DE LA VALTELINE EN FRANCRE-COMTE
maréchal de camp, avait encore au dit pays. On s'en raj)portait à lui quant à l'accomplisseuient et aux particularités, sa '( prudence et bonne conduite » ('tant connues: en consé(|ueiR'e. il était prescrit à du f.iiiidavs de prendre ses oidres
Tout d'ai)ord tle grosses difficultés s*opj)()sèrent à cette marche rapide vers les (irisons. Il était peu commode de francliir ie territoire helvétique. J..e faire sans autorisation th'terminerait le soulèvement des Cantous: avancer par petites fractions occasionnerait la perte d'une partie notable des troupes; avancer en corps pourrait froisser les Suisses, la chose étant sans exemple. Et j)uis, le duc Charles n'était-il pas à proximité, ('tabli près des villes forestières, dans des positions malaisées à forcer ? Etre battu par lui serait l'effondrement du projet, et causerait prt'jiulice aux intérêts français, avec l'etentissement jusqu'au .Milanais à travers la N'alteline; ce serait aussi la destruction pro- ])al)le des troupes du maréchal de camp du Landays. Rohan gaona cependaut lîàle en mars 1633, résolu à combattre, au besoin, le duc Charles, et demanda la permission de traverser les terres qui dépendaient de la ville. A Bàle, il divisa ses troupes. J^es unes sous le commandement du marquis de la Force et de François Thibault, seigneur de Saint-Euruge, maréchal de camp, demeurèrent en Alsace; les autres le suivirent. Préalablement il avait eu soin d'expédier deux agents en Suisse, l'un vers les Grisons, l'autre à Berne '. Celui de Berne devait expliquer an gouvernement fédéral que Bohan, trop pressé, ne pouvait donner le temps à la Diète helvétique de se réunir, et que force lui était de demander simplement la permission de traverser rapidement le pays avec ses trou[)es, « en conformité des alliances ». Le tout fut mené rondement et accordé grâce à l'intervention de Biaise Méliand, seigneur d'Egligny, j)résident au Parlement de Paris, alors ambassadeur du Roi en Suisse.
1. L'agent destiné aux Grisons partit de BAle aussitôt que le duc y parvint.
4(5 LE MARÉCHAL DE GUKBrUANT
Averti le 24 mars, par l'émissaire du duc de Uohan»; de rentrée imminente de l'armée française dans les Grisons, M. du Landays, qui désormais allait être soutenu, rassembla ses troupes et prit l'oirensive. Les uns, sous les colonels lîruker et (renatz furent chargés d'enlever; Bormio,dansla vallée de TAdda supérieur, et, à la tête des autres, lui-même passa le Splugen, atteignit Chiavenna sans donner l'éveil, et occupa la ville qui nel résista pas. i »e là, Landays courut à Riva, sur un roc avançant dans le petit lac de ce nom. Au pied de ce roc était une auberge, où buvaient à ce moment quatre bandits, qui, soupçonnant une attaque de leurs ennemis personnels, déchargèrent leurs carabines. A ce bruit, la faible garnison de lliva, surprise, ouvrit largement ses portes. Bormio ne résista pas non plus. Les troupes françaises se trouvèrent ainsi rapidement maîtresses des deux débouchés de la \ alteline, avec espoir de les conserver, grâce au renfort (jui arrivait. En présence de ces actes d'hostilité, les Valtelins elîrayés dépêchèrent vers du Landays, témoignant tous « prompte obéissance et dévotion envers la Couronne de France ^ ».
Le duc de Rohan, en marche vers les Grisons, apprit à Aarau l'occupation de Bormio et de Riva. Au risque d'offenser les catholiques, aussi hostiles aux Français que les protestants l'étaient peu, il traversait la Suisse en corps. Dans le canton catholique d'Argovie, il faillit avoir de graves difficultés, les paysans s'étant armés pour en défendre le passage. 11 fallut s'entendre. L'autorisation donnée in extremis par le bailli de Baden, Jean-Jacques de Fusli, parvint juste à temps pour empêcher un regrettable conflit. Rohan foula le territoire de Zurich, où, toute facilité étant accordée depuis longtemps, l'accueil fut bienveillant, « avec les démonstrations de bonne volonté envers la France, qui sont particulières au dit canton », disent les Mémoires concernant cette campagne-.
Le duc de Rohan pénètre le 12 avril 1G35 à Coire