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Avenay, à quelques lieues de Reims

2. La Reine n'avait pas été toujours hostile à l'idée d'un mariage entre Gaston d'Orléans et Marie de Gonzague.

Dans le Journal de ma vie, le maiéchal de Bassompierre raconte que Marie de Médicis dit à Gaston d'Orléans, qu'elle voulait remarier (juillet 1627) : « Nous comptions tantost, Bassompierre et moy, les princesses qui sont maintenant en estât de se marier, tant en France quen dehors ; nous n'en trouvions que trois en France : Mlle de Nevers, qui est, à mon avis, bien lielle et bien jolie, mais, je craindrais que ces drogues que luy a données Semini (un empirique) pour la guérir de sa grande maladie, n'empeschasseiit (pi'elle n'eut des enfants, et l'on me la fait appréhender... »

LA MAHKCllALK DK (UKUHIANT DLltA.NT SON VELVACK VAÔ

de la princesse Marie, écrit le 20 mars 1G20 Jacques Dupuy à M. de Poiresc, elle est toujours au Mois de \ incennes, au logement du Hoi, oii les pi'incesses, ses [)arentes, la visitent; mais fault voir des billets de la Reine mère, et fait-on tl«'mas<iuer les femmes de leur suite, crainte ([ue f[uelqu'uii v entre déguise '. Monsieur a supporté cet an-est fort impatiemment, et a dit tout ce qu'un homme en colère et amoureux peut dire... 11 a dit qu'il ne verroit la princesse sa mère(|uVn peinture. » En ellet, dans son e.vaspéralion, le duc dOiléans ne parlait de rien moins que de reconquérir sa fiancée les armes à la main.

L'Iiéroïne de ce petit drame, Marie tie Gonzague, n avait alors que dix-sept ans '*. Avec raison fort mécontente de ses allures, Marie de Médicis lui tenait rigueur ; aussi, lorsqu'au mois de mai do la même année, elle lui accorda rautorisalion de \enii- la saluer, Dupuy raconte encore cà Peiresc (|li(^ .Mlle de Nevers recjnt un i« maigre accueil » ; s'élant inclinée pour baiser la robe de la souveraiiu'. c(dle-ci fil un uiou\emeul de recul, (jue le public interpréta couinie une défaveur significative.

Quelques années plus tard, parmi taut d'autres intrigues, cette gênante princesse en eut une qui fit beaucoup parler. Le marquis de Giiu[-Mais, grand écuverà la fleur de Tàge, et « brillant de tous les dons de la nature », tomba complètement sous son charme, abandonna pour elle Marion de Lorme et résolut de l'épouser.

En 1632, à la mort du luarcjuis ti'Efliat, son ami, qu'il avait fait élever au maréchalat et à la surintendance des finances, llichelieu avait pris soin de ses enfants -K Ne trouvant pas à l'aîné, le nouveau marquis d'Effiat, les qualités nécessaires pour le pousser à la Cour, il s'était plus intéressé au second, Henri Coiffier de Ruzé

1. M. Je Peiresc, Abbé seigneur de Guistres, conseiller au Parlement de Piovenre.

2. A celle ('poque paruienl Iteaucoiip de pamphlets sur la princesse .Marie de tionzague.

3. .\ntoine Cuifficr, niarquis d'Ei'fiat. maréchal de France (1581-16.32 .

d'Effiat, marquis de Ciiiq-Mars, le jugeant propre à quelque grande fortune. « Il était beau, dit Montglat, de belle taille, de bonne mine, avoit de l'esprit, fort ao;réable dans la rencontre et dans la conversation K » Encore tout jeune, il eut, en 1635, une des 10 comj)agnies nouvelles que le Roi ajoutait au régiment des Gardes ; puis Richelieu le fit nommer maître de la garde-robe à la démission du mar([uis de la Force, « Il vécut dans cet emploi fort honorablement, continue Montglat, contre le gré du Roi, ({ui n'aimait pas les somptuosités en habits ni en linge, et ne vouloit souvent pas porter ce qu'il lui faisoit faire, parce qu'il étoit trop magnifique, et lui en faisoit réprimande. » Richelieu avait ainsi poussé M. de Cinq-Mars auprès du Roi, sans favori depuis l'éloignement du duc de Saint-Simon, « afin d'avoir une créature auprès de Sa Majesté, à laquelle il put se confier et qui eût soin d'empêcher qu'il ne se passât rien contre ses intérêts ». C'est encore Montglat qui parle.

