‹ Le Maréchal de GuébriantChapitre 26 sur 159 · DE LA VALTELINE EN FRANCHE-COMTE · texte numérisé non relu

DE LA VALTELINE EN FRANCHE-COMTE

Roi avertit le prince de Condé de l'arrivée prochaine de Longueville,à la tête de troupes qui devront trouveibon accueil dans son gouvernement ; le vicomte d'Arpajon, maréchal decarnp, ira sans retard en Bourgogne, et commandera aux garnisons d'aider le nouveau ^ enu en cas de besoin '. Le vicomte de Turenne devra redoubler d'allenlion du cùté de la l^orraine, le duc Charles s'y dirigeant avec toutes ses forces pour enlever certaines places-.

Au priiilemps, Longucville entrait tians le fort des o[)cialions militaires. Le 29 mars, il investissait la ville de Saint-Amour et l'attaquait sur trois points. Au moment de la forcer par son faubouig, il recevait l'avis (|ue les ennemis s'assemblaient vers Lons-le-Saulnier dans le but de secourir les assiégés. Aussitôt le vicomte d'Arpajon eut l'ordre de précipiter l'action, tandis que le maréchal de camp de (iuilrv irait reconnaître l'ennemi '. Après environ soixante voh'es de coups de canon et trois jours de siège, Saint-Amour, le 31 mars, était pris d'assaut. Longueville y pénétra le lendemain par la brèche, mais eut grand mal à protéger les habitants contre la soldatesque ; il parvint néanmoins, dit la (iazette, à garantir le couvent des religieuses de lAnnonciade « et riionneur de toutes les femmes et filles, que le dit vicomte tl'Arpajon avait fait retirer dans les églises ». On évalua le nombre desmorts à 400; on lit 200 prisonniers.

Pendant qu'on s'emparait de Saint- Amour, (iuitry ayant su que les ennemis étaient logés aux villages de Sainte-Agnès et de (ievingey, envoya le capitaine Navant avec cent maîtres Liégeois et tous les carabins reconnaître les deux localités. Avertis de leur approche, les ennemis sautèrent à cheval et s'écartèrent un

vrier 1(337; Ibidem, V. 34-332. Le Roi à Huxelles; l'aris. 24 février 1«37 .

1. Arrli. hist., (iiierre. V. 34-.307. Le Roi à Condé ; Versailles, li» février 1<>37.

2. Arch. hisl., Guerre, \'. 34-33S. Le Roi à Turenne ; 26 février 1637.

3. (luitry avait avec lui 3U(i maîtres des troupes de Normandie, 100 du régiment liégeois di' la Blociiierie, 5o carabins et 100 mousquetaires.

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peu. Mais bientôt on aperçut 1.200 chevaux allemands, lorrains et comtois, sous 28 cornettes, (iuitry — nous n'entrerons pas dans le détail — embusqua ses mousquetaires, commandés par le baron de Bully, à la lisière (l'un bois, près de Sainte- Agnès, attira son adversaire dans un guet-apens, lui tua 200 hommes et 2 colonels : Ciomus et le redoutable incendiaire Clinchanipi.

A peine entrés dans Saint-Amour, avertis que M. de Guitrv était aux prises avec l'ennemi, Longueville et d'Arpajon coururent vers lui avec .500 chevaux que suivirent 800 fantassins.

Les adversaires s'étaient retirés trois lieues plus loin ; toute la nuit servit à marcher, et d'Arpajon, à l'extrême pointe, donna, le 2 avril au matin, dans les quartiers lorrains, enleva trois compagnies du régiment de Gonflans, et mit le reste en fuite au delà de Lons-le-Saulnier. l^ongueville revint alors à Saint-Amour, étant resté plus de vingt heures à cheval. Le château se rendit; celui de Laubespin fit de même. En cinq jours, les troupes royales avaient donc enlevé une ville et deux châteaux, et battu l'ennemi. Avec orgueil, la Gazelle ajouta qu'elles tuèrent 700 hommes et répandirent la terreur dans toute la Franche-Comté. Les Bressans, excités par le succès, allèrent mettre le feu à plus de ."SO villages comtois -. Longueville envoya le sieur de Treuille, major de Normantlie, rendre compte au Roi de la prise de Saint-x\mour et des engagements qui avaient eu lieu; il portait drapeaux, cornettes et timbales conquis 3.

Apres s'être emparé du château de Dortan, après avoir chargé un parti de cavalerie commandé par Guitry

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