Baron de Clinchamp
2. Gazelle du 14 avril l(!:î7. N" i">ô. La prise de Sainl-Amour et de Laubespin |)ar le duc de Longueville. Mercure français, 1()37.
?>. AIT. Ktr., Franco, V. 1.579-ir)(;. Longueville à Richelieu; Saint- Amour, .5 avril 1(>^7.
\>an^ cette lettre à Richelieu, le prince loue la conduite de Treuille, du virointe d'Arpajon, qui Mt ohserver l'ordre et présida aux travaux du siège >< où il e.st extrêmement intelligent », des officiers des troupes levées en Normandie, qui pres<jue tous furent blessés, de M. de Miromesnil, qui ne ménagea pas ses soins à l'équipage d'artillerie.
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flo siirpron<li-e le (juaitiei du iiiai(|iiis de» (loiillans, l.oni^ueville investit le chàleau de Courlaoux'. On travailla toute la nuit, sous la direction du vicomte d'Arpajon, à la construction d'une batterie, qui, au point du jour, se trouva prête à tirer. Bientôt s'ouvre une hièche. Les débris s'amoncellent dans le fossé ; encore (|uelques coups de canon, encore quelques fascines pour le combler et donner libre accès dans la place. A cette vue, la garnison capitule, demandant vie sauve, le 23 juin -'. Le lendemain, le duc de Longueville va luimêmereconnaitre les abords de Lons-leSaulnier. Après quelques volées d'artillerie, le régiment de Normandie, commandé par Guiti-y, lente l'assaut. Le capitaine La Faveric s'élance avec les enfants perdus ; mais cette atta(|ue prématurée échoue. Arj)ajon consacre la nuit aux |)r('|)ai-atifs d'une vij^oureuse offensive. Le régiment d'iùigliien prend un fort extérieur; celui de Normandie pénètre dans le faubourg, auquel les assiégés mettent le feu en se retirant. L'incendie gagne la ville.
1. Le marquis de Contl;ins faillit être pris. On raconte qu'il fut surtout marri d'avoir pcidu <> sa vaisselle d'argent et son équipage, dont les nostres s'accuiiiodèrent » {Mercure frcinrain!. I.e marquis de (ionllans, de la Maison de VVaticville. maréchal de camp, commandait pour le roi d'Kspagne en Franche-Comté. Il possédait la confiance du cardinal Infant. Il fut un des premiers organisateurs de la résistance durant l'invasion française. C'est lui qui délinit le vieux maréchal de la Force en quatie mots : « Calviniste, vieillard, déliant, rusé. ■■ 11 disait que la princi|>ale affaire, en ces temps difficiles, était d'acquérir l'alTection des deux principaux seigneurs de Franche-Comté, le marquis de Varamhon Christophe de Hje) et le haron de Scej-, et n qu'il les falloil prendre à la mode du temps, scavoir par leurs intérests ». Lors de la déclaration de guerre à l'Hspagne, en l(i35, il préconisait en Franche-Comté la levée de troupes .. alin d'avoir un corps d'armée considérahie ipii feroit penser aux Frant-ois avant que de rien entreprendre et quelque part qu'ils sadreèsassent... » Ouand, à la fm du siège de Dùle en 1<;:}(;, mourut l'octogénaire l'erdinaml de Hyc, archevêque de Hesancoii, qui, avec le Parlement de D»')le. partageait le gouvernement de la Comté sous le contrôle du cardinal Infant, celui-ci voulut faire choisii' Conflans pour nouveau gouverneur. .Mais Conllaus n'étant pas Bourguignon, on lui préféra le marquis de Saint- Martin, capitaine des gardes de iliit.iiil. d'ancienne noblesse \)ouvguignoiuie.
Jean-Ba|)liste de la Baume, haron de Montmartin, marquis de Saint- Martin, né en l.'iS:! Fils d'Antoir)e de la Baume, marquis de Saint- Martin, et de Nicole de Moidmartin.
2. (iazelle extraordinaire du ti juillet HiH7. Mercure fram-nix. ICS?.
