Jlisl. du maréchal de Guébriant, par Lk Laboureur
KEMPKN ET LE BATON DE MAliKi MAI. 2S1
Le 27 juin, le |jriiice d'Orange vint de lihinherg à Urdingen |)Our visiter Guébriant, qui l'accueillit avec de grands honneurs. I/armée française se tenait en bataille, — 8.000 chevaux en 30 escadrons, 7.000 fantassins foiinant 11 brigades d'inl'anlerie. — ]>e tlelilé eut lieu, escadron par escadron, brigade par brigade, devant le prince, qui marqua la plus grande admiration pour de si belles Iroupi^s '. Tant (jue les espagnols seront au delà de la Meuse sans faire entrevoir leurs desseins, Guébriant ne peut déloger ; d'autre part, le prince d'Orange ne saurait aNaucer plus loin sans entrer dans le pays de l'électeur de Cologne; or il n'est pas en guerre avec l'Empii-e : tous deux espèrent que le comte d'Harcourt attirera a lui une partie des Esj)agnols. Un long mois se passe dans une attente inutile ~. Le Stathouder a permis l'usage d'un pont qui donne à Guébriant la facilité d'assurer ses fourrages ; aussi les Français attendent-ils à Urdingen « tant pour maintenir la réputation des armes du Uoy que pour estre d'autant mieux à commodité d'avoir l'ieil à toutes les places conquises », écrira le maréchal. Il a pu les ravitailler sans être troublé par l'ennemi ; mais il est toujours à redouter que le comte de Fontaine ne se joigne aux Impériaux pour agir subitement ; le prince d'Orange estime (|u'il est à propos de rester dans les postes actuels jusqu'à ce que les grains soient mûrs ^'.
Constatant le bon ordre qui règne parmi ses adversaires, et l'appui que ne ménage pas le Stathouder, don Francesco de Mello, ne voulant pas risquer la vieille milice des Pays-Bas, retourne enlin dans les Etats es-
1. Ilist. du maréchal de Guébriant, par J. Le Laboureur; Der General Ilans L. von Hrlach, parle D'' Arc. \ on Gonzencach; AfT. Elr., France. V. 843-107. Chavigiiy à (Richelieu); La Charité, l'U juillet 1(;42. <- M. le prince d'Orange et .M. le maréchal de (juébriant se sont vus et se sont séparés très satisfaits de part et d'autre. »
2. .\IT. Etr., Allemagne corresp. \'. l<;-.")i:5. duéltriant à de Noyers ; camp d'I rdingen, 1" juillet 1642.
;{. AIT. Etr., Allemagne corresp. V. It;-."»!;». Guéhriaid à de Noyer.- ; camp d'L'rdingen. I^juillet lo42. ChilTrée ; \Û'. Klr...\llemagne cctriesp. V. 10-518. DéchiP're de la même lettre.
282 LE MAIŒCIIAL DIù GUEBRIANT
pagiioJs, laissant en arrière le comte de Fontaine pour soutenir le moral de l'archevêque de Cologne K Orange, Eberïitein et Guébriant tiennent conseil ; ils ne resteront pas plus longtemps dans rinaction et s'approcheront de l'ennemi. Mais avant d'exécuter ce plan, le maréchal réunit ses officiers, pour connaître leur sentiment, une belle marche jiouvant déterminer une action capitale. Chez tous, c'est « une bonne louable résolution, dit-il, sur laquelle j'estime qu'il y a lieu de s'assurer pour une grande action ». Aussi partira-t-il dès le lendemain, 7 août, sur les 4 heures du matin ~. Quelques jours plus tard, le comte de Chavigny écrira : « M. le maréchal de Guébriant me mande qu'on ne peut pas agir plus fiancliement et avec plus d'affection pour servir le. lloy que M. le prince d'Orange a fait avec luy, et M. de la Thuilerie confirme la mesme chose '■'. » A la Cour on ne crut, pas à la préparation d'une action bien sérieuse. Fontaine ayant des eflectifs inférieurs à ceux de ses adversaires ; il restera, disait Chavigny, dans le poste qu'il occupe avec ses 10.000 hommes''. Bien qu'en pays ennemi, bien qu'environnée de forces respectables la menaçant continuellement, l'armée royale était néanmoins en grande sécurité à Urdingen : la circonvallation de son camp atteignait cinq mètres de hauteur ; plusieurs forts s'élevaient çà et là. La nuit, gardes et sentinelles veillaient dans tous les ouvrages et môme à grande distance sur les collines des alentours -K •
1. A la fin de juillet, les Impériaux et les Bavarois étaient encore à Zons, et les Kspairnols, avec Fontaine, sur la Meuse.
2. AIT. Elr., .\llemagne corresp. V. Iti-ôSl. Guébriant à de Xoyeis ; canij) dUidingen, 6 août 1642.
8. Aff. Elr., France. V. 848-277. Chavigny à... ; Chantilly, 2(5 août 1642. 4. AIT. Elr., France. ^'. 843-179. Chavignv à de Noyers; Paris, 9 août lfi42.
