I.A MA[<tCHALE Dl: GtIlUniANT DUHANT SON VLIVACK
En vain le caidinal Ma/arin ccrit-il a M. de ^iliarievoye le 14 novembre, lui promettant honneurs et pensions s'il parvient à déterminer le comte d'Ilarcourt à céder ses gouvernements. (Jharlevoye n'ajrlve à rien. Manque-t-il de savoir-faire, n'a-l-il pas l'autorité et la finesse suffisantes pour traiter a\ec ce prince, va-t-il trop droit au but, comme fait un soldat, généralement peu tliplomate et peu souple ? Nous [xuivous supposer tout sim[)lement qu'il man(|ua d'énergie et craignit de se compromettre. Aussi iJesmaux écrira-t-il à Mazarin pour lequel il tra\ aillait résolument: « Charlevoye est plus faible et plus misérable (|ue jamais ' ». Et quelques jours plus tard, le confident du ministre était encore plus catégorique en disant que Charlevoye penchait fort pour le comte d'Ilarcourt'-.
La prise de la citadelle de IJrisach avait été difficile en 1638; sa conservation ne l'était pas moins. Le plus révoltant dans le cas présent, c'était qu'elle pût être livrée aux étrangers par des Français mêmes. Mais, laissons les événements se dérouler sans nous, et revenons à Mme de Guébriant, qui s'en désintéressait depuis longtemps déjà, llappelons seulement ce qu'il advint de Brisach.
Le comte d'Harcourt fut le premier gouverneur
1. Bibi. Nat. Clairainl>ault. V. 441-1<!2. M. de Besmaux à Mazarin,
18 novembre 1653.
'A. Bibl. Nat. Clairambault. Le vol. 4U contient de très cnneuses
lettres el relations concernant cette alïaire. Le gouvernement de Brisach rapportait alors :
4 baillatçes payant par mois, chacun HX» pistoles, pour contributions ordinaires ; soit par an (la pislole valant 10 livres) 48.000 livres.
Villages de noblesse et bores d'église, donnant aussi
10(1 pisloles par mois ; par an 12.000
Les péages et entrées à Brisach; par an 30.000 »
Dîmes extraordinaires (sacs de blé, d'avoine, d'orge, de pois...), à une demie pislole l'un ; par an. . . . 70.000 "
Dimc du vin, qui peut monter à 70 foudres de vin, à »■> pistoles le foudre: par an 4.200 »
I^rix de loo places de cavalerie, à lOo écus ou richedales par an, sans le foin, l'avoine et les ustensiles
(à 3 francs l'écu); par an 30.000 -<
I'.t4.2o0 livres.
Bibl. Nat. Clairambault. V. 441-473.
d'Alsace, de Brisacli et de Philippsbourg, après. Tannexion à la France de cette province et de ces deux importantes places par le traité de Munster, en 1648. Le cardinal Mazarin obtint ces gouvernements lorsque dHarcourt consentit à les échanger contrecelui d'Anjou. Armand-Charles de la Porte, fils unique du maréchal duc de la Meilleraie et neveu de Mazarin par alliance, duc de Mazarin, succéda au cardinal dans ces commandements. La célèbre forteresse de Brisach appartint à la France jusqu'au traité de Ryswick qui la rendit à l'Empire en 1697 K
Grâce au crédit qu'elle avait su conserver, la maréchale de Guébriant, nommée première dame d'honneur de la future reine Marie-Thérèse, se rendait dans le midi de la France, lors des négociations du traité des Pyrénées, pour y retrouver la Cour et débuter dans ses nouvelles fonctions ; mais durant ce voyage, elle mourut à Périgueux, le 2 novembre 1659. On lui fit sur place un service solennel, et son corps prit la route de la capitale pour aller reposer à côté de celui du maréchal-.
Elle laissait des affaires en un pitoyable état ; très mauvaise administratrice, elle s'était ruinée. Dès sa mort, héritiers et bénéficiaires se trouvèrent en présence de ses créanciers, qui firent saisir meubles et immeubles. On fit un accord suivant lequel on vendrait les biens de la défunte, à l'amiable et sans frais, et les deniers en provenant seraient « baillés et délivrés aux créanciers, chacun selon la priorité de leurs hypothèques ». Malgré cela, on ne s'entendit pas. Il y eut discussions et finalement procès entre les héritiers et réclamants 3.