Gazelle du S mars \<'A2, n° 31. De Lyon, 2i février 1(U
Au cours (le cette campagne, la conjuration de Cinq-Mars aj'ant été découverte, le marquis de Cinq-Mars et de Tiiou lurent arrêtés et exécutés, t^ariant de Cinq-Mars, le Roi écrivit à CuéJjrianl : « Je découvris qu'il éloit favorable à tous ceux qui éloienten ma disgrâce et contraire à ceux qui me servoient le mieux: qu'il improuvoit continuellement ce que je faisois de plus utile pour mon état... » (Le Larourelr).
2. Arcli. Nat., Carton K !M)9, n" 198. Le Roi à Condé ; Lvon, 28 fév.
KE.MPK.V ET r,!:; BATON l)K M.\Hi;( Il \[. L'f.I
|);ii\ |)iil)li(|iie et \c soiila^enienl do nos siil)j(«l/. ' »...
Ja'. comte (le(iiMil)iiaiil reiiil peu à |)< mi dr m •inl>i( Mise s lettres de félicilalions. « Je peux hicn \niis dire, lui cc'i-it de XoNcrs, cjue eelui-la ii esl pas mal noiiIii du ciel <|iie Dieu couromie de si <>;i-aiid<'s Ix'îiiediclidiis dès le commeiicemeiil de son généralal. lU ceilainemeni, Monsiem-, il n'y a peisoime à la (loue (pii ne vous estime; le j)lus heureux giMililliomme de ceux (|ui commandent l(3S armées du ]»i»i, d'aNoir su user a\<'c lant de ju^fmeiit et travanla*.^e d<* l'occasion (pie Dieu nous a misiî en main -. » De Xaihoiine, le IT) mais, LouisXIlI écrit aussi au \aiii(pieui- deKenipeii: "Apiés l'assistance de Dieu, ce glorieux el impoilanl succès est tlù à vos généreuses résolutions et à \(»lie grande conduite; ayant si bien su prendre \olre leni|»s et vos avantages, que vous ave/ absolument détail les ennemis, pris leur généial et tous les principaux officiers de leui- aimée [)risonniers, a\ ec tant de drapeaux el de coinettes, (|ue l'on ne peut obtenir une victoire plu^ accomplie. \'A parce (pie vous mar([uez que la plu])art des officiers généraux de mon armée et des chefs et officiers des tiou[)es s'y sont signalés, je désire que \ous leur témoigniez (jue j'en conserverai le souvenir pour les en reconnaître en tout ce qui s'offrira |)our leur bien et avancement -^ ».
Les succès engagent à de nouveaux sacrifices. En date du même jour, le Roi prévient Guébriant qu'on luienxoie l'argent de deux montres, (ju'on va lever des troupes en Alsace, avec l'aide des barons d'Erlach et d'Oysonville. Le régiment de feu le coh^nel Mu lier deviendra Ciuébriant, et \^'atI•onville s'a[)pellera Tracy ; Jeune llosen sera traité en vieux régiment ; le colonel
1. Arch. Nat., Carton K 1)99-197 et2(K). Lyon, 23 tevrier 1042.
2. Bihl. Nat., ."jdi) Colbert, V. l(t8-!)9, et" Arch. Rotrou. De Noyers à Gu(!'l»rianl ; Lyon, 18 février Ui42; cité par Le Laboureur; [Jilil. Nat., r>()() Colbert, V. llC>-2r), et .\nli. Rotrou; cité par Le Laboureur. Richelieu à Guébriant; Nevers, 10 lévrier 1(142 ; Bibl. Nat., ."»on Coll)ert, V. 108-9.">, et Arch. lioliou : cité par Le Lalwureur. De .NHyers à Guébriant; Nevers, 10 février 1042 ; Bibl. Nat., .ViO Colbert, \'. 114-2.-), et .\rch. Rotrou: Cliavigny à Guébriant ; Lyon, 24 février U'>\'2.
