ironau, dans l'évéché d'Hildesheim
Gazelle du 20 décembre 1(U2, n° 161. Ue Hildesheim, le 27 novembre 1642 ; de Brunswick, le 28 novembre 1642 ; d'Erfurt, le 2ît novembre.
Certains auteurs restent muets sur la coopération des Français à Leipzig.
2. Gazelle du 27 décembre 1(142, n" 16.">. Du camp suédois devant Leipzig. :? décembre 1('.42 ; d Erlurt, 8 décembre l«îl2. Ilisl. des Guerres de France, 108.V17ti3. par le général marquis de La UoziiiRi; {mémoires hisl. Guerre) ; Hisl. du maréchal de Guébriant, par .1. Le LAnoiRECR ; ilisl. du règne de Louis XIII, par M. Li. Vassoh ; Mercurio de Villorio Siri.
Torslenson avait dabord demandé un million de lichedales, que les gouverneurs se déclarèrent inr-.ipables de payer. Les Suédois entrés, les bourgeois chercbérenl à faire diminuer la somme de HOO.(M)o ricliedales ; mais le maréchal refusa. On tint conseil à lllùtel de Ville, au(iuel assistèrent les bourgeois et même des étrangers, pour savoir comment on trouverait les 300.000 richedales. On résolut d'en donner 200.0(Mi en argent, et le reste en draps.
(Arch. hist. Guerre, mémoires hisloriques, Rozière.^
(Bibl, .Nat., .îOO Colbert. V. li:i-4.). M. de Saint-Romain à Guébriant ;
208 LE MAIJECIIAL DE GL'KBRIANT
entrevue au maréchal de (luébriant,s'excusantden'avoir pu encore se rendre auprès de lui à Mulhausen. Biittstedt, entre cette ville et Leipzig, fut choisi comme lieu de rendez-vous. Les maréchaux s'embrassèrent, et, après de réciproques compliments d'usage, parlèrent de quartiers d'hiver. Torstenson voulait attirer les Français du côté de la Bohème. Ce serait aller contre les ordres récents du Hoi ; ce serait fatalement la ruine de l'armée. Guébriant refusa. Néanmoins l'entrevue ne perdit pas son caractère de parfaite civilité. On tomba d'accord. Les deux armées partiront le même jour ; les Français passeront le ^lein à Gemunden et marcheront vers Heilbronn pour s'opposer aux desseins de Hatzfeld.et de Walil ; les Suédois s'empareront de Hof et pénétreront dans le Haut-Palatinat oii se trouve Piccolomini.
La réponse catégorique faite par Guébriant au maréchal de Suède résultait d'une lettre que le Roi lui écrivait en date du 21 décembre. « ■Mon cousin, ayant advis (|ue vous estiez allé avec mon armée que vous commandez joindre celle de la Couronne de Suéde, commandée par le général Torstenson devant Leipzic poui- luv donner moyen de réduire plus tost ladite place à se rendre, j'ay esté bien ayse que vous ayez faict cognoistre en cette occasion, combien je désire contribuer aux advantages de ladite Couronne, estant véritable que je" ne les considère pas moins que les miens propres, et que je seray toujours très ayse de le tesmoigner par efl'ect; mais comme il est important au bien commun que les armées agissent chacune de son costé, aussy il sera fort à propos que, rentrej)rise de Leipsic estant achevée, vous vous sépariez avec mon armée que vous commandez de celle de Torsten-
Hanibourg, 10 décembre Hi42.) Pnr M. de Rorté, il fnit v.iloii' en Suède le? service^- que Gu<''l)riant rend à Torslen^snn.
Melchior de Harod de Sénevas, marquis de S.'iint-Uom.iin, remplaça, en 11)42, le comte d'Avaux à llamltours:, lor.-J<iue celui-ci fut nommé plénijiotentiaire à Munster pour le Iraifé de paix. Envoyé lui-même, un peu plus tard, auprès des plénipotentiaires à Munsler, Saint-Homain fut remplacé à Hambourg par M. de Meullcs. (Bibl. Xat, TiOO Colberl. V. 113-51. Meulles à Guébriant; Hambourg, 25 août 1643.)