On offrit à Cinq-Mars la charge de premier écuyer, dont était pourvu le duc de Saint-Simon, qui la tenait luimême du favori Baradas. Mais Cinq-Mars n'en voulut pas, craignant de perdre au change, et resta maître de la o-arde-robe. Au sièoe d'Iiesdin, eft 1639, il entra en complète faveur auprès de Louis Xlll qui demanda au duc de Bellegarde de se démettre de la charge degrand écuyer, Cinq-Mars la désirant. Bellegarde avait près de 80 ans; fort peiné, il hésita tout d'abord, mais, songeant que sa disgrâce pourrait entiaîner celle de ses neveux, il crut sage de se résigner, et M. de Saint- Aoust, qui était allé le trouver pour cette affaire, revint à la Cour avec sa démission. Le favori devint aussitôt, grand écuyer, et prêta le serment d'usage le 15 novembre 1639. Monsieur le Grand n'avait encore que 19 ans. Malgré de si ])elles espérances d'élévation, c'était, pour un simple gentilhomme, caresser un beau rêve (jue de vouloir contracte)- mariage avec Marie de Gonzague, princesse de Maison souveraine, alliée à tous les rois

1. Mémoires de François de Paule de Clennonl, marquis de Monlglat.

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(le I l'Airope ; (•'tait egaleinciil flalletir (rètre leniai- <|ii(' par elle. Mais |)(>iir(|inti (',iii(|-.\lars ii<' |)réten- (li'ait-il |)as à sonihlahle unioii ? Le duc i\o Liiyiies M a\ail-il |)as joui (riiiic piodij^ieuse forUiiie ! Lui aussi (|('\ iciid rail duc cl paii-, coniiétahle, preniiei- uiiriislre, s'il |)i'i(lait Uiclirlicu. N <'lail-il pas déjà fçiaud eiuy«'r de liauce el l'aNnii du Uni à I à^e oii tiautij's dtd)uleul luotlesteuieut dans lem (aiiièic! Flairant nue faveur Idujours graiidissanle el dont ils ne j)ou\aient enc'()i<> -<()iip(,<>nn<M- louU' la poiU'e, 200 genlilslioninies lui servaient de gaitle d'honneur et le suivaient |)artout. Les surpassant tous par la'nohiesse de sa tournure et le tliariue de sa |)li\ sionoinie, .M. le Grand, (pi'une telle siliuilidu grisait, les écrasait i)ar un i'asle piodigieux. Les i'eunnes se fpieiidlaienl à son sujet ; les ministres coni|)laient avec lui et en étaient assez légèrement traités en retour, liichelieu Lainui avant tle le craindre et de le sentir un (Minenii, avant de se voir oblige de chercher un uiovcn de le j(^ter hors de sa roule pour ne pas sond)rer lui-nitMiie. ( ".e fut alors, et durant ([uelque temps, une lutte a mort d homme à homme, où devait succomber l'un des deux adversaires, l'être iiuapable et j)iésomptueux ou le graïul génie. Cincj- Mars ne se crovail-il j)as certain de sou ascendant sur le Roi !

Lu fallail-il davantage [)oui' tourueila lèl(> d'une pei'- >onne aussi romanescpu^ (pie Mademoiselle de Nevei's!' (A)mnie les autres, elle crut à 1 iiuiuense a\tMiir de M. le (jrand. A son tour, elle s'enthousiasma, flaltee uKMue, ])ien que* princesse, d'être distinguée et choisie pai" un jeune seigneur aussi bien \ u du monarque, aussi adule, lellement en ('vidence. Elle Lecoula. se persuada ([lie les choses qu'elle souhaitait s'arrangeraient à son gre : elle mit sa sœur Anne dans la confidence pour faciliter ses entrevues clandestines et de jour et de nuit; loin de s'eUrayer de linégalih» de rang, elle trouvait un certain attrait à faire le sacrifice de sa naissance à l homme qu'elle aimait. L'histoire n'offrait-elle pas de nombreux exemples de princesses ayant épousé de simples gentilshommes ! Mais le sort accabla le marquis

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de (JiiKi-Mars : à l'âge de 22 ans, il subit la peine capitale à Lyon, sur la place des Terreaux, le 12 septembre 164*2. Après l'avoir sincèrement pleuré, comme beaucoup d'autres femmes du reste, l'oublieuse Marie se jeta vite dans de nouvelles aventures, allant d'inconséquences en inconséquences.

