‹ Le Maréchal de GuébriantChapitre 84 sur 159 · llisl. du Mdi'échal de Giièhriunl, par J. Le Laboureur · texte numérisé non relu

llisl. du Mdi'échal de Giièhriunl, par J. Le Laboureur

2. Bibl. Nal., ôoO Collx-rt. V. I(i8-12:». De Noyers à Guébriant; Saiiillierinain, s décembic 1<>42.

3. Bibl. Naf., llr., \. ;i83;>-2S<i. M;i/,ariii à tuiébriaiiL; Saiiit-Geniiaiii, 9 décembre 1G42.

4. Il existait alors à lloine deux cardinaux Barberini, neveux ilu

Après le décès du Père Joseph, le cardinal de Richelieu remploya dans les allai res les plus secrètes, et le désigna comme ministre plénipotentiaire à Cologne en 1640 pour y traiter de la paix générale — mission délicate s'il en fut. — Le congrès n'eut pas lieu, mais Jules ^lazarin n'en obtint pas moins le chapeau de cardinal, en récompense des services rendus et en prévision de ceux qu'on attendait de lui. Deux ans plus tard, le 5 décembre RÎ42, au lendemain de la mort de Richelieu, Louis Xlll le choisissait pour continuer la polili(|ue intérieure et générale, comme étant le plus initié, comme étanl le plus apte à poursuivre le vasle programme qu'il avait adopté de concert avec le défunt cardinal.

Doué dune grande pénétration, Mazarin était d'une merveilleuse adresse à manier les aflaires intérieures et extérieures. Il savait juger et discerner, choisir les sujets capables de remplir les emplois; dans la bonne et la mauvaise fortune, il affectait un moral toujours égal. Fin, rusé, pour ne pas dire retors, souple, insinuant, il avait le don de la dissimulation au plus haut degré, ne laissant jamais soupçonner les sentiments qui l'animaient. Son abord facile lui donnait cependant une apparence de franchise et de droiture, à laquelle il était imprudent de se fier. Ne tenant aucun compte de la parole donnée, manquant totalement de reconnaissance, il savait profiter des avantages qui se présentaient. En butte à des haines implacables et à la jalousie, il pardonnait à ses ennemis, même avec le sourire sur les lèvres, non par générosité, non par

pape Lrbaiii\'III : l'raiiçois, laine appelé dans les documents français: le cardinal Barhnrin, ou Barberin ou Barherini) dirigeait le gouvernement pontiliral -, il était très ho.stile à la France et favorable aux Espagnols. Son frère Antoine, dit le cardinal Anloine, était, au contraire, hostile aux Espagnols et favorable au parti français. Chevalier de Malte, cardinal, archevêque de Reims sans jamais en avoir rempli les fonctions, grand aumônier de France — titre tout honorifique — il accepta, malgré son frère François et son oncle Urbain VIII, dctre comprotecleur de la Couronne de France. Il appuya Mazarin de tout son crédit. Les cardinaux François et .\ntx>ine avaient aussi pour frère, dom Thadeo Barberini, et pour oncle, un autre Antoine Barberini, capucin puis cardinal.

LES DERMEUf .MOIS HE lf)^,2 y.Ql

grandeur (ràiini, mais par crainte de se perdie Iiiiiiirme en se vengeant, et n'en tonservail pas nanns lin piofond ressentiment. [>e pouvoir accentua ces défauts.

Il n'épargnait pas 1 argml poui- se laire des cr«''a- Imes; mais, conmic il n'elait rien moins que libéral, il payait mal les services rendus lorscpTil n'en attendait pas d«' nouveaux. L'amoui- du gain lui lit jouei- gros jeu. Fastueux, il satisfit son goût pour les arts — talileaux. statues, livres, musique, spectacle, architecliire, — aima le grandiose, le luxe en tout génie, le Itrillantde l'existence. Il dépensa, dit-on, plus d'un million à faii'e représenter l'opéia d'Orphée.

On sait comment il établit ses nombreux parents venus d'Italie, surtout ses nièces qu'il dota de biens immenses '. Deux laits prouvent aisément à quelle situation considérable il parvint rapidement. Dès le 21 avril l()4;i, il servait de parrain au Dauphin, avec Mme la princesse de Condé pour marraine ; le même mois, le duc de Longueville, entrant au Conseil de llégence, pienait rang (^//)rt'.s/w/, en ver tu de lettres patentes-'. Au comble des richesses et de la puissance, il ne perdra le pouvoir qu'avec la vie en lOGl.

