‹ Le Maréchal de GuébriantChapitre 86 sur 159 · I.A MOHT 1)1 HOI Hll · texte numérisé non relu

I.A MOHT 1)1 HOI Hll

de blé. Aussitôt les cantons catiiolkjues s'alarmèrent et dépêcheront vers raichidiicliesse d'Innshruck, la priant de prendre (Constance sous sa protection. De là. le baion d'Oysonville courut atta(iuer \ illiriot;ii, puis rejoignit le général d'Krlach en Wurtemberg. Assez fier de son ('\j)édilion, il en informait le maioclial de Guébriant, et lui avouait la perte de 2 ou '.\ liomines seulement, « «pii, je pens(; mesmes, écri\;iil-il. ne se sont ])as bien reconnus dans Tobscuiité, et ont été tuez des nostres ' ».

Les événements semblaient prendre une heiirense tournure», et, non sans flatterie, M. de Saint-iiomain tlisait au cardinal Mazarin : « Les allairt^s de pai- deçà \onl leur train ordinaire sans qu'il y paraisse en rien (|ue monseigncnir le cardinal de Piicbelicu soit mort •'. >

Sur ces entiefaites, le nuiicchal de (juébiianl franchissait la Tauber à Lauda et s'empaiail de LaufTen sur le Neckar ; ses conieurs atteignaient Ileilbronn et fleidelberg ; (juel<|ues jours plus tard il étendait ses (juartiers jusqu'à >Vimpfen et Heidelberg^. Le duc Charles, ayant rejoint le duc de Bavière, mettaçait continuellement l'armée française, qui campait sous la neige depuis six longues semaines, attendant toujours les renforts demandés par Ro([ue-Servière, promis, annoncés même. Pour avancer les affaires, Rotrou avait reçu l'ordre du maréchal d'accompagner Roc[ue-Servière à Saint-Germain : « M. de Noyers commence à donner de bonnes paroles », écrira M. de Kotrou ; Roque-Servière le presse, et le « sollicite de sy près qu'il aura bien de la peine de s'en deffendre. Néanmoins il n'y a encor fien de résolu ^... » Ces renforts n'arrivaient pas ; vivres et fourrages maïKjuaienl ; les ennemis — Jean de Werth surtout — étaient de plus en j)lus pressants. Le maréchal alla donc prendre ses quartiers dans le Bris-

1. Bibl. Nat., 500 Colbert. V. 111-7. De Noyers à Guébriant; Ueberlingen. 29 janvier 1(743. Cité par Le Laboureur. Arch. liotrou.

2. AIT. t-;tr.. .\llem. corresp. V. 17-27. Hambourij, 10 février HJ4H.

3. (iazelle du Hl janvier KilH, n» 13. U'A^cbalTenbourir, 11 janvier 1G13. De Spire. 1") janvier. De llanau, Ifi janvier lfi43.

4. Arch. Rolrou. \'. III-3. Rotrou à Guébriant ; 17 janvier 1643.

gaii et le comté de Rotelin, sur le versant de la Forèt- Noire, les espaçant depuis Waldshut jusqu'aux environs d'Oflenbourg '.

Depuis la retraite de 1 armée royale dans le Brisgau, les Bavarois s'étendaient dans tout le Wurtemberg. Le duc Charles, remontant sur Worms, espérait occuper le Palatinat, mais, le trouvant solidement garni d'Espagnols, il revenait vers Spire. Le magistrat de cette place, à son approche, faisait fermer ses portes, armer les bourgeois, préparer le canon des remparts ; des députés déclaraient au prince qu'on ne le recevrait pas, les vivres étant extrêmement rares; ils le mettaient ainsi au comble de Firritation et le déterminaient à repasser le Rhin pour loger dans le margraviat de Bade, avec Pforsheim comme quartier général, en un pays abandonné, totalement ruiné-.

