‹ Le Maréchal de GuébriantChapitre 3 sur 159 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Dans sa Gazelle du ."> décoml)re i(\\''\, riirophrasle Hcnaudot annonrait au ^rand public fraMç;ais (jue le comte de Guébriant était décédé le rî4 novembre, huit jours après avoir perdu un bras à Rottweil, a avant jusquesà sa iiiorl tousjours vigoureusement agi de l'esprit pour le bien et seureté de l'armée du Roy, avec une force de jugement non moindre que s'il eust esté en parfaite santé ». Puis Henaudot terminait l'éloge qu'il consacrait à ce personnage en rappelant que de « signalez services lui firent enfin avoir le baston de marescbal do France..., lequel il n'a quité qu'avec \o bras (jui le souslenoit et la vie qu'il a sacrifiée pour le service de son prince ».

C'est la brillante carrière de l'illustre marécbal de Guébriant que nous étudierons dans ce troisième et dernier volume des Episodes de la guerre de Trente ans.

Dans nos précédents ouvrages, nous avons retracé la vie du cardinal de la Valette et de Bernard de Saxe- Weimar. Le premier, fort peu ecclésiastique, doué de belles qualités militaires, se montra bon gêné-

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rai. Le second, soldat de race et de profession, né, pour ainsi dire, dans le métier des armes, imbu des souvenirs guerriers de ses ancêtres, parvint jeune encore à la gloire. Guébriant, soldat de race également, initié, dès son jeune Age, aux actions des chevaliers de sa vieille Bretagne, de messire du Guesclin, son fameux parent, vécut la vie des champs de bataille, que de nombreux succès couronnèrent, et atteignit le faîte des dignités.

C'était en ces temps critiques où, dans l'Allemagne en révolution, dans l'Europe en feu, l'épée se mettait d'elle-même à la main de ceux qui avaient du cœur et de l'audace, qui aimaient les aventures ou rêvaient de hautes fortunes.

Guébriant fut un modèle pour toute cette jeunesse qui débuta dans la carrière des armes à la fin du règne de Louis XIII, et donna tant d'éclat à celui de Louis XIV. Sa vie n'offre pas de points saillants comme celle de Bernard de Saxe-Weimar, dont il fut quelque temps le bras droit, l'ami, le confident. On n'y voit pas une bataille de Wittenweier, une victoire de Rhinfeld, un siège de Brisach. Néanmoins le vainqueur de Wolfenbuttel et de Kempen est une des belles figures de la période française de la guerre de Trente ans, un des plus grands capitaines du dix-septième siècle, au cours duquel brillèrent les Turenne et les Gondé.

Jean-Baptiste Budes, maréchal de Guébriant, porteur d'un nom essentiellement français synonyme d'honneur et de vaillance, était un de ces preux qui, par leurs actes, ajoutent à la grandeur d'un pays.

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