Telle nous apparaît cette princesse Louise-Marie de Gonzague, dont la Cour de France allait faire une reine de Pologne.

Le duc de Mantoue mourait le 21 septembre 1637, el, peu après, l'abbesse d'Avenay rendait également le dernier soupir. « O coup funeste pour la princesse Anne ! » s'écrie Bossuet. Les ])ortes du monastère s'ouvrirent alors ; la malheureuse princesse Anne, qui s'y était réfugiée, prit son vol, et courut habiter l'hôtel de Nevers avec sa sœur Marie, son ainée de 4 ans. « Maîtresse de ses désirs, ajoute Tévêque de INIeaux, elle vit le monde, et en fut vue : bientôt elle sentit qu'elle plaisait, et vous savez le poison subtil qui en tre dans un jeune cœur avec ces pensées... »

Bien que n'ayant pas la grâce et l'incomparable charme de Marie, Anne de Gonzague, pleine d'une activité dévorante si longtemps comprimée, habile, aimable, très séduisante, avait tout ce qu'il fallait pour plaire. Henri II, duc de Guise, qui, sans être entré dans les ordres, possédait à 14 ans l'archevêché de Reims et de superbes abba\es lui rapportant plus de 400.000 livres de rente, lui avait déjà inspiré un vif sentiment. De Reims, il se rendait à l'abbaye d'Avenay, et pénétrait dans l'austère demeure en qualité d'archevêque et de cousin. Il y voyait la princesse. V'aincue j)ai- une insistance j)rolongée, .Vnne écouta le jeune duc romanesque et charmant, de 2 ans plus âgé qu'elle. Il y eut promesse de mariage signée le 29 juin 1636, enlèvement, affirment certains; en tout cas il y eut mariage béni par un chanoine de Reims dans la chapelle de l'hôtel de Nevers, en 1638, devant quelques domestiques. Deux ans plus tard, à la mort de

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son |)('ie {'l (le son li(;i'(!, Ilciuise (K'Jiul de .ses ihargos ecolésiastifjues, ol s'intitula duc de (iuiso. Kntranl en lutte avec liiclielieu, ([ui conhMîcai'iait ses projets, il end)rassa avecaivieur le parti du comte de Soissons. ('ondamné à niorl, il fut dépouillé de ses biens, en lOVI. Anne, relire»' à >«'evers, lui restait fidèle pendant sa disgrâce; le duc lui faisait rendre Nisite. loutre en\ s'écliangail une correspondance intime. sni\ie d ahord, puis, de plus en plus espacée. La princesse trouva peu à peu moins d'échos à ses marcpies d'affection. Sans scrupule, (îuise s'était marie une seconde fois, après f|nel(|ues nujis de séjour à Hrnxelles, avec llonoi'(';e de Herghes, veuve d'Albei-t de llenin, comte de IJossu.

A cette nouvelle, Anne de (^on/.ague, ([ui se faisait ap|)eler la duchesse de (luise, partit en quête de la réalité du lait, sous un déguisement d'homme, et parvint dans les Flandres espagnoles après avoir couru mille dangers. Apprenant alors la v(Mité, elle revint à Paris; désespérée tout d'aboinl, mais bien \it(^ calmée, elle reprit son nom de piincesse Anne. La seconde duchesse de (luise subit toutes les ch'sillusions de la vie conjugale et fut ruinée par son mari, être fastueux et avide de plaisirs qui, sous de l)ri liants dehors, incarnait tous les vices. Dès la Régence en 1643, Guise revint à la Cour, obtint l'entier pardon de son crime de rébellion qui l'avait fait condamner- à mort et pendre en effigie; mais il n'en devint que plus fat et plus antipathique à tous.