ô. Gazelle du 9 août 1(;42, n" 102. De Cologne, 27 Juillet 1642.
cil AIM'Ilii: X LES 1)i;i<mi:m.s M(»is me 1642
I..I Cmir croit r.iiiiiéo (l'Allcinai^iic pourvue du néct's?jaire. — Comiiieut faire des levées dans les réf,Moiis (ju'occupi! l'ariiiée ? — Les trouppri î^e plait;nent. — Jean de WerUi échangé contre le maréchal llorn. — Discussions avec le prince d'Oransje sur les ([uartiers h prendre. — ('iuél)riant franciiil le IJhin. — Vicloire de Torslenson à llrcilenfeld. — Allaipie et prise de Leipzig par les Suédois. — Guélirianl et Torslenson. — Les l"'ran»;ais se séparent des Suédois par iiidrc du Uoi. — Projet de renfoncement de l'aiméo. — Mauvaise humeur des ducs de 15runs\viclv contre (juébriant. — Mort du cardinal de liic.helieu, — Le (-ardinal .Mazarin au pouvoir. — Notice sur Mazarin. — Ciuébrrant se porte en Franconie.
Les blés élaiciil ciiliii miirs; le maréchal, {(ui jiis- (|ii'al()i'S avait nourri s(;s lioupos à l'aide de c-on\ ois lires de llhinl)ero-, leva sou cauip (rCrdingen le 7 aoiH ; le comte de Slirou, avec l.OOO chevaux, couvril la marche du côle des Espagnols, })ar ordie du prince d'Orange. ()a aiii\a le même jour, vers midi, à IloUun. Va\ Irois jours (iu('l)riant s'y iortilia : di.\-se[)t i)aslioiis, des retranchements, tie fortes palissades défendirent son camp. On trouvera facilement sui- j)iace du blé et du fourrage pour quelque temj)s, puis on s'éloignera. Mais rennemi. plus audacieux (piOn ne le supposait, un jour tomba sur les fourrageurs avec 3.000 ciievaux. L'escorte de 500 cavaliers ne pouvant résister, il fit de nombreux prisonniers et enleva les approvisionnemeuls. Le comte de Guébriant courut à ses trousses et par^ inl à i-eparer une partie du maP.
1. Chantilly. Archives Condé. A. C. O \'ll-is|. Guébriant à de Noyers; camp d'IIoltun, 1") août 1(»42.
A la Cour on croyait l'armée d'Allemagne enfin pourvue au delà du nécessaire; on songeait même à lui laisser totalement la charge de sa subsistance, vu « les butins dont toute la terre parloit ». De Fontainebleau le t) août, de Noyers en écrivait au maréchal, et recevait pour réponse. d'Holtun, le 29 du môme mois : u Plût à Dieu, Monsieur, que j'eusse assez de crédit et d'industrie pour commencer par l'exécution du commandement que vous me faites qui est de soulager les finances du Roy, et de considérer mieux les intérêts de la Patrie que ceux des personnes étrangères qui ont jouy et possédé cet liyver des quartiers où elles ont naoé dans la richesse et fait des butins dont toute la terre parle... » Et après avoir relaté succinctement ce qu'a fait l'armée depuis le 17 janvier, date de la bataille de Kempen : « J'ajoute à tout cela, Monsieur, ce que je vous ay par cy-devant écrit, que, de toutes contributions dans le pays de Juliers et de Cologne, il ne s'est pas levé deux mille risdales : que, dans un mois, que nous avons été delà le llhin à attendre le pont, les plus riches ont eu bon loisir de se retirer avec leurs richesses au Rhin ou à la Meuse, et qu'ainsi le vray et seul profit des quartiers a consisté en bled, vaches et chevaux, dont l'armée a été nourrie et la cavalerie remontée au grand avantage du Roy. Que si le peuple de France pàtit et gémit quand on luy demande de grandes sommes nécessaires pour l'entretien de cette armée, on peut dire qu'il n'y a point de comparaison entre ce mal et celuy qu'il soutïriroit, si celles des ennemis étaient fortifiées d'elle, et si on avoit à les soutenir en France ; ce que je ne crois pas qu'il y ait lieu d'empêcher qu'en payant ce que l'on a promis à cette armée. » D'I'rdingen, Guébriant avait déjà parlé dans le même sens à Chavigny, le 22 juillet i.