68 LE MAnKCHAL DF GUEBRIANT
L'artillerie française tonne sans discontinuer ; celle de la place répond avec fureur ^ On va donner un nouvel assaut; les fossés sont déjà comblés par l'écroulement des murs et les fascines qu'on y a jetées. Les soldats impatients s'élancent enfin contre la brèche mal ouverte et réussissent à pénétrer en ville. Le sieur de Raincourt, ([ui commande la garnison, recule dans le château, rompt le pont-levis, espère se défendre ; vain espoir ! La nécessité le force bientôt à capituler. Les soldats de Longueville se livrent alors au pillage du couvent des Cordeliers, ayant appris que la plupart des habitants y avaient porté ce qu'ils avaient de précieux. La Gazette de Renaudot excusera cet acte d'indiscipline en disant : « Les soldats aimèrent mieux piller ce qui estoit dedans que de le laisser brusler^. « Par le sieur de Mainville.le Roi reçoit cornettes, enseignes et guidons enlevés à l'ennemi-^.
Pendant l'attaque de Lons-le-Saulnier, le sieur de Saucourt, capitaine de cavalerie, s'emparait du château de Chilly. L'armée victorieuse continua la campagne, enlevant peu après Crèvecœur, l'Estoileet l'importante place de Savigny, défendue par 200 hommes, et que l'ennemi avait conquise l'année précédente '. La sagesse exigeait l'occupation des petites places avant de songer à de plus grandes entreprises.
Le comte de Guébriant, parti de Gex, le 23 juin, prend contact avec Longueville, le 2(3, à Lons-le-Saulnier ; il amène avec lui 3.000 hommes de pied et 500 chevaux. Les troupes du prince sont de 6.000 fantassins et de 4.000 cavaliers environ. Le tout forme deux armées relativement faibles ; mais la France a jusqu'à 17 armées alors sur pied, plusou moins grandes, d'un effectif total qu'on peut évaluer à 150.000 hommes
1. D'Arpajon et les sieurs de Rébé et de Ved.iine y furent blessés.
?. Gazette extraordinaire du tJ juillet 1()37. Mercure français, 1037.
3. AIT. Étr., France, V. 1.579-ir>y. Longueville à Richelieu : camp de Lons-le-Saulnier, 27 juin 1(537. Gazette extraordinaire, du fi juillet 1637. Mercure français.
i. PJile se rendit en six jours, et le sieur Piolins alla en porter la nouvelle ,iu Roi. Gazette extraordinaire du 13 juillet 1637, n" loi.
DE I.A \ AI.TEI.INi: KN KM ANCIIE-COMTK 61)
ail moins'. Aussitôt arrivé, Ouébriant lance des escadrons aux rensoi<^nements, puis, tiès le jour suivant, assiè<>e Monlai^u, j)lac(3 forte assez proche de Lons-l<;- Saulniei-, sur une hauteur, entourée de bonnes murailles et de bariicades, que défendent 100 hommes de la meilleuiv milice du j)ays, nombre de l)oui'<j;eois et de paysans en armes. Le régiment de \ andy fait, de nuit, son logement dans le faubourg, et réussit à ce point (|u"a])rès avoir résisté bravement tout un jour, la garnison o-ay^ne le château, laissant la ville en llan'.mes-. On éteint le feu; (luébriant bat le château; mais la poudre vient à man(|uer ; n'importe, on emploie la sape. Accom|)agné de (juelcjues intrépides, au nombre desquels se trouvent Canillac, Montausier, Sandre, Uoque-Servière, le comte de (luébriant atteint le pied des épaisses murailles. L'action devient encore j)lus chaude, tout à fait inégale contre un ennemi cjue les remparts mettent à l'abri du tir. La valeur y supplée! Le baron de (-anillac par deux fois grièvement blessé refuse de se laisser emporter; M. de Sandre tombe raide. A l'aspect d'adversaires aussi résolus, et ceitains, d autre part, tie ne j)ouvoir se maintenir longtemps, les assiégés préfèi'cnt capituler : les citadins et paysans à la merci du vain(|ueur ; les soldats avec promesse de sortir en armes, mais sans bagages, pour gagner une place de leur parti ; c'est le 28 juin. Ils sortirent en effet, conformément aux conventions, mais furent promenés, et finalement atteignirent un jour Perpignan. Par l'arrivée de trois drapeaux saisis. Longueville apprend l'heureux événement '.
