‹ Le Maréchal de GuébriantChapitre 96 sur 159 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

GUÉBRIANT MEIRT A ROTTWEIL (1643)

I. — Xéi-'es~iti" pour (iuébriant d'entrer en Alsace. — Il lui faut un renfort pour repasser en Allemagne. — Tracy à la Cour. — Le duc d'Fnghien renforcera l'armée d'Allemagne. — Enghien ne se pressepas. — Lenteurs et difficultés — Le manque de vivres en Alsace. — Villes et personnages divers cherchent à en faire sortir Tarnièe. — Mauvaise attitude du résident Mokel. — Discussions avec Strasbourg et les Suisses. — Intelligences secrètes de l'ennemi dans l'armée française. — Enghien amène le renfort commandé par Rantzau. — Son voyage. — .S'a réception en Alsace. — Rantzau est très mal vu à l'armée. — Notice sur le comte de Rantzau.

IL — Guébriant franchit le Rhin. — Marche sur Rottweil. — Hosen se • fait battre. — Attaque de Rottweil. . — Guébriant mortellement blessé le 17 novembre. — Rottweil capitule le 19. — Guébriant meurt a Rottweil le 24 novembre. — Parallèle entre Bernard de Saxe-\\"eimar et (Guébriant, qui n'a d'autre vaillant que l'honneur. — Guébriant juqé par le duc d'Aumale.

La situation des Bavarois, auxquels l'Empereur uc peut accorder aucune aide, est encore aggravée j)ar réclalant succès du duc d'Enghien, qui a pénétré dans Thionville, le 10 août, malgré la plus brillante défense, avant l'arrivée du secours qu'amenait Charles de Lorraine*. Avec l'heureuse nouvelle de la piise de Thion-

1. Thionville pris, M. de Ghoisy en fit l'inventaire le !) août. On trouva dans l'arsenal et le magasin au delà des csi)érances : :W à 40 pièces d'artillerie, du blé en abondance. On marchanua imtnédia-

OUEBRUNT MELHT A KOTIURIL 347

ville, s'en piujiagenl également d'auUes favoiables aii\ alliés: Torstenson est passé, à la face de (iallas, (If la Havièic^ en Moiavie, el, niailie de la eanipagne, il a\ance toujours, [)rt*nanl <juel(nies places, nieiia»;ant 1 Aiil licjit' ' : If piiiice d'i )faiit;<' seinhlf \oiiloir agir aci i\ tMiu'iit ; on eoni|)le sur le maréchal de la Mollielloudancourl pour envahir rAiagon à la tète d'une |»uissanle armée. Seul, ( inéhriant n'est j)as encore en elal de ris(|uei' une grande action. Il a (|uilté la vallée de la Kin/ig pour canijx'r à W'ilsledl. jnés de Strasbourg, d'où il tente d'enlever Rastadi, (|ue sauve l'apparition subite de Jean de \\'erth. N«: pouvant plus subsister-, harcelé par Kiancois de Meicy, il se résout à gagner l'Alsace cl franchit le lUiin près de NN'itten- ^veier. Uépandanl al(»rs ses troupes entre Henf(dd et W'olfisheini, il établit d'abord son (juarlier général à Molsheim, an centre de son infanterie, et, peu après, le poite à Erstein. Aux alenlouis, à plus ou moins faible distance de lui, Oehm et l'iidanterie allemande, les

liMiKMil la répaialinti des ?, IuctIios faites aux deux bastions et à la courtine. Les entrepreneurs promirent d "achever ces travaux avant 4 semaines, et à raison de 2S livres la loise.

(Bihl. Nat., Clairamhault. V. 3S7-1.S1. Saint-Aubin à lîrienne ; Metz, 11 août lf,4:$.

Bihl. Nat., 500 Colbert. V. 10!»-10î}, et Arch. Rotrou : cité par Le La- Ixmreur. Le Roi à duébriant : Paris, lt> août ir»4S :

" Mon cousin le duc d'Engliien y est entré le dixième de ce mois avec mes forces, l'ayant pressée si vivement ((ucn quarante jours de siège, il a réduit en mon pouvoir une dos plus fortes et considérables places de la chrétienté et de l'État des Pays-Iîas.... Je désire que de toutes parts mes serviteurs et sujets en rendent gr-Aces à Dieu et en témoignent une joie publique... » Il fera tirer le canon et donnera toutes les marfjues de réjouissances qu'il pourra.

Thionville était défendu par M. de Morthuez, gouverneur, ([ui. jiar moquerie, envoya des éperons au duc d'Enghien avec ces mots : « Je vous envoie les plus beaux que je connaisse, qui [liqueront si bien votre cheval, que vous gagnerez le chemin de Metz avant tous les autres. " Le prince en rit beaucoup, et répondit à pevi près en ces termes : « Monsieur, assuré que Dieu me fera la grâce de prendre Thionville, je vous prie de ne pas vous donner la peine de faire faire des cordes : en voilà une (|ue je vous envoie d'avance, cl (|ui servira à vous pendre au plus haut de l'une des portes. « Journal île Jean tauchez. greffier de Plappeville au xvii» siècle. Publié j)ar Ch. Abel et E. tle Bouteiller . Thionville avait été assiégé en ltiH9 parM. de l'iguier, gouverneur de Verdun pour le Roi.

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