Nulle réponse n'arrivant de Saint-Germain, Guébriant renouvela l'exposé de ses besoins. Roque-Servière revint de France, un jour, napportant que des promesses d'argent et de troupes, et beaucoup d'eau bénite de Cour. « Outre l'inclination que j'ay naturellement

1. Gazette du 2>i février 1643, n" 26. Lettre de Jean de Werth du 2 février 1643.

Le 31 janvier, les colonels TruckmuUer et Spork. secondés par Jean de Werth. essayèrent de surprendre les colonels de Wittgeuîstein et Oehm à Endersbach (entre Schorndorf et ^^'aiblingen) Le combat dura trois heures et fut des plus chauds. Le colonel Etienne de Werth, frère de Jean, y périt, et Jean obtint du maréchal de Guébriant qu'on jiortàt le corps à Slultgard au cloître de Bubenhausen (Gazette du 28 février 1643, n" 25. De Stuttgard, r, février 1643 . (Aff. Élr., Allem. corresp. V. 17-28. Affaires d'Allemagne du 1'^' au 12 février 1643 ; et V. 17-31. Affaires dWllemagne jusqu'au 20 février 1643. Pour M. de Chavigny.) Guél)riant établit son quartier général à Endingen, où d'Erlach vint le trouver afin de voir quels logements seraient donnés à l'armée sans porter préjudice à la garnison de Brisach qui tirait ses ressources des régions proches.

Bibl. \al., ôOO Colbert. V. 108-149. et Arch. Rotrou. De Noyers à Guébriant; Saint-Germain, 2 mars 1643. Voir aussi : Aff. Étr., Allemagne corresp. V. 17-.")2. Affaires d' Allemagne jusqu'au 24 février 1643.

De Noyers le félicite d'avoir "mal traitté » Jean de Werth, et d'avoir marché vers les sources du Danube.

.\ff. Étr.. Ail. corresp. V. 17-.14. Affaires d'Allemagne.

2. Confirmé par des lettres de Sublet de .Noyers à Guébriant. (Bibl. Nat., .ÔW Colbert. \. 108-141, et Arch. llolrou; Saint-Germain, 23 janvier 1643:. Bibl. Nat., âOO Colbert. V. 108-143, et Arch. Rotrou. 7 fé-

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d'Iionorei' les Ikhiiiim's oxtraordinaiics, je sciois mauvais sei-vileiii- du lîo\ , é( rivait le cardinal Ma/ariu au maréchal, ou j'ignoierois les services que vous lu\ avés rendus et que vous luy rende/ tous les jours, si j'avois d'autres sentiments poui* vous '. »

Guéhriant en est. donc encore réduit à se lii-er d'affaire seul. Le 20 février, il est toujours aux enviions d'Offenbourg ; mais, après être reslt; un mois en présence de l'ennemi qui refuse de combattre, ne j)Ouvant plus trouver de vivres, il se résout à pénétrer dans la vallée de la Ivinlzig'-. De Wolfach, il expédie M. de (largret, mestre de camp, avec ordre d'exposer une fois de plus et de vive voix tant au lloi qu'aux ministres le j)iteux état de son armée. Dans les lettres conliees à(largret,le maréchal dit en substance (jue, n'avant ])u résoudre l'ennemi à combattre, il a dû prendre ses (|uartiers à ^^'olfach ; il attend un « promj)t et puissant secours»; ses troupes se ruinent-^ Un mois de campement, par le plus grand froid qu'on ait encore eu, a décimé hommes et chevaux ; désormais on ne pouira faire aisément des recrues ; il est donc de haute importance de fortifier au plus vite l'armée avant que l'ennemi n'ait le temps de rien entreprendre. Sans le secours demande'', écril-il à Mazarin, « \'oslre Imminence jugera bien ((ue les allai i<'s d'Allemagne se trouveront «Ml un dangereux estât. Je scay bien. Monseigneur, que l'on alléguera aussy losl 1 impossibilité (|u'il y a de faire |)asser des trouppcs françaises en Allemagne, mais aussy ay-je à répliquer ([ue françaises, écossaises, irlandaises ou allemandes, il y en faut envoyer .de bonnes et en grand nombre, autrement (jue celles que Sa Ma-

vrier ? « Vous renvoynnl M. de Roqueservière qui est une leUre vivante et très l)ien iiistiiiito île loutesi les résolutions prises de deçà... ». Lettre du Hoi à Gu«-liriant Bil)l. Nat.. .">00 Colberf. V. 109-82, etArch. Rotrou ; Saint-Cierniain, 24 janvier 1(!43).

1. Ribi. Nat., 500 Colbert. \'. ll(;-37,et .\rch. Roirou. Mazarin à (luébriant; Saint-Germain, 31 janvier l.")43. Cité par Le Laboureur.