1. AIT. Élr.. France. V. 828-265. État dfs troupes pour lt;37. Cet état met à 4. sou homines l'effectif des fantassins de 1 armée de la N'alteline, mais une partie des troupes de FUjhan était passée avec le sieur de Lecques en Italie, conune on la vu plus haut. On ne peut pas admettre comiiie absolus les elïeclifs donnés par les états, a^sez mal faits, variant de 1 un à l'autre.
2. Le lieutenant de Neufville reste mort ainsi qu'un certain nombre de soldats ; le capitaine de Maricourt est blessé de quatre coups de mousquet.
3. Le sieur Le Bourguignon les porte à Longueville, qui les adresse au Hoi.
Jlist. du maréchal de Guébrianl, parJ. Li: Lauoukeuk ; Gazelle de France
70 Lli MAlîECllAI. Dli GL'KHHIANT
A la Cour ])arvieiiM<Mil à peu près en même lemps les nouvelles des succès remportés par le duc Bernard sur Chailes de Lorraine et de la prise de Moutaigu. Tout joveux, de Noyers écrit au cardinal de la N'alette : (( M. le duc de Weymar... tient mil prisonniers, dans lesquels il y a force colouels et officiers de Mercy, cinq ou six cens tuez surplace, beaucoup de canon pris..., ^I. de Guébriant a pris Moutaigu, qui vaut bien Lyonle-Saulnier (sir), qu'a pris M. de Longueville. Tout va assez bien, grâces à Dieu'... » Le même jour, il félicite Guébriant et l'assure qu'il le fait valoir auprès du Roi et du cardinal'. Quinze jours plus tard, le 17 juillet : « Je suis ravi, lui écrit-il encore, de voir toute la Cour extrêmement satisfaite de votre conduite, et que vos amis se trouvent quittes de ce qu'ils avaient promis de vous au Roy et à Son Eminence. Ainsi, Monsieur, nous n'avons qu'à continuer et à remercier Dieu du succès qu'il donne à vos soings et à vos travaux, dont j'espère que nous verrons des fruicts à l'advenii- tels que de si bons et si heureux commencements nous doibvent faire espérer...» Il doit savoir que Salins est la place « la plusconsidéréepardeçàw.Les ennemis, désespérant, diton, de sauver la Franche-Comté, vont tourner leurs efforts du côté de Flandre, pour gêner le maréchal de Châtillon et le Jsiège de Landrecies, entrepris par la N'alette. «C'est à vous, ajoute-t-il, à profiter des avantages que la conjoncture des affaires vous donne et ne laisser reprendre cœui' aux habitants'^ »
Les ennemis sont installés entre Poligny et le château de Ruffey. Telle est la nouvelle que des prisonnieis apportent à Longueville. Aussitôt, le 13 juillet, le prince lève le camp de Savigny, et à la tête de 1.2(J0 chevaux et de 800 mousquetaires, il marche sur
extraordinaire du 13 juillet 1()B7. Relation \ Mercure français : Mémoires du cardinal de Richelieu.
1. Aubery, t. III, p. 42H. De Noyers à la Valetle : Rucil, :5 juillet lfi37.
2. Bibl. Nal.. 500 Colbert, V. 108-3, et Archives Uotruu. De Noycr^7 à Guébriant ; Rueil, 3 juillet 1637.
3. Bibl. Nal., 5(J<i Colbert, V. 108-7, et Arch. Rotrou. De Noyers à Guébriant; Rueil. 17 juillet 1037.
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eux. Mais les ennemis avertis se sont déjà retirés entre Salins et Besançon. Lon<çueville se contente alot's de rcconnailic on pcisonne les abords de iileltcrans, de Polign\('t (TArbois, jn^cant (jue la prise de ces trois villes (Herail délinilivement aux Lorrains l'idée de s'aventurer en Bresse et pays voisins. A\«'c toutes ses troupes, il va camper aux environs de ("-onliè«^e, d'où, le lendemain 1(5 juillet, il court assiéger Orgelet, « d'autant plus allègiement suivi de ses soldais, dit la Gazette, qu'ils se sont fort enrichis à la pi-ise de Lons-le-Sanlniei' ' ».