LE^^ deumkrs mois de I <»/,•> 2{'î>
son, apportant touttes les civilité/, et protestations (rainitic (jue vous verrez estre convenable, alin de ne laisser aucune mauvaise satisfaction autlit général Torstenson, et je ne cloute pas fju'il ne juge <[ue le bien de la cause coniniune oblige d'enijjloyer les deux années séparément... <Hioy qu'il en soit mon intention est (|ue vous «'irecluie/ ladite séparation, inctuilinant a|)rès bMlict siège, remettant à vostre prudence de l»3 faire en sorte que le général n'en puisse estre mécontent... »> Louis XII l terminait en recommandant au maréciial de Guébriant de ne rien omettre poui- maintenir ses lioupes en ('tat d'agir « aussy puissamment » Tannée suivante, l'assurant qu'il ordonne tous les préparatifs nécessaires pour l'entrée en camj)agne de bonne heure, « y apportant plus de despense et de soin ([ue jamais ^ ».
Du reste l'ambassadeur de Suède à Hambourg, Salvius, faisait alors <( instance solennellement au nom de la lîeyne de Suède etde Messieurs les lîégens », comme l'écrit Saint-Romain, pour que M. de Guébriant fit, api'ès la victoiie de Torstenson, une diversion vers la l"raiiconie"-.
De Noyers s'incpiiétait alors de savoir combien d'infanterie Guébriant ])Ouvait lever en Allemngne : ce <|iie coûterait la levée d'un soldat; en (|uel lieu il l'audiail lui envoyer de l'argent ; quels desseins il a\ait pour l'année suivante ; s il était en état de se rapj)roclier du lUiin, et quand ; si la jonction avec Torstenson avait all'aibli l'armée en quelque sorte ; enfin quels étaient les eflectifs en infanterie et en cavalerie 3. Chavigny, tant comme ami de Guébriant qu'en viu' des intérêts de l'IOtal. sinquietait également de la situation. Bien qu'il ne soit pas chargé de l'administration de l'armée, il conjure le maréchal de lui dire bien franchement « ce qu'il fau-
1. Biljl.Nat.. 500 Coll)eit. \'. KtSt-Sl, et Arcti. Rotrou. I.e Hoi à C.uébriant ; Saiiil-rieimain. 21 di'ceinbro H>I2: cité par I.e l.ahoiiroiii-.
2. Bibi. Nat . .5(10 Coll)erl. \'. llH-47. S.iint-l^uiiiaiii à Guéluiaiil . Hanil)ourg, Itî (Jccembre 1<;42; cité par Le Laltoiiienr.
H. Bii)l. Nat., .5(i;>Colbei-t. V. lOS-lHl. De Noyers à (uiélirinnl : Saint- Germain, 22 déceiiibie 1642; cité par Le Lai)oiueur.
:^(Vi I.E MARECIIAl, DE GUKBRIANT
drait absolument faite pour contenter» les troupes allemancl(^s. Que leur est-il dû ? Quelle somme faut-il pour les maintenir désormais, tout en les faisant « départir de leurs vieilles prétentions » ? « Je connois, ajoute-t-il, assés vostre probité et le zèle que vous avés au service du Roy pour estre assuré que vous ménagères, autant que vous pourrés et autant que le bien de ses asfaires le pourra permettre, la bourse de Sa Majesté. » Mais il estime qu'il n'y a rien de plus important que de permettre à Guébriant « d'agir puissamment en Allemagne • ».