Les lettres se croisaient entre le camp d'Holtun et de Noyers. Pour faire prendre patience à Guébriant, le secrétaire d'État prescrivait à M. de Tracy le paiement
1. Arch. l\olrou ; catalogue Monison, l. 11-211 ; llial. du inurédiul de Guébriant., par J. Le Labolbeur.
LES nERMF.RS MOIS DE 16^2 285
(l'une montre. « Nous continuerons à travailler à vos l'onds, disait-il au maréchal, et à oster tout sujet l«*gitime à MM. vos Allemands de se plaindre de leur traitement. » Kn voyant le [xmmI se dresser toujouis croissant devant lui, le maiéchal tlevenait de plus en plus pressant. Sa femme et M. de lîotrou étaient charj^és de le tenir strictement au courant de leurs tlemarches auprès des pouvoirs publics. « Soyez soigneux, disaitil à son lidèle secrétaire, de me mander toutes nouvelK's et ne perde/ point d'ordinaire... ({ue vous ne m'écriviez'. »
Auti'ement graves sont les décisions à prendre au point de vue militaire j)r()|)iemeiit dit. (iuébrianf prc- \ ient de Xoyers (|ue, ne pouvant plus tenir à lloltun, il songe à camper j)rès de Duren. Mais il ne pourra y rester non plus sans beaucoup de dommage si le prince d'Orange ne l'assiste, et si, du coté de la Fiance, sur la frontière de Picardie principalement, on ne retient absolument les I]sj)agnols. Il est en conjonction avec les llessois et la saison s'avance ; il pourrait en venir à une action capitale et avoir un succès contre les Impériaux et les Bavarois, s'ils ne se dérobaient continuellement, témoignant ne vouloir combattre. Deux solutions se présentent : descendre le llhin, le passer à W'esel, entrer dans l'I^mpire, oucamper provisoirement à Duren pour chercher ses quartiers entre la Hure et la Meuse, ainsi que dans le pays de Liège. Car en deçà et près du Rhin il n'y a plus de vivres que pour quinze jours. Si les Espagnols réussissent à se mettre avec les Impériaux et peut-être avec les Liégeois, le maréchal ne pouira se maintenir seul contre tous, et se verra forcé de marchei- par le Luxembourg à la Moselle pour, de là, retrouver le Rhin à Strasbourg et prendre ses quartiers dans le Wurteniberg et la Souabe. Il attend
1. Bibl. Nat., r)00 Colbort. V. 108-117, et Arch. Uotrou. De Noyers à Guébriant ; Verborie. 2!» août 1(>42 : Arch. Holrou. \. II-21(i. Guébrianf à Rotrou : cnnip litloltun, 9 septembre 1642: Bibl. Nat., ."(00 Colbert. V. 108-115, et .\roh. liotrou. De Novers à Guébriant; Cbantillv, 2(ianrit lti42.
2Sr. LE MARECÎI/VL PE OUEBltlAXT
donc les ordres du Roi '. Six joins après il écrit de nouveau, insistant sur les mêmes points "~.
La réponse de Sublet de Noyers ne mancjue pas d'être extrêmement intéressante :
« Monsieur,
« La meilleure et plus effective response que je puisse faire à la vostre du 9'' de ce mois est que M. le prince d'Orange nous assure, par l'ambassadeur de Sa Majesté, qu'il ne laissera |)as le comte de Fontaine en repos et qu'il lempescliera bien de vous tomber sur les bras.
« Que nostre armée occupera. Dieu aydant, bien rudement la principale armée d'Espagne.
« Et que. Dieu aydant, le fondz de vostre monstre vous sera fourny plustost que vous ne l'espérés, si l'on nous tient parole.
<( Pour ce qui est des postes que vous devés occuper, vous debvés estre assuré que l'on approuvera par deçà le choix que vous en ferés comme estant bien plus capable d'en faire le choix, estant sur les lieux, que nous de le vous prescrire en estant esloignez comme nous sommes. L'on laisse donc cela à vostre prudence et aux advis que vous aurés de la force des ennemis qui seront es lieux que vous prétendrés occuper.
« 11 me reste à vous demander l'éclaircissement d'une proposition qui nous a esté faite par M. de la Tuillerie qui est que, dans le besoin que l'on juge que vous debvés avoir d'Infanterie, l'on estime qu'il s'en pourroit lever par delà plus dilligemment et à moindre frais que si l'on vous en envoyait de deçà; mais M. de la Tuillerie ne s'explique point et ne dict ny de quelle nation l'on pourroit faire lesdites levées, ny pour quel prix, ny eu quel temps il faudroit envoyer l'argent. J'atten-
1. Arcli. Rolrou. V. 11-214. (UH'hiinnt à de Noyers; camp (rKoltun, 3 septembre 1042.
2. .\IT. Elr., Allemagne corresp. V. l(J-.jvJ9, et Arcli. Hoirou. Guébrianl à (de Noyers) ; camp d'IIoUun, 9 septembre 1042. Celte lettre se termine en cbifTres, avec post-scriptum disant de mettre en chifTres tout ce qui est de conséquence, les lettres risquant d'être saisies en route.