Alors commence une succession d a\antages joiirnaliei's : Orgelet, Moutonne. l'iinoiin, La Tour du Meix, Cliàteau-Clialon, Saint-Laurent de la lloclie ouvrent leurs portes sans grande résistance.
Le siège de Saint-Laurent de la Rocbe fut le plus important. Averti, par tles lettres trouvées sur un paysan, (le l'état précaire dans lequel était celte |)laee, Longueville y dé[)ècha le sieur de N'erlot, mestre de camp, à la tète de 4U0 hommes choisis. Lagai-nison abandonna la ville en y metlanl le feu et pénétra dans le château. \erlot dépécha vers Longueville, ([ui vint camper avec toute l'armée au pied de l'éminence oii se dressait ce château. Accompagné de M. d'Arpajon et malgré le tir, le prince voulut reconnaître lui-même les abords de la position. Le même jour, 25 juillet, M. de Beauvaisis, capitaine commandant le régiment de Normandie, commença les approches. Knghien, Montausier, Uébé, Melun, Serres, \ andy et les six nouveaux régiments de Normandie se relevèrent successivement pour le même travail, si bien qu'après 16 jours de siège, les ennemis tléciméspar la peste, réduits à 48 hommes, sans eau, sans espoir de secours, caj)itulèrenl, et sortiren le lendemain, iO août, jour de la fêle de Saint-Laurent. La prise de cette place ouvrait le chemin de Poligny -.
l.r.azelte .lu is juillet 1(1:^7. N" 104. De Chalon, 12 juillet Hi'M.
2. Gazelle extraordinaire du 18 août 1()H7. N» 122. lielalion: Gazelle du 22 août ltiH7. X» 124. De Chalun. lo aoùl 1037.
Le sieur de Toulunfreon. enseigne au ré^imenl de Norinaiulie. couriil aunoneer la nouvelle à Sainl-Germain.
Le duc Charles, le marquis de Saint-Martin et le général-major G aspardVleMercy avaient alors 4. 000 hommes à peine en Franche-Comté, et n'attendaient plus aucun secours important de Brisach, comme ils s'en étaient leurrés. Us pensaient être obligés bientôt de se tourner contre le duc Bernard, l'annonce de son imminent passage au delà du Rhin impressionnant à ce point les Impériaux qu'ils ralliaient en toute hâte à Constance les garnisons duTyrol K
Les succès des troupes françaises continuent. Elles prennent Publ\,Uuarges, Présilly, Beauregard. Binanle château de Jousseau, très fort avec son excellente contrescarpe, ses (|uatre grosses tours, son fossé d( 8 pieds d'eau, mesurant 4 l<uses en largeur; ces diverses places avaient plus ou moins d'importance, mai formaient dans leur ensemble un dangereux réceptacle de soldats que l'on eût plus justement nommés des maraudeurs et des brigands. L'armée royale arrive ainsi sous Bietterans ; 50 prisonniers qu'elle fait aux alentours la renseignent sur l'état delà ville 3.
Malgré les avantages d'une brillante campagne, les l'rançais étaient dans une situation assez précaire. Les maladies sévissaient; l'artillerie ne suivait que difficilement, faute de chevaux ; les vivres manquaient. M. de Chambois, aide de camp de l'armée, fut chargé d'expliquer à Richelieu que, sans ces gros inconvénients, Longueville saurait « plus continuellement entreprendre ». Il est impossible de s'éloigner des frontières ; de temps à autre on doit accorder du repos aux troupes, reconstituer l'artillerie et les approvisionnements, établir des campements larges et en changer « continuellement l'assiette pour éviter la contagion qui est si générale dans le comté, écrit le prince, qu'il n'y a ville ou château que nous prenions qui ne renouvelle