3. Le Roi à Guébriant ; Narbonne, l."» mars 1(>42; cité par Le Laboureur.
262 1-fc: MAHECllAL DE (^L'EBUIANT
Sclinutlberg devient généial-iuajor. Messieurs de FlaiicourL, de Gruyères etdeGeritz, pour leur J)elle eonduite, recevront une pension de 2.000 livres chacun '.
^'oulant utiliser sans retard Teffet que produit la journée de Kenipen, le comte d'Avaux donne l'ordre à M. de Beauregard de faire aux tlucs de Brunswick de u bonnes renionl lances... contre la négociation qu'ils conlinuent amoureusement avec le Roy de Hongrie» (l'Empereur . Buis, de Hambourg, le 25 février 1642, il donne certains avis à Guébriant : Ferdinand va renforcer llatzl'eld de G régiments de l'armée de Piccolomini, et de 4, de celle de Franz-Albert de Lauenbourg; il fait instance auprès du duc Charles pour avoir également le concours de ses troupes; l'archevêque de Cologne réclame énergiquement un secours. En somme, dit-il, je vois qu'on vous prépare des « affaires de tous côtés. Je ne manque pas d'en écrire en France... Au reste, ajoute-t-il en terminant, vous avés plus avancé la paix {[ue ny M. Salvius ny moi ». La Cour de Vienne se montre plus accommodante depuis la défaite de Lambov ■-.
11 était de toute nécessité de mettre en lieu sûr les prisonniers de marque dont la présence à l'armée ne pouvait être qu'embarrassante. Du reste, comme ils l'avaient fait pour .Jean deWerth, après Bhinfelden 1638, les Parisiens réclamaient Lamboy comme preuve indéniable de la victoire de Kempen. Guébriant enverra une personne de confiance aux Etats de Hollande et à -M. le prince d'Orangé, auxquels la Cour écrit directement pour demander un « bon vaisseau de guerre » devant liansporter les prisonniers en France, « avec l'escorte convenable à la seure conduite d'un depostde cette conséquence ». 11 verra donc avec eux, par son intermédiaire, à quel moment les envoyer, et quelle
1. Bibl Nal., .'>00 Colbert, V. 10!J-<J(>-67 et Arcli. lUjlrou. Le lîoià Guébriunl; Narbunrie, 15 mars 1642; cité par Le Laboureur.
2. bibl. Nat., .JOO Colljerl, V. llS-21, et Arch. Rotrou. iJ'Avaux à Guébriant ; Hambourg, 2ô lévrier 1642; cité par Le Laboureur.
KKMPKN ET LH BÂTON iiË MARKCIIAL JÎ^S
Hcra (< la l'oiiiic de ce coiivoy ». (loi iiilci'iiK'diaire s'adressera loiil dahord à .\1. de la Thiiilerie aliii d'agir ((. par liiy et par ses conseils », et pom- rendre à (('t ambassadeur « ce qui lui est deu • ». Lallaire Iraina cependant en longueur, et le 5 mars, le comte d<; (^lia- \ igny était amené à traiter encore cette question. « Monsieur, écrivait-il à (luébriant, l'on sera icy i)ien aise d'y voir au plus tost les plus belles mar(|ues de la \ ictoire (jue nous avés obtenue sur les ennemis qui sont le général Lamboy et tous les osHciers qui ont esté pris avec. Le Roy envoyé une personne espresse en llollanile pour prendre soing de la seureté tle leur passage par les tei'res de Messieurs les J']stats ''. »
En mai, lien n'est encore organisé, (iliavigny écrit alors coup sur con[) à (ruébriant. Le 2, il le prévient (pTon renvoie en Hollande un nomme Daridol porter les ordres du lloi à M. de la Tliuilerie, « asiin qu'il adjuste entièrement ceste asfaire -^ ». Et le 4, également de Narbonne : c< \'ous pouvez, ce me semble, lirer parole et promesse par escrit du général Lamboy et autres qu'ils n'essayeront en façon ([uelconque de se sauver par les chemins, quand on les emmènera icy, dans le pais soit des ennemis, soit des amis ondes neutres... En tous cas, vous donnerés charge de leur conduite à des personnes (pii debvront donner bon ordre et les pertlre sajis tlilTicullés, s'ils essayent de se sauver ^... »
Le baron de Lamboy tomba dans un désespoir pro-
1. Bibl. Nat., âoo Coll>orl, V. 1U8-'j7, ot Arch. Holrou. De Noyers à ( iiiébrianl; Saint-Piene-lo-.Moiislier, Il lévrier 1()42 : cité par Le Laitoureui-.