LES DRnMEHS MOIS ni: l(V|'^ 2S7
dray donc de vous. Monsieur, une ample instruction sur ce sujet, et, après vous avoir dict en deux mots ce (jue la (iazette vous expli([uera |)lus au louf^, que le Hov est maître de Perpif^nan. et ((ue M. le (Irand et M. tie Thou ont eu la teste couppée à Lyon, je prieray Dieu (|u'il continue ses bénédictions sur la France et qu'il me donne autant de moyen (pu- j'aydc volonté devons faire connoistrc combien je suis v('Milablement... ' »
De Bourbon-Lancy, Richelieu cciivait à Chavignv (|u'il était à propos de fortifier autant cpie possible l'armée de (juébriant en infanterie et qu'il valait beaucoup mieux la lever dans ses quartiers ((iie de l'envoyer de l>aiice ; la dépense serait moindic. cl les soldats tiendraient mieux-. Au Roi, le cardinal tluc parlait dans le même sens-^. De Paris, le 27 septembre. j)aitail mit' dé|)èche du comte de Cliavigny. 11 sait dans (lucl état se trouve l'armée d'Allemagne, et ne man([ue pas d';ioiiauprès (lu lîoi et de liicliclicu pour lui f;iii'e accorder « toutes les assistances » dont elle a ])esoiii. « (^)uoy que. dit-il à Guébriant, la seule considération du service de Sa Majesté m'y obligeast assés, néantmoins. Monsieur, la vostre est si puissante sur moy (ju'elle sei'oil seule capable de me faire faire touttes «.lioses pour vostre service. Et c'est elle principallement qui m'a obligé de parler en ce rencontre, scacliant combien vous avés de l)assion pour le bien des asfa'res et pour le service de Son l'^minence. «Il est malaisé de lui prescrire de loin ce qu'il doit exécuter ; lui-même j)rendra le meilleur parti, et lèvera des troupes tlans la légion qu'il occupe '.
Le 5 octobre, de Noyers écrivait au maréchal de lui dire au plus tôt « où, (|uand, comment et comljien » il
1. 15il)l. \;it.. r.OO Colbcrt. V. 108-11!», el Arrli. Ilulidii. D.' Noyers à (iiiêhriani ; Livry, près Lens, lî» se|>loiiil)ro lf.42.
2. AlV. Elr., France. V, 814-48-4!». IMil). dans Letires el Insir. diploma- U'Iiies... du cardinal de Richelieu (orit{inal de la main de (Wieiré, secrétaire de [iichelieu . Richelieu à Cliavigny ; lîourljon-Laney. 22 septembre 1(;42.
3. Leltres el Inslruc. diplomaliijucs. lîiclielieii an lîoi : liuurhon-Laney, 26 septembre lt>42.
4. Bibl. Naf., 50U Colbert. \'. 114-1."), et Arcii. lîotrou. Cliavigny à t<t Guébriant : 27 septembre lii42.
288 LE MARECHAL DE GlEBRIANT
espérait pouvoir se procurer des troupes et à quel prtx. Il ajoutait diverses nouvelles : Torstenston poursuit vigoureusement Piccolomini ; Perpignan et Salées sont pris ; « nostre armée détient et détiendra l'armée de Don Francesco de Melos jusques à ce que la première elle entre en quartier d'hyver... » : le cardinal duc est j)arti le 2 octobre de Bourbon-Lancy par eau, se rendant à Fontainebleau, où le Roi va l'attendre. « Dieu sçait la joye (jue Ion aura de voir cesser Fesloignement dun si bon maistre d'avec un si bon serviteur'... »
Tout le monde se plaignait à Farmée : Rosen menaçait de servir ailleurs s'il n'était payé de ses étals de général-major; Oehm jalousait Taupadell, qui avait reçu du Roi une assez forte pension; Taupadell voulait être soldé depuis la date de son brevet de lieutenant général ; le duc de Wurtemberg réclamait aussi, mais ])lus courtoisement. Néanmoins, de part et d'autre, le temps s'écoulait en une infinité de petits exploits. Un des plus ardents et des plus redoutables adversaires, était ce Jean de Werth, jusqu'alors captif à \'incennes, récemment arrivé au camp de Zons. 11 harcelait sans cesse, comme s'il voulait prendre une revanche de son repos forcé dans une prison, tendait des embuscades, et faisait déjà sincèrement regretter la fatale idée qu'on avait eue de l'échanger contre le maréchal Horn, prisonnier des Impériaux, et dont Fépée rouillée allait définitivement rester au fourreau, sans plus jamais servir à la cause commune.
Pendant fort longtemps l'on avait discuté les conditions de cet échange qui devait être si préjudiciable dans la suite. Le 23 mars 1642 sur les deux heures de l'aprèsmidi, Werth était enfin conduit de Brisach à Endingen par le lieutenant-colonel de Rosen et lOO chevaux. Le lendemain l'échange eut lieu, sur le pont d'Endingen, avec llorn, amené sous pareille escorte, commandée par le lieutenant-colonel de Neuneck. D'Endingen,