Torstenson resta dix ou douze jours encore à régler la défense de Leipzig. 11 semblait vouloir exécuter ce qui avait été convenu avec Ouébriant, lorsque soudain, après deux jours de route, au lieu d'assiéger Hof, il courut attaquer Friberg sur l'Elbe. ;Mais, au bout de six semaines, l'ennemi, qui s'était reconstitué, le contraignit à reculer sur le cours moyen de ce fleuve.
Guébriant, par son installation dans l'évêché d'Hildesheim, avait provoqué le mécontentement des princes de Brunswick, et, par contre-coup, celui de la landgrave de H esse, leur voisine, leur alliée, dont le sort était pour ainsi dire lié au leur. Il v eut éclianore de lettres un peu ' trop vives. Depuis quelque temps la princesse Amélie insistait, au nom des ducs de Brunswick, sur le retrait des troupes occupant leur pays. Le duc Christian-Louis « me réitère encore de nouveau ses plaintes, écrivait-elle à Guébriant le 13 novembre, me priant très instamment de vouloir procurer le délogement de ladite armée ou de rappeler tout incontinent mes troupes. J'espère qu'en cas que le premier ne se fasse bien tost, vous ne prendrez pas en mauvaise part, si, pour éviter les mésintelligences avec la Maison de Brunswick, je suis contrainte de faire le dernier; mais je me promets, Monsieur, que vous aurez vous-
1. BihI. \at., ô(X) Colbert. V. 114-51. et Arch. Rotrou. Chavigny à (iuôbriant; Saint-Germain, 13 décemlire lfi42.
LES DEHNIICRS MOIS DE 1</|' ^^"l
même un tel égard à ladite Maison (jirclle n'ait plus de sujet de se plaindre ni de vous ni tie moi, (|ui suis d'une vérité toute pure '... » Les choses s'ai rangèrent finalement au point <|ue la landgrave tira d(!s troupes de ses villes pour renlorcer celles tlu lloi cl (juc les places du pays de Juliers, tenant garnison française, lui furent rendues [)ar ordi'e de la Cour-.
Depuis le j)rinlemps 1()42 on a\ait continuellemcnl eu lieu de craindre la défection des ducs de lîrunswick et de Lunebourg et même celle de la landgrave. Les ducs, ayant leuis affaires dans un état déplorable et leurs terres ruinées, essayaient, tout en discutant avec la Cour de Vienne, d'obtenir aussi du IJoi, par l'intervention de la |)rincesse Amélie, d'être considérés comme neutres. « Les ducs de Hruns^vick et d(^ Lunebourg, relatait d'Avaux en avril, sont sur le point de conclure totalement avec le Roy de lIongrie,lequel enfin a consenti <|u'il demeurent neutres et (pi'ils ne joignent point leurs forces aux siennes... » Ce résultat aussitôt obtenu, ils députèrent vers d'Avaux et Salvius pour les en avertir''. In mois j)lustard, d'Avaux avertissait Cuébiianl (|ue les ducs ne se luilaient pas de ratifier le traité : « ('elte surséance n'est que bonne j)our les asfaires communes ''... » La landgraNc Amélie n'a^ail j)U
1. iJihl. X.it., ."■.00 Ciillx'il. \. 112-11. I.a l;iiidi.M;nc de llc.ss;c à (lnéliii.int ; Cassel, 13 novcnil.io 1642. Voir aussi : Bihl. Nat., nOO Colbert. V. n2-.")2. lîeauiei^aid à (luoidiaiil ; Cassel, 2"» novemljre. Biltl. Nat., ôOi» (>oH)crt. V. 112-4!i. Boaiireiîaid à Guél)iiaiif. ; 24 novemlirc linar- «liiant le niéconteiitt'inont de la princesse), liild. Nat.. ")<iO C.olheri. V. 112-15. La lamlyrave à Guébriaiit ; Cassel, 2() novembre 1(>42. Bild. Nal., ^OO Colbert. V. 112-5."). Beauregard à Guébriant ; Casse!, 2!» novembre 1542. Bibl. \at., 500 Colbert'! V. 112-23-Gl. Heauregard à Guébriant; Cassel, 22 dtk'embre.