Contre le gré d'Anne d'Autriche, qui trouvait le nombre des princes dépossédés réfugiés eti France assez considérable déjà, et contre l'avis des siens, la princesse Anne ('q)ousa le palatin du Hliin. Edouard, « fort gueux et jaloux », selon les Mémoires de Mademoiselle de .Montpensier. 11 était petit-fils dn roi Jacques I*^"^ d'.\iigleterre, et qnatiième fils de l'électeur palatin Frédéric, connu sous le nom de /?o/ de Bohème. « Peu attachée à son époux, s'il faut en croire les Mémoires du comte de Brienn<\ liée intimement avec ^ladame de Longnex ille, qui avait la même fioideur pour le sien, notre princesse faisait de la galariler"ie un res-

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sort puissant pour la politique. » Elle se mêla, d'iuu multitude d'intrigues, tint le parti de la reine Anne d\\ a triche, et lui rendit de grands services ainsi qu'à ^Md /arin, ayant de « la capacité pour couduire un état »,, au dire dii cardinal de lletz. On lui accordait de la pro-j bité et de la franchise dans toute sa manière d'être.

Cette célèbre princesse palatine eut une place considérable et brilla par son esprit à la Cour de Louis XIV, dont elle fut un des ornements. Ses dernières années valurent mieux que les premières, l'âge l'ayant assagie. Elle mourut le 6 juillet 1(384 à 68 ans dans la plus grande dévotion '. OnTinhuma, comme elle le désirait, 'au Val-de-Gràce, à côté de sa sœur Bénédicte, et son cœur fut déposé à l'abbaye de Faremoutiers. Le 9 août de Tannée suivante, dans Téglise du Val-de-Giâce, en présence d'Henri de Bourbon, duc d'Enghien, gendre de la défunte, de Mme la Duchesse, sa fille, et du duc de Bourbon, son petit-fils, Bossuet prononça l'oraison funèbre d'Anne de Gonzagne de Clèves, princesse palatine, prenant comme texte cette phrase des Livres saints : « Je t'ai pris par la main pour te ramener des extrémités de la terre ; je t'ai appelé des lieux les plus éloignés ; je t'ai choisi et ne t'ai pas rejeté : ne crain*^ point, paice que je suis avec toi », — faisant ainsi une discrète allusion à la jeunesse troublée de la princesse-.

1. La princesse Anne laissait 3 filles : Anne, femme de Henri-Jules de Bourbon, duc d'Enehien, puis prince de Condé. — Louise-Marie, femme de Charles-Théodore-Othon, prince rhingrave de Salm. — Benoite-Henriette-Philippe, femme du prince Jean-Frédéric de Brunswick, duc de Hanovre.

2. Sources de la l'« partie de la II' division : Archives du comte de Guébriant. Archives de M. de Rotrou. llist. des Princes de Condé, paile duc d'AuMALF.. Les ducs de Guise el leur époque, par H. Forneron. Mémoires de Mademoiselle de Monlpensier. Mémoires de Madame de Motleville.Diclionnairehlslorique,diii\i.. Aft.Etr. France. V. 845-218 : Narré. Bibl. NaL Collée. Dupuy. V. .■■)!Ki-2H7 : Xarré. Bibl. Nat. Clairarabault. V. .384-38<) : Narré de l'hisf. du mariaç/e du duc de Guise avec ia princesse Anne de Manloue. Mémoires du conile de Brienne. Biogr. Universelle, de MiciiAUD. Moréri. Oraison funèbre d'Anne de Gonzague..., par Bossuet. Mémoires de François de Paale de Clermont, marquis de Monlglat.

2'' Partie.

Les amhasaadenrs, polonais. — Le roija/je. — lùi Polofjne. — Le î-elouf de Mme de (jiièbrianl.