1. Bibl. Nat., .ôOO Colbert. V. lOS-121. et Arrh. Holiou. De Noyers à Guébnant ; Valence, 5 octobre 1642.
LKS UEUMLHS MOIS DE l6^|2 289
Jean de Weilli, entouré de nombreux cavaliers alle- Jiiands,se rendait à Odenhouig, tandis que le manklial Horn venait à Brisach, où le général d'Erlacli faisait tirer deux salves d'aitillerie en son honneur. Comme il avait toujours été magniliquement traité, l«; maréchal, en ((uillaiif le lieu de sa captivité, avait donné au lieutenant-colonel, à la suiveillance du(|uel il était confié, une chaîne en or de i^iaiid |)rix, et des présents à tous les soldats qui le gardaient. Le général de W'erth non moins bien soigné en Fiance, n'avait fait aucun i)résent à son départ, llorn se rendit à Henfeld et s'y reposa 17) jouis avant d'aller remercier le Hoi de sa délivrance. Dans ce voyage, tout de civilité, le baron d'Erlach le lit accompagner par le sieur Sarrazin, capitaine au régijuent d'Oysonville, en gaiMiison à Brisach, et dont lui-même s'était fait suivre lors de ses trois voyages à la Cour. Le Boi était encore dans le Boussillon. Le 3 mai au soir, le maréchal arrive à Narbonne, voit Richelieu le lendemain dimanche, et couche à Leucate, où l'attend le fils du comte de Brulon avec un carrosse pour le mener auprès du monar{|ue. Reçu fort gracieusement j)ar Louis XI 11 à Perpignan, le mardi, il soupe et loge chez le maréchal de la Meilleraie ; puis, dès le jour suivant, letourne en carrosse à Narbonne, et, de là, gagne Paris. Le 10 juin, le duc de Longueville lui donne « splendidement à disner en son hostel v, dit la Gazette, et le Roi lui otl're une « fort bonne espée », dont la garde et le fourreau sont incrustés de diamants*.
11 était bien temps, à la fin de septembre, de penser à la saison d'hiver; la Cour laissait toute liberté d'action au maréchal de (xuébriant. Les (juartiers ne pouvaient être conservés aux pays de Cologne et de Juliers. Nous avons vu que deux plans s'ofî'raient : franchir le Pjhin à AN'esel et pénétrer dans 1 Empire, ou
1. Gazelle du 11» avril lt!i2, w .".1. De Brisach, 27 mars 1(342 ; AIT. Etr., Allemagne corresp. V. 16-4(i2. Erlach à (".liavigny : Brisach, U avril 1C42 ; Aft. Elr., France. V. «42-204. De Narbonnel 2 mai l(i42 ; (jazelle du 14 juin 1642, n' 78. De Paris, 14 juin l<i42,
la
290 t-E MARECHAL DE GUFBBIANT
marcher vers la Moselle. Consulté par ^1. de la Thuilerie, le prince d'Orange préférait la deuxième solution ; on garnirait au préalable les places conquises, puis on logerait sous Maastricht, et les fourrages pourraient être tires du Limbourg, de Jnliers et du Hrabant'.
Ciuébriant jugeait, au contraire, qu'il serait préférable de rentrer en Allemagne. On lui représenta qu'il n'avait aucune place capable de le soutenir, ni de passages sur le Mein, où l'armée de Bavière pourrait le devancer; que ce serait marcher au hasard. Mais à tout cela il répondit qu'entre deux maux il fallait éviter le pire, et se montra confiant dans le succès de ses mouvements, pourvu qu'on agit de concert avec les Suédois, alors victorieux, et qui tiendraient une partie des ennemis en haleine. Les Hessois. du reste, abandonneraient la cause si l'on ne retournait pas en Allemagne; avec leur assistance les Français prendraient leurs quartiers sur le Xeckar, et, de là, resteraient en communication avec les villes que le Roi garde et avec la France môme. Pour aller prendre des quartiers sur la Moselle, on aurait, dans la traversée d'un pays montagneux et boisé, des difficultés créées par la présence de l'ennemi ou de paysans armés. Quant à l'idée du stathouder de s'établir à Maëstricht, il est probable que les Liégeois, soutenus par les Impériaux, les Espagnols et les Bavarois, couperaient la route du Luxembourg et s'étendraient jusqu'au Khin. Lexécution de ce plan laisserait donc en danger les villes conquises par les alliés dans l'archevêché de Cologne.
Le inaréchal de Guébriant quitta Holtun le 27 septembre; en passant à proximité des ennemis, il tira 2 volées de canon — c'était un défi — mais ils ne bougèrent pas de leur camp de Zons, et même rappelèrent leurs couleurs pour éviter d'engager une action.
1. « Passer le lihin à ^Vesel, cela sonnera bien h.iult et fera de grande réputation aux Impériaux, lesquels vous pouri'ont suivre et arriver audit Wescl avec moins de temps quil ne vous en laudra pour y aller. » O serait, en outre, abandonner les places (|ue lélecleur do Cologne attaquerait incontinent. (Bibl. Xat., ôoo Colberl. \ . 118-."..".. I.a Thuilerie à Guébriant : 29 septembre 1642.)
LES niilLMKHS MOIS Dlî l6^2 291
^iiiébiiant marcha si leiitoiiicnt it\cc l'espoir (|ue les liupéiiaiix, inattaquables tians leur position, viendraient à lui, qu'il perdit six heures de temps. Le soir, il couchait, avec toutes ses tioupes, dans ses vieux retranchements d'I rdingen, ayant lintention, vu le manque de fourrage, de gagner au plus vite Wesel pour v franchir le Rhin '.