2. Bibl. Nat., ô()(i Colbert. V. I0il-7i). et Arcb. Botroii. Le Roi à Guébriant ; Sainl-Germain. 13 décembre 1642. Bibl. Nat., 50(i Colbert. \'. 114-4'.t, et Arch. liolri>u. Cliavii^ny à (Guébriant: Saint-Germain, 1.5 décembre 1642. Bibl. Nat., 50ii Colbert. \'. 112-57, et Arcli. IU>trou. lîeaureiîard à Guébriant ; Cassel, Ht décembre 1642. Bibl. Nat., 500 Coliîert. V. 112-li>. La landgrave A Guébriant: Cassel. 10 décembre 1642. Bibl. Nat., 5UU Colbert. V. 112-21, et Arcli Bidrou. La landgrave à Guébriant ; Cassel, 1(! décembre 1642.
3. Bibl. Nat., ôOO Colbert. V. 113-2H-2!)-36 (et cité par Le Laboureur\ D'Avaux à Guébriant ; Hambourg, avril, mai, août 1642. Bibl. Nat., 500 Colbert. V. 11:5-37. D'Avau.x à'^Guébriant ; Paris, 15 août 1642.
4. AIT. Etr., .\ltem. corresp. \. 16-4fj4. DAvau.x à Avaugour ; 16 avril
leui' refuser son intercession. jugeant que leur demande n'était en rien préjudiciable à la cause commune '. Mais bientôt elle-même parut ébranlée par l'exemple; les Impériaux et ses sujets tâchaient de lui persuader de rechercher également la neutralité. Pour l'y résoudre ou essayait de lui faire croire que les Espagnols, assistés des Impériaux, porteraient leurs forces jusqu'en France et que le Roi serait obligé de rappeler l'armée d'Allemagne. — Ce dessein, disait-elle, lui était connu par une lettre interceptée. — Aussi le lioi ordonna-t-il à M. de la Thuilerie de dépêcher quelqu un vers la princesse pour lui représenter le bon état des affaires '.
Cependant, le 22 juillet, Guébriant se crut à même de rassurer Chavigny: il n'y a pas encore, disait-il. apparence de voir la landgrave saccommoder avec 1 Empereur : mais si 1 armée du Roi et de la Suède viennent à souffrir, elle n'hésitera pas à suivre le parti des ducs, quelqu argent que lui donne le Roi. Donc, pour maintenir solidement les affaires en Allemagne, il faudrait augmenter et entretenir du mieux possible les deux armées royales dans ce pavs-là.
Le 4 décembre 1642. en présence de nombreux evéques, abbés et gentilshommes, Armand du Plessis, cardinal duc de Richelieu, rendait le dernier soupir après une longue maladie, à l'âge de 58 ans"^. Paris fut surpris, comme on l'e.st du changement d'une chose existant depuis fort longtemps et qui plonge subitement dans l'inconnu. Le Roi pleura et fit l'éloge du grand juinistre; le chancelier Séguier, Mazarin, Chavigny
lf42. Bibl. Nat.. 50u Colheit. V. 1124». La landgnive à Guébriant; Cassel. 22 mai 1(U2, Aich. Rotiou : cité par Le Laboureur.
1. Bibl. Nat.. ôih» Colberl. V. 114-33. et Arch. Rotrou. Chavigny à Guébriant: Narbonne, 2 mai 1612. Bibl. Nat., .>W Colberl. V. 114-39. Chavigny à Guébriant : Monfrin, 22 juin lfi42.
2. Bibi. Nat., 500 Colbert. V. 114-43. et Arch. Rolrou. Chavigny à Guébriant : Paris, 19 août ir.42. Arch. Rotrou. V. 11-193. Guébriant à Chavignv: camp crUrdiniren. 22 juillet 1642.