• -2. Bil>l. Nal., .■)(»! C'.olbtMl, \'. 114-27, eL Arch. Rolrou. CiiavijuMiy à (iiiébriant; Avignun, '> mars 1(542.
C'est le sieur Uaridol, au service de Cha\ igny. Il avertira Guébriant (le son arrivée à I.a Haye et » verra avec iM. de la Tliuilerie à prendre toutes les précautions nécessaires sur le sujet avec M. le Prince il'Orange et Messieurs les Kstats >■.
nibl. Nat., :>00 Culberl, \ . lUll-6."), et Arch. Holrou. Le Hoi à Guébriant ; Lunel, S mars U)42.
:{. liibi. Nat., hW Colberl, V. I14-:«, et Arch. ilotrou. Chavigriy à Out> briant ; Narbonne, 2 mai l(i42.
4. Bibl. Nat., ."^OO Colbert, V.lH-a.'i, et Arch. Uotrou. Chavigny à Guébriant ; Narboiinc, 4 liiai l(i4'i.
2fi4 LE MARECHAL DE GUEBRL\NT
fond en apprenant ([u'il irait à Paris, et Guébiiant dut le consolei" de son mieux. Le caractère d'un chef, lui disait-il, se reconnaît dans le niallieur; il faut être audessus de la mauvaise fortune. « Je vous ai fait prisonniei"... ; il pourra se faire que vous ave/ un jour le même avantage sur moi. et je ne croirai pas avoir perdu riionnenr avec la liberté, si je me défends comme vous l'avez fait... » Mais un pareil discours ne sut convaincre le général des Impériaux ; car il est facile de parler ainsi lorsqu'on n'est pas sous le poids des événements fâcheux. Tous les détails ayant été réglés, non sans peine il est vrai, entre la Couronne et les Etals (lénéraux, concernant la garantie du transfert de tels prisonniers à travers les Provinces-Unies et de la frontière jusqu'à F^aris, les généraux de Lamboy, de iNIercy et de Lodron ainsi que nombre d'autres captifs partirent sous bonne escorte. Le 13 juillet, ils abordèrent à Dieppe sur deux vaisseaux, et logèrent au château de cette place. Cinquante cavaliers, commandés par ^I. de Petilpuys, les menèrent jusqu'à Saint-Denis, où le bruit de leur arrivée avait fait alfluer quantité de carrosses et de gens de toutes les conditions. Ce même jour 24 juillet, après avoir déjeuné à Saint-Denis, ils touchèrent au terme de leur triste voyage. Le donjon de \ inceunes s'ouvrit devant eux ; ils allaient y trouver, dit la Gazette, « toute l'honne^te liberté que peut souffrir la seureté de leur garde ' ».
Durant leur captivité et sur leur demande, Anne d'Autriche permit aux trois généraux de s'occuper de leur rançon. Elle autorisa même le baron de Mercy à (juitter N'incennes sur parole, afin d'aller solliciter la pitié des leurs, mais à la condition expresse d'ètr^ revenu au bout d'un mois — du 15 mai au 15 juin 1643. Le Uoi abandonna la rançon des trois généraux au maréchal et à la maréchale de Guébriant, avec faculté d'en fixer le taux. Les prisonniers offraient de se racheter par des sommes en rapport avec la charge dont ils étaient pourvus ; on s'en remit au dire d'arbitres : don Fran-
1. Gazelle extraordinaire du l'^' août lGi2, n" 97, Helalion,