Deux jours avant le déj)arl <riloUun, l'infatigable Jean de \N cith s'embus(|uait, avec quelques troupes seulemenl, pour saisii" des fourrageurs fiançais. Averli, (luébriant dirigea vers lui le géncral-major de llosen et 3 régiments. Les voyant accourir, Werth, induit en erreur par la poussière, incapable de discerner leur nombre, les crut d'un ell'ectif restreint, e1 voulut tenir ferme; mais le colonel W'olf l'ayant infornié de son erreur, il n'eut que leteni|)s de faire volte-face. Avant un marais sur sa ligne de retraite, vivement serré, il se dégagea très difficilement et faillit être j)ris; son cheval étant tombé deux fois, il dut finalement se sauver à pied dans (îladbach-.
Guébriant se rendit dans le duché de Gueldres, où l'armée trouva des vivres en abondance. Près d'Oekten, il eut beaucoup de peine à maintenir dans l'ordre les Allemands de son armée toujours sans solde, secrètement travaillés, menaçant de passer à reniiemi. Ils prétendaient que leurs intérêts n'étaient pas assez chaudement pris à la Cour, et exigeaient l'envoi de deux rittmeisters à Saint-(îermain, pour réclamer leur dû. Guébriant y consentit, mais à la condition cependant (|ue la réclamation se ferait avec toute la courtoisie et le respectdésirables en pareil cas. Le colonel l-'lekenstein et le lieutenant-colonel Truchsess furent désignés pour cette mission. M. de lîoque-Servière, porteur d'un mémoire de la main propre du maréchal, devança les deux colonels. Après y avoir expliqué la situation grave dans la(|uelle il se trouvait, et annoncé l'arrivée
1. AIT. Eh-.. Allemagne corie^p. V. K>-'>i7. De Dusseldorf, 27 seploinbre lt>42. I/i.<l. du nmréchal de Hui-hrianl. par Le I.miourf.i/i;.
2. AIT. Elr., Allemagne coriesp. V. l(j-">4,s. Tracy à... ; l'ti septembre 10 12. Ibidem. V. 16r.4;t, Exliail île lettre du 2ît septembre 1(J42.
prochaine de Flekeiiëtein et de Truchsess, le maréchal réclamait l'envoi de sept régiments de cavalerie étrangère à Brisach avec beaucoup d'infanterie. Il estimait qu'il n'y avait rien de plus important que de constituer pareille réserve, dont il disposerait au moment voulu. Le 6 octobre, quelques jours après le départ de Roque- Servière, Guébriant écrivait à de Noyers qu'il avait enfin triomphé de la méchante humeur de ces Allemands aux mauvaises têtes, mais il ne lui dissimulait pas que, faute de les contenter une bonne fois, le mal se reproduirait sans remède, et qu'ils abandonneraient l'armée française.
Le prince d'Orange insiste encore pour que le maréchal campe sous Maëstricht ; néanmoins Guébriant se prépare à franchir le Rhin ^ Le gouverneur de la place de Wesel se montre aussitôt fort inquiet, comme l'attestent ses lettres à Guébriant. Il dépêche un exprès à Son Altesse d'Orange pour avoir des ordres. Doit-il laisser l'armée royale passer le Rhin à Wesel ? Ne recevant aucune réponse, il refuse d'accorder le passage-. Sans tenir compte des scrupules du o-ouverneur hollandais, Guébriant lance ses troupes sur le pont de Wesel, le 2 octobre; il est en Allemagne, et reçoit (|uelques jours après l'approbation de la Cour. Pendant ce temps-là et jusqu'au 24 octobre, M. de Ti-acy se lient à Amsterdam, pressant, sollicitant, selon ses propres expressions, le sieur Hœuft de lui envoyer de Paris l'argent indispensable à Parmée-^. Un mois plus tard les fonds manquent encore, et de Noyers écrit au
1. Archives Kotrou. Guébriant à de Noyers; camp de Wesel, 6 octobre 1042.
2. Ribl. Nat., .ôOOColbert. \. ll.ï-171, et Archives Rotrou. Le gouverneur commandant dans Wesel à Guél)riant ; Wesel, 2'J septembre 1042; Bibl. Nat., àoo Colbert. V. 11.5-217, et Arch. Rotrou. Le même au même; Wesel, 2 octobre 1042.