2. Arch. Rotrou. \. Ill-:i>!, Guébriant au Roi; \\ollach, 1" mars ir.48.

3. .\rch. Rotrou. et Le Laboureur. Les lettres adressées au Roi, à Mazarin, à (".liavigny, à de Noyers, sont datées de Wolfach, l" mars.

31i LE MARÉCHAL DE GUÉBRIANT

jesté y a présentemenl seront obligées de repasser le Rhin, et les Suédois, peu après, d'en faire bien tost de mesme de l'Elbe... S'il m'est permis de dire avec liberté mon sentiment, je ne trouve pas qu'il y aye de comparaison entre la prise de la meilleure et plus considérable ville de Flandre el d'entretenir |)Uissamment la guene en Allemagne avecque quatre mille hommes de pied et deux mille chevaux allenuinds de renfort'. »

Ne pourrait-on pas lui envoyer des régiments actuellement en Alsace ; il est vrai que ce serait un « très rude » ordre pour le mar(|uis de Montausier, dont le gouvernement en serait affaibli, et peut-être même ruiné.

A la Cour tout le monde est d'accord sur la nécessité d'avoir des effectifs considérables en Allemagne ; mais connnent se les procurer!* Le lioi ne va-t-il pas se mettre, dès le début de mars, à la tête d'une armée qui opérera contre les Espagnols en Flandre? Il la faudrait puissante et munie de tout ce qui doit assurer le succès -. Les dépêches que porte M. de Carwret à la Cour, toutes du 1" mars, se croisent avec une lettre que Sublet de Noyers écrit à Guébriant le 23 février." Le secrétaire d'Etat lui avoue qu'il commence à devenir considérablement importun; on le trouve trop pressant; il ennuie; on ne lui accordera pliis rien, car il sollicite avec trop d'insistance. Le sieur de Roque-Servière, récemment venu de sa part, les a tous « tellement épuisés j>ar la longue presse faite icy pour les intérêts de son armée » que le courrier suivant a vu, dès son arrivée, « et la mer et les rivières taries... Et je ne vous cèlerai point, ajoute-t-il, que l'on trouve quelque chose à redire à de si fréquentes instances pour de l'argent ; veu que si l'on fait comparaison de l'armée de Suède et de la vôtre, qui servent en même pays et pour une même cause, il sera bien aisé d'y remarquer une trèsnotable différence de traitement,

1. (Lettre du 1" maf-s). Il demande à de Noyers 4.000 fantassins, 2.000 cavaliers, 200 chevaux dartilierie.

2. Èibl. Nat., 500 Colberl. V. 114-55, et Arcli. P.ofrou. Chavigny à Guébriant : 31 janvier 164:^.

LA Aïonx Dr ROI 31.'.

\o seul voyage de M. fie Moque-Servière ayant enlevé lie la l'iance |)lus d'argenU^ue l'autre armée n'eu touche de Suède eu deux niois ; et néanmoins il n'a pas été j)lus tôt parti (|ue l'aillre est revenu faire tie iKUivelles demandes et de nouvelles instances d'aigeut, comme s'il se puisait au seau ainsi que l'eau des fontaines... » (^uant au renfort, on conlinueà faire le possible <« pour former quelques petits corps de Français ». l)n n'est même pas sûr d'y réussir, et puis ils ne seront que de 1.000 à 1.200 hojnmes. Aussi autorise-t-on le maréchal à s'entendre avec l']rlach et d'Oysonville pour utiliser une partie des troupes du Rrisgau ^ (^u'il se tire d'aiîaire !

Quel secours réel Guébriant [)()uvait-il donc attend le de Brisach ! D'Oysonville s'en ouvre à lui «iaiis une lettre du 19 janvier: il cédera volontiei-s qiieUjMes j)iéces d'artillerie et des troupes, mais si le lîoi lui en donne directement l'ordre et le moyen de les remplacer-.

