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28 LE MARIXHAL DE GUEHRIANT
gons s'élancent à la charge, avec d'épouvantables hurlements, contre la cavalerie française et ^veimarieîlne, commandée par Hepburn, Taupadell et le généralmajor comte de l>ill!)erg •. Guébriant, qui protège la retraite avec 'iOO mousquetaires, tirés des Gardes et autres corps, soutient bravement le choc impétueux de ces redoutables adversaires, répond à coups de sabre et d'escopette, donne tète basse dans la mêlée, fait merveille, parvient à rompre les rangs des Impériaux, étales mettre en fuite. « 11 échaufï'a nos gens et refroidit Tardeur des ennemis », écrit Tauteui" de ses mémoires-.
Le Roi n'employait, en 1636, qu'une modeste armée à la défense des frontières de Picardie; les places semblaient assez bien pourvues, et l'on espérait avoir le temps d y jeter encore, au moment nécessaire, un supplément de troupes. Les garnisons, déjà fortes, opéraient chaque jour des reconnaissances lointaines ; Français et Espagnols s'entrechoquaient fréquemment. Au mois de janvier, les ennemisbrùlaient deux villages aux environs de Péronne, et le duc de Chaulnes, en guise de représailles, incendiait les faubourgs de Bapaume. Le sieur de Rambures réduisait en cendres Auchy-le-Chàteau, et y passait une compagnie de cent chevau-légers es[)agnols au fil de l'épée ; puis il chassait (juatre compagnies du bourg d'Aubigny, près d'Arras, s'emparait d'Avesnes, et taillait en pièces la garnison de Saint-Pol.
De part et d'autre on agissait en barbares, brûlant. tuant, ravageant. C'était une effroyable guerre de partisans, et les événements paraissaient devoir prendre, d'un instant à lautre, une tournure très grave.
Le Roi supplie les Hollandais de lui renvoyer au plus
1. Le colonel écossais Hepburn, connu en France sous le nom de Héliron, inarécha! de camp, comm;mdant iarrière-garde, avait mis à l'extrême pointe d'arrière le comte de Guébiiant, avec des mousquetaires. Guébriant marchait immédiatement après la cavalerie française et weimarienne, commandée par M. de Mouy, faisant fonction, par connnission, de mestre de camp de la cavalerie française en l'absence du marquis de Sourdis.
2. Mémoires pour servira l'hisloire du maréchal de Guébriant, cha{). 1. livres 9-10-11.