« .le ne cerchc (cherche) que le bien de Testât à qui Je sers, écrit-il au maréchal, et à satisfaire à ma charge et pas à mon particulier, qui n'est en rien intéressé dans cest asfaire... estant très marry qu'on se fasche contre raoy sur un suject qui ne dépend que de mes supérieurs. »
3. Bibl. Nat., ôoO Coll)erl. V. 11C.-21'.). Tracy à Guébriant; Amsterdam, 22 octobre 1642.
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pauvre Gnébriant qui ne sait ahsolunieut plus comment faire : '« Je prcsswi'ay exlraoïdinaireuient le |)ayejnent de la montre qui vous a esté tout nouvellement ordonné, et feray en sorte, et par moy et par les miens, qu'elle vous soit portée plus piomptement fjue M. Hœuft n'a faictjusques icy^.. »
Les généraux de W^erth et de ^Vehelen, avec 10 régiments, étaient tout d'abord restés en deçà du Hhinpour harceler les Hessois demeurés à Neuss, Kempen et IJnn, mais bientôt ils allèrent rejoindre llatzleld et Wahl, qui avaient, vers la fin d'octobre, passé le Rhin à Andernach; dès lors les garnisons de Neuss, de Kempen et de Linn purent derechef mettre tout le pays à contribution, ne trouvant plus aucune résistance devant eux". Flal/.feld et Wahl, se dirigeant sur la Wétéravie, arrivèrent à Cromberg, puis à Francfort, passèrent le Mein à Aschaffenbourg, séjournèrent à Wurtzbourg et à Schweinfurt, et, de là, se rendirent entre Rothenbourg et Halle. Le général François de Mercy, par ordre de l'électeur Maximilien, s'avança jusqu'à Rothenbourg, sur la Tauber, alin de s'opposer à l'entrée des Français en Franconie et dans le Haut- Palatinat, laissant quelques unités en Souabe pour assurer les places du lac de Constance; puis il logea toutes ses troupes à Donau^verth et à Xordlingue. Le gouverneur d'Hohentwiel, profitant de son départ, ravagea tout le pays qui l'environnait^.
Après de brillants succès en Silésie, le maréchal Torstenson recevait, de Suède, un important renfort sous les ordres de WrangeP. Aussitôt il entrait en
1. Bibl. Nat., 50n Colberl, V. 108-123. De Xoyers àGuébriant; Rueil, 2 novembre 1642.
2. Gazelle du 15 novembre 1042, n" 147. De Cologne, \o 4 novembre 1042 ; Gazelle du 22 novembre 1642. n" 149 ; de Cologne, 12 novembre 1042 ; de Dusseldorf, 8 novembre 1042.
3. Gazelle du 29 novembre 1042, n*^ lûS ; de Mayence, 9 novembre ; de Spire, 11 novembre ; de (Pologne, 18 novembre. Gazelle du 6 décembre 1042. n» l."»0 ; de Fulda, l.S novembre ; de Nuremberg. 1.") novembre : de Bàle, 10 novembre; de Francfort, 10 novembre. Gazelle du 13 di'cembre 1042, n" 1.58 ; de Nuremberg, 23 novembre 1042.
4. F.e duc Franz-Albert de Saxe-Lauenbourg, campé près de Bres-
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Saxe, et arrivait à la tête dune vingtaine de mille hommes devant Leipzig, le 27 octobre. Dès le jour suivant se faisaient les premiers travaux du siège. On ètaljlit des batteries; la brèche semblant praticable, on donna l'assaut (|iii échoua ; il fallut continuer à battre les murailles. A l'approche des Suédois, l'électeur Jean- George terrorisé avait averti les Impériaux. L'archiduc Léopold, ayant rappelé le général Enkefort qui assiégeait Olmiitz, passa l'Elbe à Meissen, accourut à marches forcées, et, le lendemain de l'assaut, se trouvait en vue de Leipzig avec 26.000 hommes. Torstenson, dont les effectifs étaient inférieurs à ceux des ennemis, interrompit prudemment l'attaque de la place, battit en retraite sur Halle, et franchit un étroit défilé pour entrer dans la plaine de Breitenfeld. Il s'établit face au nord-est, la gauche sous Konigsmark et le colonel Schlang, appuyée à la localité; la droite, sous Wittenberg et Stalhans. couverte par le village de Wiederitzsch, non loin de Leipzig, à peu de distance et à l'ouest du point où Gustave-Adolphe avait remporté sa fameuse victoire du 17 septembre 1631. Dans cette forte position choisie avec soin, Torstenson attendit Farchiduc, qui ne tarda pas à paraître.
Les Impériaux se placèrent au nord-ouest de Seehausen, la cavalerie à leur gauche. Comptant sur leur supériorité numérique, Léopold et Piccolomini décidèrent
lau, ayant appris que le baron de Suitz lui amenait 4 à 5.000 hommes, partit avec IHO cornettes de cavalerie et 12 escadrons de dragons pour aller à sa rencontre vers Schweidnitz, bonne place de Silésie. Torstenson averti se porta rapidement du même côté pour empêcher cette jonction. Il y eut un sanglant combat le HO mai ; toute la cavalerie impériale fut défaite. Comme conséquence de cette victoire, Schweidnitz ouvrit ses porte.s aux Suédois.
fAIT. Etr., Allemagne corresp., V. 16-484. D'Avaux à Bouthillier ; Hambourg, 12 juin 1042. Gazelle exlraor. du 27 juin 1042, n° 8H.)