Le 24 décembre, M. de Koque-Servière, porteur des (b'pèches de rarmée d'Alh'inagne, était reçu avec bien- \eillance par le lloi et ses ministres, « comme une personne venant de votre part, c'est beaucoup dire... », écrivait, le M, Sublet de Noyers au maréchal. En cc^fpii concerne les opérations à exécuter, le secrétaire d'Etat

1. Picliu Mnzariiii et Oileii/.i.i liulT.iliiii euivnt pour fiifnnls :

JuIps Mazarin, cardinal, succertseur de Hicliclieu.

Laiire, qui épousa JiMiMue Marlinozzi, dont elle eut une lille mariée à Alphonse d'I.'ste, duc de Modène, et une autre mariée à .\rmand de Bourbon, prince de Conti.

Iliéronyme, qui épousa Michel-Laurent Mancini, dont elle eut la duchesse de Mercœur, la comtesse de Soissons, la princesse Colonna, la ducliesse de Mazarin. la duchesse de Bouillon, le duc de Nivernais.

Michel Mazarin, cardinal archevêque d'.Vi.x.

•2. .\IT. Kir. l'rancc., W 7'jr, his-2'Ji. .VIT. t;tr., France. V. 409-43.

répond à Giiébriant d'agir en pleine liberté et de se porter où bon lui semblera. Quant aux moyens d'action, Sa Majesté fait de grands préparatifs, voulant montrer aux ennemis que Dieu, en rappelant à lui le cardinal de Richelieu, n'a pas voulu abandonner la France. Le Roi « ne maintiendra pas seulement son Etat dans la glorieuse assiette en laquelle il est, mais poussera outre avec vigueur, et, avec une inébranlable liaison avec ses alliés, les saints et louables desseins qu'il a de tout temps pour la paix et le repos public'... » Comme il faut aviser au plus vite, Roque-Servière tirera des garnisons du Brisgau jusqu'à 1.500 hommes et d'Oysonville se chargera de fournir 200 chevaux d'artillerie, du canon, un pont de bateaux, des munitions, du blé pour nourrir 10.000 fantassins durant trois mois-.

De Landstedt, Guébriant expédia en toute hâte, le 31 janvier 1643, un autre gentilhomme à Saint-Germain Il lui fallait une prompte réponse à la mission de Roque-Servière. Les deux courriers se croisèrent.

Le maréchal de Guébriant n'avait pas attendu le retour de ses courriers pour prendre une résolution. Sans renfort, un peu isolé en pays ennemi et lointain, craignant de voir la mort du cardinal duc modifier les Ijounes intentions de la Cour à l'égard de l'armée d'Allemagne, il avait jugé prudent de se rapprocher de Brisach. Le 20 décembre, il quittait donc Mulhausen et se dirigeait vers la Franconie. en traversant la Forêt de Thuringe, près de Waltershausen et de Smaikade-^. 11 s'emparait de Gemunden, d'Aschaftenbourg, de Lohr et d'autres moindres places qui le rendaient maître du

l.Arch. Ilotrou. De Noyers à Guébriant; Saint-Germain. 31 déceml)re 1642. Cité par Le Laljoureur.

<< Je vous dirai seulement que le lloy, suivant les maximes de nostre cher délfuiit, ne vous prescrit lien, laissant à vostre prudence d'as^ir selon les occasions que 1 Htat et les forces des ennemis vous mettront en main.... qu'ainsi vous pouvez aiîir en pleine liberté... »

2. Bibl. Nat.. 500 Colbert. V, 108-13:^, et Arch. Rolrou. De Noyers ù (Guébiianl), .So décembre 1642.

3. Gazelle du 10 janvier l<î43, n» 5. De Cassel, 22 décembre lfi42. De Francfort, 28 décembre 1G42.

LES DERNIERS MOIS DE l(i',r>

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1. (iazetle ilii 17 [.iiivici- ir>i:'>, ii' s. |)(* M.iyciicf, 1" janvier KU;^. (iazelle du 17 jntivior ItUH, n 1». I>e I i-.incfoit. 2 j.iiivicr lf.4;{. De Spire, H jîinvier lti4H.

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