LA DÉFENSE DE GUISE
tnme l'était celle-ci lorsque j'y suis arrivé. La quaniil.î (le gens de bien (|ui s'y sont trouvés et le soin que . liiiciin en particulier et tous en général y ont apporté
I lail (|ut' les ennemis se sont contentés de la voir après \ avoii- perdu IT) ou 10 hommes aux approches. Mais ((.lumelona proportionné les travaux a la bizarrerie -le l'assiette et à la force de la garnison, (|ui y était, et (|iie la résolution est aujourd'hui d'en ùter la plus -rande partie, je supplie très luimblement votre Kmitii'uce de trouver bon que je l'assure cjuilny a homme vivant qui puisse avec UOU ou mille hommes (ainsi qu'tjn propose de me laisser) non |)as répondre de la conservation de la place, mais seulement la garantir de surprise. Il faudra abandonnei- tous les travaux (|ue nous
i\ons faits, ([ui seront autant d'avantages aux ennemis,
I se contenter de garder le château, dans lequel il
II V a que deux puits, (|ui ne sauraient fournir de l'eau |M.ur200 hommes par jour. Il est vrai que, depuis que I V suis, j'ai fait accommoder une citerne ; mais dans la -aison oii nous sommes, votre Éminence sait que les pluies ne sont pas ordinaires. La crainte que j'ai d'être importun me fait remettre à M. de Noyers à vous dire le reste des particularités et surtout attendre vos commandements*— »
Hecevant l'ordre de maintenir a (iuise une garnison (le 2.000 hommes, le comte de Soissons répondait au Koi que, de l'avis de tous ses officiers, dans l'état où ^.' trouvait la place, il fallait plus de monde pour la défendre et moins pour conserver le château seul. - On estimait cependant, à la Cour, qu'avec cet effectif, les habitants et paysans des environs en plus, Guébriant pourrait garder et la ville et le château. Us doivent contribuera leur propre protection.
C'est ainsi qu'on l'entend, le Roi ne pouvant fournir à toutes les dépenses des villes, écrira de Noyers'^.
1. Atr. Éli-., France, \'. 1678-126; et Archives Rotrou. Guébriant à Kiclielieu; Guise. '2i juillet ItiHij.
2. AIT. Élr., France, V. 1678-138-Ul. Louis de Bourbon au Roi: 28 juillet lf.86.
3. Arch. Rotrou, V. I-ll. De Noyers à Guébriant; 26 juillet 1636.
38 LE MARÉCrtAL DÉ GLÉBRIANT
Sur ces entrefaites, il était prescrit à Guébriant d'aller rejoindre M. le Comte, qui se dit fort impatient de Ir voir et de l'assurer de son estime '.
Cependant, si M. de Guébriant redoutait encore quelque tentative contre (ruise, il ne se ferait pas scrupule de brûler les faubourgs, la ville basse même, et enverrait rapidement à La Fère et à Laon le plus de canon et de blé qu'il pourrait, afin d'ôter courage à Tennemi, «m'assurant, lui écrit le Roi, que vous n'oublierez rien de ce que je puis attendre d'un homme de cœur et affectionné à mon service- ».
Conformément à ce qui lui est conseillé, Guébriant envoie de l'artillerie de Guise à La Fère et à Laou; M. le Comte lui écrit à la date du 27 août de h'en garder que le nécessaire à la conservation de la place •. Quant à son départ de Guise, les projets sont modifiés. Il y restera provisoirement encore, lennemi pouvant revenir de ce coté. Mais ne pourrait-il pas avec succès entreprendre quelque chose sur LaCapelle, renseigner sur les forces de cette g-arnison , et découvrir les desseins des ennemis * ?
De Noyers insiste sur ce point : jamais Guébriant n'aura plus belle occasion d'entreprendre sur les l-^spagnols; la garnison de Guise est forte et celle de La Capelle faible-'. Comme la retraite des ennemis fait croire qu'ils veulent entrer en Chamj)agne, il devra se tenir sur ses gardes avec soin non seulement pour la conservation de Guise, mais encore de toute la Thiérache.
S'il apprend qu'ils marchent vers la (Champagne, il jettera dans Ilibemont 'A ou 400 mousquetaires résolus qui empêcheront le passage de l'Oise; la chose sera d'autant plus aisée que les Espagnols cheminent, assure-t-on, sans infanterie ni canon''. A la lin d'octo-
1. Arcli. Roh-()ii.\'. I-U). Soissons ;"i (iiiélirinnl : La Fère,... juillet IG'M. •2. Arch. Rotrou, \'. 1-22. Le Roi à (juéhiMJint : Pari:^, 5 août UVM>.
3. Arcli. Rolrou, V. 1-2». Soi;4Sons à (liiéhriant ; Compièiîne, 27 août 16H(;.
4. .\rch. Rotrou, ^. I-H.";. Le Roi à (iu(''iiri."iMf : cluUeau de Mainelay, 2.S septembie Um.
'>. .\icli. Rotrou, V. 1-37. De Noyers à Ciuéljrianl ; 26 septembre UîSC». *). Areh. Rotrou. \". 1-38. Le Roi à Guébriant : Amiens, 11 octobre 163<).