‹ Le Maréchal de GuébriantChapitre 30 sur 159 · Gazelle du 0 février H33S, n° H · texte numérisé non relu

Gazelle du 0 février H33S, n° H

Feuquières dut également s entretenir avec le prince de la campagne prochaine et chercher les moyens de l'entreprendre de bonne heure.

A ])eine l'ambassadeur s'est-il retiré que le duc Bernard, peu satisfait de ces pourparlers, s'adresse encore au Roi. S'il veut une diversion en Allemagne ou sur le llhin, qu'il lui en donne les moyens, c'est-à-dire de l'argent pour remettre l'armée en état de servir, et un renfoft de 2.000 chevaux et de 6.000 hommes de pied arrivant au plus tard dans un mois. On discute longtemps. Finalement le Roi accorde une somme d'argent, et promet qu'au printemps une armée puissante ira seconder les vues du prince. Et même, afin de lui permettre de faire « une entreprise de grande conséquence », on feindra l'attaque de quelque place de la Franche-Comté, pour attirer de ce côté les forces ennemies et le dégager d autant i. Bien que l'exécution de ce plan ne soit pas aisée, Louis XIII veut lui témoigner qu'il n'y a pas de difficultés lorsqu'il s'agit de lui donner assistance. Après examen de ce qu'on pourrait entreprendre dans la Franche-Comté pour le moment, il semble n'y avoir apparence de succès que sur Yesoul : le Roi s'arrête donc a l'idée de l'attaquer, et en confie le soin à M. de Guébriant, alors à Paris, « en la valeur et capacité duquel Sa Majesté prend une particulière confiance ». On formera un corps de 2 ou 3.000 fan- | tassins et de 7 à 8.000 chevaux, avec lequel ce général entrera dans la Franche-Comté lorsque le duc Bernard « luy mandera qu'il sera à propos ». 11 avancera « avec petardz et eschelles » pour ne laisser aucun doute sur l'intention qu'il a d'enlever un château de la frontière; il s'éloignera autant qu'il le pourra de la route de Vesoul, cachant ainsi son vrai but, puis il tournera brusquement contre cette place, et tâchera de s'en rendre maître par surprise. S'il n'y réussit pas, le Roi lui permet de faire un siège en règle en utilisant le canon de Langres et de Chaumont. Présentement M. de Gué-

1. Bibl. Xat., fTr., V. 37tî7-47 : Richelieu à Weimar ; Rueil, 15 février 1638. Post-seripium.

Page 1