Hisl (lu ma récita' de Guébrianl, par .1. Le Lal)Oureur
2. AIT. Etr., Allemagne corresp. \'. 23-<>.5. Guébiiant à Mazarin ; Wolfacli. 1" août 1(143.
« Je fis donner un assaut par 400 hommes commandés,., pour voir si les bourgeois et paysans ne pouvoient pas prendre quelque épouvante ; mais comme le canon n'avait pas eu le temps de ruiner les défenses, ni... »
LA MORT DU HOl 341
du bagage, court, les devance, et leur coupe la route entre ces doux localités.
A peu de disiarice des quartiers français, ((u'on a pu instiller monienlaiuMnent à IIoi'Ij, lescmieiuis lienuont leur camp serré et bien icliaiiclK', mais ils semblent redouter d'en venir aux mains. In jour cependant, ils tombent sur le poste avancé des régiments de Bel/, et de Tracy, avec l'idée d'attaquer ensuite (iuébrianl, dont la droite et la gauche campent séparées par un lai'ge et malencontreux fossé. .\u secours de jietz et de Tracy accourent prestement les corps de (ïuébriant et de Fleckenstein, ceux de Uussworms et de Jeune- Rosen, et successivement d'autres troupes. Les ennemis se mettent alors en bataille avec une extraordinaire résolution. De chacune de leurs ailes simultanemenl ils détachent mille chevaux poui* dessiner une attaque envelop[)nnte, inspirant tout d'abord aux nôtres une certaine émotion. Ihnotion légitime ! Oue va-t-il se produire ? Jamais aussi clairement n'avait apparu la faute commise dans l'installation du camp fi-ançais, divisé par rinfi'anchissable fossé ! Mais voici Guébriant! Sur le fameux clieval de Hernard de Weimar, sur le Habe, il |)asse avec calme devant le front des ti'oupes, s'arrête, et, d'un air gai : « C'est ce ([ue nous cherchons (le|)uis longtemj)s, crie-t-il aux siens d'une forte voix ; loué soit Dieu (|ui nous donne cette bonne aventure. Nous vaincrons assurément si nos compagnons veulent être aussi courageux que dans les autres occasions ». llosen traduit en allemand ces nobles paroles aux Weimariens. La confiance-, un instant chancelante, renaît.
Néanmoins (luébrianl ne peut utiliser (luiine partie de l'armée, à cause du fatal cours d'eau. Il agit |)ar intimidation. Deux canons — les seuls qu'il ait alors sous la main — et 800 mous(|uetaires tirent ensemble ; les troupes se déploient. L'ennemi trompé recule. La nuit vient ; le mai'échal en profite aussitôt pour réparer la grave défectuosité de son campement ; il fait rapidement passer de son côté tout le reste des troupes en prévision d'une nouxelle attaque. Cette journée est
intéressante en ce f[ue le désastre fut conjuré pav la confiance que M. de Guébriant sut inspiier aux soldats et pai- le fait d'avoir pu en imposer aux Bavarois.
(^ue n'aurait-on pu faire avec le concours des Hessois ! l^ourquoi ceux-ci demeurent-ils inutiles ? (iuébriant écrit à la landgrave, le G août, et à Beauregard, alors à Cassel '. 11 s'adresse également àKonigsmark, général-majoi- de Suède, et le prie de marcher, d'exécuter sur le Mein ou dans le Haul-Palatinat quelque chose pouvant forcer les ennemis à se disjoindre ; faute de quoi lui-même n'aurait plus (ju'à sono-er à la consei-vation et au rétablissement de ses troupes, laissant alors aux adversaires toute liberté de se tourner où bon leur semblerait. Depuis trois ans déjà qu'il assiste les alliés, quel aide en a-t-ilreçu.' La landgrave se confond en excuses et tait de larges promesses ; Rônigsmark ne donne que des réponses vagues"-.
« Ici il ne se fait rien, écrivait de Cassel, quelques semaines auparavant, le sieur de Beauregard; le comte d'Eherstein et les troupes de ces quartiers ne visant qu'à troubler les desseins des autres san$ rien entreprendre. Ledit sieur Ivônigsmark avait donné ({uelque espérance de se joindre, de faire quelque entreprise de concert, mais il a changé d'avis. Les Suédois ont pris quelques ombrages du retardement de votre marche; mais j'ai toujours mandé le contraire -^ « Depuis plus de deux mois, en efîet, Eberstein demandait au comte de Kônigsmark de s'unir aux Hessois, et ce général, détaché de l'armée de Suède, prétextait toujours avoir d'autres ordres '. Il préférait agir uniquement à sa guise, s'emparer de petites places, mettre à contribution les évéchés de Bamberg et de Wurtzboui-g ainsi quelaFranconie ; demanderpassageà Franc-