Vax même temps que la lettre de Sublet de Noyers, en parlait une autre, de Mazarin, plus aimable et plus réconfortante. « Je ne puis, écrivait-il au maréchal, tourner les yeux du costé de l'Allemagne (jue je ne vous considère connue celuy qui commande une armée qui est comme le bras droit de Sa Majesté et le rempart de ses estats, Aussy vous avés pu voir, par l'esfort qu'Elle a fait pour la contenter, à quel point Elle Testime. Nous ferons tout ce qui se pourra pour la fortifier d'infanterie : mais on ne peut pas tousjours tout ce qu'on veut, au moins si tost que Ton le veut, et vous devés consiilérer la multitude d'affaires que le Roy a sur les bras, et lé nombre d'armées qu'il est obligé de tenir sur pied pour continuer la guerre '. »

Quelque peu radouci, de Noyers reprenant sa plume

1. Bil)l. Xal., ."iiK) CoUtert. V. lOS-HT, el Arcli. Hulrou. Saint-(jeniiaiii, 23 lévrier. Cité par Le I.ahoureiir.

•2. Bibl. Xat., 500 Colbert. V. 111-.".. Oysonviile à (uiéjjriant ; ly janvier H>4H. Cité par Le Laboureur.

3. Bibl. Nat.. .'iOO Colbert. V. lU;-ll. Ma/.ariii à ( iuébriant : Sairil-Germain, 2S février 1643. Archive:* Bolruu. Cité par Lo Laboureur. Publié par A. Chéruel.

le 12 mars, disait à M. de Guéhriant : « Après les premiers mouvements, le Roy a faict appliquer son conseil à chercher les moyens de satisfaire à ce que vous désirez et que nous ne jugeons pas moins nécessaire que vous. » On fera marcher un corps par Nancy jusqu'à Brisach, avec toutes les précautions imaginables pour éviter le débandement K Et de nouveau Mazarin s'exprimait en termes très catégoriques. Il a déjà fait connaître ce qu'il pense des affaires d'Allemagne et avec quelle forte passion il a porté le Roi à les appuyer avant toutes les autres. Aussi Guéhriant a-t-il pu voir les effets de cette Aérité par l'argent qu on lui a envoyé; il le verra plus clairement encore par le renfort qu'on expédie — « 6.000 hommes de pied, dont on croit bien qu'il en pourra passer 4.000 effectifs, et 500 chevaux. »

« Nous n'avons icy rien tant à cœur, ajoutait-il, que de rendre en ce pays-là les armes du Roy florissantes, r/est pourquoi je vous supplie de me mander franchement le nombre esfectif des hommes qui y passeront, et ce qu'il faudra faire de temps en temps pour tenir les choses tellement en estât qu'il n'en puisse pas arriver faute ; vous promettant avec A'érité que je n'espargneray ny mon crédit, ny mes osfices, asfin que vous ayez tout sujet d'estre content de ce costé-là, comme aussi je me j)i'omets de vous faire a oir, dans les occasions, que vos intérêts particuliers ne me sont pas moins chers que les miens propres -... »

Ces lettres se croisaient avec celle de Tracy à Chavigny : Si la Cour, y disait-il, n'envoie le plus diligemment possible au moins trois mille hommes de pied effectifs et quinze cents chevaux, l'armée sera contrainte de repasser le Rhin et de relâcher jusqu'au Barrois. « Si cela est, vos vivres et l'artillerie vous coûteront cinq cent mille livres par an, plus qu'ils n'ont fait jusques à cette heure; l'Alsace et les garnisons

