‹ Le Maréchal de GuébriantChapitre 13 sur 159 · I .\ DKI-LNSli l)i: CUISE · texte numérisé non relu

I .\ DKI-LNSli l)i: CUISE

\ Ile les troupes qu'il leur a picUécs; mais ceux-ci ohjiM Icut en avoii-encore besoiu juscju'à la reprise du fort (II' Sclu'iik. Ia' Hoi insiste; ils se conlenlenl de s'excuser. S( lieiik étant tond)»' en leur pouvoir li' iiO a\ ril, ils n pondent eniin. mais à conlre-cceur el lenlemenl,a ce pn-ssant appel. Le M mai, les Iroupes françaises —

5.000 hommes de pied et 2.()0()chevaux — s'embarquent ;i1mis à HottiM-dam ; mais, avant d'abonder en l'rance, elles éprouvent dénornu^s dillicultés, piovenant tlune s\ -^tématique mauvaise volonté, cpielles renconlrenl pirlout sur leur route. J']n compensation de leur reliait, les l^lats (i(Mieiaux lecoivenl de Louis X 1 1 1

1.1 somme de 1.500. 000 lixres pour lent retien de 1 II. 000 hommes tie pied et de 2.000 che\ aux, movennant hi promesse formelle tl'entrer en cainpa<>ne contre les lN|)agnols avant deux mois, et n'en font rien. C.ontents (1 ivoir rei)ris Schenk, uni(iuement soucieux de leurs intérêts immédiats, ils mettent leurs trou|)es en garni'^(>n pour l'été, laissant Français et Maison d'Autriche se débrouiller entre eux. Aussi, bien tranquille du (lié des Provinces Unies, le cardinal Infant, gouveriieui' des Pays-I^as, joint ses foices à celles des |)rinces de Lorraine, le duc Charles et François, évéque de \ eidun, son frère'. Il ordonne à Piccolomini et à Jean il' Werlh de levei* le siège de Liège, (|ui tiaine en longueur, de concentrer leui-b troupes et de s'unira lui.

Ainsi se forme une puissante armée — 20.000 chevaux et 10.000 hommes de pied — qui passe la fiontière sous le commandement du prince Thomas de Savoie-(ïariii:uan, de .lean de \\erlh el de Piccolomini. Le 3 juillet, La (ïapelle est investi; le suilendemain le cardinal Infant lance un juanifeste dans lequcd il prc'*tend agir de la sorte pour forcei' le Iloi à faire une bonne

1. Ferdinaïul d'Aiitriclie, frère de l'Iiilippe IV. loi d'Kf;pai:ne. dit le cardinal Infant; arclievé(iiie de Tnlè<ie. Moit le It noveiulne 1(>41, à 32 ans, après avoir fait preuve de hauts talents militaires.

Le duc d'Auinale Jlist. dea princes de Condé. l. III i dira de lui : « Ce prince ne inaniiuait ni de mérite ni de fermeté... 11 appartenait à la glande école de slratéi^ie espajjnole; mais lymphatique et déjà alourdi, il ne voulail fraisier tjue des coups sûrs cl perdait souvent l'occasion... «

3<) LE MARECHAL J)E GUEBHIANT

et durable paix. C'était aussi pour (ju\iue vigDureuse diversion en Picardie fît lever le siège de Dôle en Frauclie-Conité. Le manifeste de l'Infant est favorablement accueilli par les Picards, mécontents de nouveaux impôts, dont ils sont accablés. De Noyers écrit au maréchal de Chaulnes, leur gouverneur, que le peuple d'Amiens, exaspéré de l'imposition du sou pour livre et de l'affaiblissement des trouj)es de la citadelle « sème des bruits séditieux et cjue les plus mutins osent crier qu'il ne leur importe quel maître ils servent puisqu'ils sont réduits à la dernière misère' «. Le maréchal de Chaulnes avait provoqué ce mécontentement des Amiénois, en retirant de la citadelle la plus grande partie des armes, des munitions et de la o-arnison, afin de mettre son château de (Chaulnes hors des insultes des Espagnols. « En vérité. Monsieur, lui écrit encore de Noyers quelques jours après, il y faudrait pourvoir autrement. Cela vous regarde si fort que vous ne devez rien négliger ni épargner afin de prévenir le mal. Je voudrais envoyer pour trois mois cinq cents hommes dans la citadelle et y mettre toutes les autres choses nécessaires pour la défendre et contre l'ennemi et contre la canaille de la ville qui est mal affectionnée. Vous me permettez, Monsieur, de vous dire que vous faites beaucoup d'autres dépenses qui ne sont pas si nécessaires -... »

La nouvelle de l'invasion arrive subitement à Paris. On ne s'y attendait pas. L'allblement devient général; le désarroi règne un instant en haut lieu ;le danger public apparaît démesurément grossi par l'imprévu du coup. Mais les premiers moments passés, la consternation se change en un prodigieux élan de patriotisme dans toutes les classes de la société ; une armée considérable surgit pour ainsi dire de terre, prête à courir sus aux Espagnols'.

1. Ilisl. du règne de Louis XIII, par M. I^e Vas^^or ; Ilisl. de la guerre de Trente ans, par K. CHABvÉniAT. Honoré d'Alberl, duc de Chaulnes, maréchal de France, frère cadet du duc de Luynes.

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