement enlevé, sera donné aux Incurables de Paris, selon les intentions de la maréchale.
Tout est })rèt ; la garnison enlièie se range en bataille. Le cercueil est posé sur un chariot tlrapéde noir, attelé de 6 chevaux. Au bruit du cam)n, il descend la pente roide de la forteresse, et passe la Ivapfthor, la Bruckenthor, au fort Saint-Jacques, à la Tête de Pont. Que de souvenirs n'évcxpient pas de tels noms ! Cinq années aupaiavant, dans ces ludes combats livrés ])our conquérir pied à pied les défenses extérieures de hi place, ces mêmes lieux n'ont-ils pas été les témoins des prouesses de (inébriant et de W'eimar !
Au j)ied du rocher de Brisach, on a franchi le lUiin ; sur la rive opj)osée, l'on est en Alsace. Ici s'arrête la garnison qui, sous la conduite du général d'Erlach, a voulu jusque dans la plaine former- une garde d'honneur. Elle exécute une salve, la dernière, la salve des adieux suprêmes, à laquelle répond toute l'artillerie de la forteresse. Le cojivoi s'éloigne et dispaïait. Le marquis du Bec-Crespin, frère de la maréchale, l'aide de cam|) Charlevoye et M. de Botiou diligent la nuirche sur Pai-is '. L'escoi'te est for-mée par 'M) (ïardes, sous le
1. I^iiiliiiil de Chailevoye : » Cesl, ôcrit I^oquc-Seivière, un homme exlièmement nécessaire dans cette aimée et qui a parfaitement bien servi auprès de la persomie de feu M. le maréchal. Il a reçu, pour témoit^nnije de cela quatre mousquetades en Allemagne, dont la dernière à Hotlwcil. "
Chantilly. An^h. Condé. O VII-215. Roque-Servière à Filhon ; Brisach, 4 décembre UJ43.