1. Bibl. Nat., 500 Colbert. V. 108-151. De Noyers à Guébriant ; Saint- Germain, 12 mars H)4H.

2. Bibl. Nat., 500 Colbert. V. 116-45. Mazarin à Guébriant, Saint- Germain, 16 mars 1643. Publié par .\. Chéruel.

seront entièrement rnint'os, même les j)rovinces à 30 et 40 lieues de cette armée s'en iess<intiront. Si le remède n'est promj)!, vous me ferez riioniicur île vous souvenir (|ue je u'ai pas néglige'' d'en donner l'axis nécessaire '. » A la('our on eut peur, mais les choses n'allèrent [)as aussi \ itc qu'on l'espérait tant à Saintrîci-main (pi'à l'ai niée. Le sieur de FolIe\ ille pai'lit en toute hâte dans le courant d'avril, poui- faire grouper et avancer les régiments du lot, de Hatilly et de Uoncherolles, ainsi ([ue les le\ées faites j)ar les gouverneurs des places de Champagne, des é\ècliés et de la Lorraine, w Je fait/ <;stat, écrit le lloi le 27 avril à (iuébriant, (|ue toutes ces lr(3upes seront passées vers vous dans la lin du mois prochain au plus tard... Je m'asseure que vous marcherez en ce temps, a-t-il soin d'ajouter, poui- l'exécution des desseins (jue vous m'avez proposez j)ar le sieui* de Roque-Servière, et (|ne vous n'y perdrez aucun moment de tem|)s ny aucune occasion d'employer utilement mes armes comme vous avez fait par le passé -. » Guébriant, conformément à des ordres antérieurs, enverra au-devant des renforts un « homme d'intelligence et de capacité pour en faciliter le passage ». Afin que ces troupes 'Mitrent en Allemagne « |)lus gayement et plus commodément », on distribuera, au départ, de l'argent aux ofliciers et aux hommes et on leur en donnera encore à Brisach. Pour tout le reste, on s'en rapporte au maiéchal, qui assurera les ofliciers de la sympathie du cardinal Mazarin. « Je ne vous parleray pas^ ajoute ce dernier, de l'estime <{ue je fais devostre mérite et delà forte passion que j'ay de porter le Roy à le reconnaistre. J'ayme mieux que les elïetz vous le tesmoignent que mes paroles '■» . Ciuébiiant pourra choisir le mar-

1. AIT. Kir., Allemagne conesp. V. l'-ôtî. Tracv à Cliavignv; Bàle, 12 in,ii> ir,4:^.

-'. Bibl. Nal.. 500 Coliierl. V. 10!»-5M». Le Hoi à Guélnianl; Saint-(iertuain, 27 avril ItUH. Bibl. Nat.. Viu Colbcrt. V. 116-61. Mazarin à Guébriant : Saint-Germain. 2S avril 1648.

3. Hibl. Nat., ."jOn Colbert. V. 116-4!». Mazarin à Guébriant: Saint-Germain, 21 mars 1643. Cité par Le Laboureur. Publié par .\. Chéruel : Lettres du cardinal Mazarin. .Vrch. Rotrou.

318 LE >fARECHAL OE GUEBRIANT

quis de Montausier ou \e baron d'Oysonville pour lui amener le renfort, et, à cet ellet, il reçoit des ordres en blanc qu'il remplira lui-même •.

Peu ému des boutades de Sublet de >^oyers, Guébriant, d'Heitersheim le 15 mars, écrit au Hoi. 11 entend être compris et s'exprime clairement; ce qu'il demande n'est pas pour lui, mais pour l'armée et dans l'intérêt du royaume. Ce n'est pas de sa faute, certes, si l'armée d'Allemagne coûte plus cher à la Couronne que celle de Torstenson à la Suède; «mais, ajoute-t-il, j'ose bien assurer que jamais armée n'a servi la France à si bon prix que celle-ci a servi jusques ici Sa ^lajesté ». Lui-même a fait de son mieux pour « apporter en tout un bon ménage » ; non seulement il a évité de réclamer du superflu, mais il s'est passé trop souvent du nécessaire, n'ayant reçu « ni denier ni maille pour lever des troupes ». Sans 4.00U hommes de pied et 2.000 chevaux de bonnes et vieilles troupes comment pourrait-il repousser l'ennemi et prendre solidement pied dans le pays ! D'Erlach, depuis qu'il a niis une garnison de 600 hommes à Ueberlingen, ne peut distraire aucun réginient; si l'on ordonne à ^lontausier d'aiîaiblir l'Alsace, ce scM-a au détriment de la campagne future.

Quelques malintentionnés faisaient alors courir le bruit à Saint-Germain et à Paris que le piaréchal avait levé beaucoup de contributions dans le Wurtemberg, en Franconie et autres lieux -. « Sur quoy, Monsieur, écrit Guébriant indigné à M. de Noyers, sur quoy j'ay crû être obligé de vous dire, qu'encore que j'aye plus de besoins de bien que gentilhomme de France, pouvant faire serment devant Dieu de n'avoir pas augmenté ma fortune depuis que je suis marié de la valeur d'un teston. Si est-ce, Monsieur, que je n'ay jamais été tou-

1. Bibl. Nat.. .50n Colbert. V. lo!)-87. Le Roi à Guébriant; Saint- Germain, 21 mars 1643.

2. Guébriant exigea de \Vurtzbourg 10O.iX)O richedales, des vêtements pour 6.00O soldats et le logement pour 7 réginients d'infanterie et l.OoO rhevaux. Gazelle du 7 février lt;43, n" 1*>. De Wurtzbourg, 12 janvier lt;43.

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