Sa mission terininéo par la signature du contrat de mariage, le 20 seplembre, le comte Dcnhof reprit le chemin de Varsovie. Dès son retour, le roi Wladislas IV dépêcha deux nouveaux ambassadeurs à Paris pour « pouser la princesse Louise-Marie en son nom, et la ramener en Pologne. C'était Wenceslas Leszczynski ; évoque de \\'armia, et Christophe Opalinski, comte de (le Bnini, palatin de Posnanie, tous les deux personnages de hauie marcjuetant par leur naissance que par leur situation'. Leur suite était extiémement brillante; de grands seigneurs y figuraient.

Le dimanche 29 octobre 16'i5, M. de lîerlise, l'un des introducteurs, se rendit, à 11 heures du matin, à l'hôtel d'Elbeuf pour y chercher le duc de ce nom et son (ils, le prince dllarcourt, qui avaient ordre de recevoir les ambassadeurs [)olonais. Ceux-ci s'étaient arrêtés, pour dîner, à Reuilly, chez le inar(|uis de r»ambouillet ; d'I^lbeuf prétendait les rencontrer en chemin ; eux entendaient au contraire être salués à lleuilly même. 11 fallut régler la difficulté, en référer à la O^ur ; on perdit du temps, et l'ambassade n'entra de ce fait dans i^iris qu'au déclin du jour, par la porte Saint-Antoine ; mais avec quel faste ! Ce fut, pour le j)euple [)arisien, un spectacle étrange et divertissant: de beaux carrosses ; des harnachements à l'orientale ; lies chevaux à la crinière richement ornementée ; les Polonais vêtus avec une « magnificence quelque peu théâtrale... ».

1. Warini.» (Warmie ou Varmie se nomme en fiançais Ermeland. Cet évèché t'ormail la partie orientale du palatinat de Marienbourg ; aujourd'Iiui il est compris dans le gouvernement de Ku-nigsberg (Prusse).

Le comte Opalinski joua un rôle marcpiant dans les alTaires de son pays. Il écrivit aussi des satires, qui attaquaient les abus du gouvernement et la corruption des mœurs. Ces satires furent publiées en 1^52.

C'étail le capitaine des geiiliishoiiiiues d'iionneur du palatin de Posnanie, colonel Szodrowski, montant un cheval turc à la robe isabelle et blanche, ayant selle brodée couverte de croissants dorés ; lui-même, vêtu de toile d'argent, portait un bonnet de même tissu, doublé de zibeline et garni de superbes plumes de héron, que de riches pierreries en forme d'étoile paraissaient soutenir. — C'était Trzeciecki, premier gentilhomme de la chambre d'Opalinski, couvert de satin violet douldé de martre, avec une épée étincelante de pierreries, suivi d'une compagnie habillée de dolmans de satin jaune très amples et de manteaux en velours cramoisi. — C'était, précédé d'un cheval blanc de toute beauté, Fécuver du palatin, Bilinski, tout en rousfe pourpre et revers argentés, qui marchait avec lenteur, balançant en cadence sa tête chargée d'un bonnet à plumes de héron, ayant au front une rose volumineuse en rubis et pierres diverses. Le roi Wladislas ayant tenu à faire somptueusement les choses, le cortège fut énorme, d'aspect inusité, et mit beaucoup de temps pour aller de la porte Saint-Antoine à l'hôtel de Vendôme. La princesse Marie avait envoyé le comte de Noailles et le comte de Barrault à la rencontre des ambassadeurs polonais, qui, dès leur arrivée à l'hôtel de Vendôme, furent complimentés, au nom du Roi, par le marquis de Liancourt, premier gentilhomme de sa chambre, et, au nom de la Reine, par le comte d'Orval, son premier écuyer.

Deux jours après cette entrée triomphale, l'évêquede Warmia et le palatin de Posnanie obtiennent leur première audience. Ils se rendent au Palais-Royal, où résident Leurs Majestés, avec le même cérémonial qu'à l'entrée dans Paris, sauf que les principaux seigneurs de la suite sont transportés dans les carrosses royaux. M. de Rhodes, grand maître des cérémonies, les reçoit ; le tambour bat ; cent Suisses forment la haie au pied de l'escalier. Précédés du marquis de Chandenier, capitaine des Gardes écossaises, et du grand maître, les deux ambassadeurs, conduits par le duc de Joyeuse, arrivent devant Louis XIV, qu'entourent les princes et

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