Torstenson augmentait de jour en jour ses conquêtes. En juillet il était devant Breslau, seule forteresse qui restât à occuper dans toute la Silésie, neutre du reste, et beaucoup plus favorable aux Suédois qu'aux Impériaux. Il avait 15.000 chevaux effectifs, et son infanterie dépassait 10.000 hommes. Dans ces chiffres il fallait comprendre les garnisons.
(.\ff. Etr., Allemai^ne corresp. V. 10-515. DAvaux à... ; Hambourg, 1.5 juillet 1642.)
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(lattatiiier les Suédois avant l'arrivée de (juéhriaiil ; mais ils iiégiigèiciit (réliulier sutfisanmienl la position ennemie et ses alentours, et d'occuper certains points stral<'H'if|n('s iiii[)(»rlaMls.
Durant la nuit tlu i'" au 2 noxcmbre, le silence rè<^n(' ; les deux armées reposent. A raube,Torstenson range les siens en halaille. l'n chaud combat dartillei'ie, prélude de l'actitin. ne tarde pas à s'engager. Des le dt'bnt, un biiiijel nian(|iie de hier le maréchal, el dassnrer ainsi une \ictoirt? laiile aux Impériaux. Avei- hMir aile droite, W'ittenberg et Slalhans l'oncenl impétueusement sur les hiiperiaux. .Nombre d'officiers ennemis tombent: leurs cavaliers hésitent et tournent bride, maigre les elîoits du giMiéral l'uchheim, jnalgré les prières et les menaces. Ainsi mise à découvert, l'infanterie adveise du centre résiste néanmoins avec énergie, se fait hacher sur place.
L'aile gauche suédoise attacpie alors et de face et de liane — l)raves contre braves — Konigsmark et Schlang contre Broy et Borneval. — Le choc est terrible; Schlang est tué; les Suétlois reculent jusqu'à leurs canons, perdent tJ escadrons et 20 cornettes de cavah'rie. Konigsmark j)aivient à les rallier, à les ramener au combat. 11 arrête, niainlienl. ciilbnle enfin tout ce (|ui se trouve devant lui.
L'infanterie impériale du centie reste encore ferm<', mais dès lors sans appui ; sa gauche est déjà tournée, sa droite va l'être ; elle se rej)lie et pénètre dans un l)ois, que Torstenson investit de suite. En vain fait-elle des ])rodiges pour se dégager; ses rangs s'éclaircisseut avec une ellioyable rapidité : elle courbe sous le poids, et finalement cenx dont la nmrt n'a j)as voulu sont faits j)risonniers.
Au cours de celte action, l'archiduc, avant mis pied à teire, se l)attait au milieu des siens, ranimant leur courage. l*oui' le sauvei-. on dut, malgié lui, l'arracher du chani|) de bataille. Piccolomini échappa comme par miracle avec !..')()() cavaliers. N'elerans de Tillv, vétérans de W'allenstein, tous ont gloiieusement succombé ! La bataille ne dura que trois heures, mais les
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résultats en furent importants ^ Les ennemis perdirent trois ofliciers généraux : Don (lonzague, et les généraux-majors comte de Broy et baron de Soye ; 12 colonels, des lieutenant-colonels et majors ; 4.300 hommes, sans compter ceux qui j)érirent dans la poursuite. Parmi les j)risouniers se trouvé l'ent les géneraux-majors de Suitz et Fernamond, 3 colonels, 11 lieutenants-colonels, 9 majors et plus de 100 autres officiers. On prit 46 canons, 110 drapeaux, 75 étendards, les munitions, les bagages, 160 carrosses et 6.000 charrettes, les papiers et la vaisselle d'argent de l'archiduc et de Piccolomini.
Bien moindres furent les pertes des Suédois ; mais les divers auteurs sont en désaccord quant aux chilTres : 900 morts, disent les uns; 3.000, affirment les autres; 2.000 blessés. Mais parmi les tués se trouvaient deux officiers généraux, Schlanget Lilie Hoeck, /j colonels et une cinquantaine d'officiers . Parmi les blessés : le général-major Stalhans et le comte Gustave Lowenhaupt-.
La prise de Leipzig s'imposait après cette victoire. Il fallait se presser; car Hatzfeld et Wahl menaçaient d'intervenir, et le Cercle du Bas-Rhin et de la AV^estphalie venait de confier 4.000 chevaux et 12.000 fantassins à Jean de Werth, qui circulait entre Cologne et F'rancfort-'. Torstenson envoya donc supplier Guébriant d'avancer, affirmant que Hatzfeld, Wahl et l'armée bavaroise avaient franchi le Mein pour s'opposer à ses desseins ; et , sans l'attendre il courut
1. Hisl. (le la guerre de Trente ans, par E. Charvériat; Hisl. des Guerres de France, par le lieutenant général marquis de La Rozière (Arcli. hist. Guerre. Mémoires historiques, manuscrit) ; Hist. du règne de Louis XIII, par M. Le Vassor: Hist. du marécfial de Gucl>riant, par.J. Le Larolbeir ; Mémoires du marquis de Monglat.