I. — POSTÉRITÉ DE FABERT
De son mariage avec Claude Richard de Clévant, le maréchal de Fabert avait eu six enfants : trois fils et trois filles.
De ses fils le second, Nicolas, mourut en bas âge le 10 février IGijô; le troisième, Abraham-Louis, né le 11 mai lGb9, ne survBcut que peu à son père.
La carrière de Louis, l'aîné, fut aussi bien courte; mais elle se ressentit brillamment de l'éclat du nom qu'il portait.
Né en 1631 à Sedan, il se vit dès 1655 investi de la survivance du gouvernement de cette ville. Plus tard il re(;ut le commandement de deux régiments : l'un de cavalerie, qui portait son nom ; l'autre d'infanterie, qui garda celui de Lorraine.
Le 26 juillet 1665, à l'âge de quatorze ans, il prit d'une manière effective possession des prérogatives de sa charge de gouverneur, en prêtant un serment solennel devant le parlement de Metz en qualité de grand bailli du siège présidial de Sedan.
On ne peut pas savoir si une carrière dont les faciles débuts contrastaient singulièrement avec les difficultés qui avaient tant de fois retardé celle de son illustre père, aurait été, par les services et le mérite, à la hauteur d'un si glorieux précédent de famille. Mais ce qu'on sait c'est qu'il était, par sa vaillance, digne d'être le fils de Fabert.
En effet, envoyé en 1669, à la tête du régiment de Lorraine, dans l'île de Candie pour la défendre contre les Turcs, il fut tué dans une sortie, après des prodiges de valeur, le 28 juin de la même année. Il avait à peine dix-huit ans.
Des trois filles du maréchal l'aînée, Anne-Dieudonnée, née en 1639, fut mariée à Metz, le 3 octobre 1657, à Louis de Comminges, marquis de Vervins, mestre-de-camp d'infanterie, conseiller et premier maître d'hôtel du roi, né en 1630. Ce gentilhomme, fils de Claude Roger de Comminges et de Gabrielle de Preuilly, et petit-fils de Roger de Comminges, seigneur de Soboles et de Chanteille, était le dernier représentant de celte branche de sa maison.
Louis de Comminges mourut le 11 novembre 1663; un fils posthume, Louis- Joseph, naquit de cette union le 30 avril 1664 et mourut, sans alliance, le 2 novembre 1725.
La marquise de Vervins épousa en secondes noces, le 3 mars 1677, Claude-François de Mérode, marquis de Trélon , prince de Monlglars, comte de Baucigny, baron d'Argenteau, et en eut une fille, Anne-Marie-Françoise de Mérode, née en 1680, qui fut mariée à Henry de Guénegaud de Cazillac, marquis de Plancy, fils du comte de Montbrisson, garde des sceaux, et d'Elisabeth de Choiseul, fille du maréchal.
M"><> de Trélon était veuve en 1696.
Comme elle était, au moment de la mort du maréchal, la seule de ses filles qui fût mariée, elle recueillit ses deux jeunes sœurs, prit soin d'elles, et veilla à leur établissement.
La première, Claude, née en 1645, épousa le 4 février 1663 Charles-Henry de Tubières-Grimard de Pestels de Levis, marquis de Caylus, lequel mourut subitement le 28 décembre 1679.
Sa veuve ne se remaria pas. Elle mourut à Paris âgée de quatre-vingt-trois ans, le l" avril 1728, dans la pratique de la plus haute piété, et fut inhumée dans sa terre d'Esternay. La marquise de Caylus avait eu de son mariage trois fils et une fille.
Son second fils, Jean-Anne, comte de Caylus, lieutenant général et gouverneur du Dauphin, l'avait, dès 1704, précédé dans la tombe, laissant un fils unique, Jean- Claude-Philippe, qui fut le célèbre antiquaire de Caylus, mort en 1765 sans alliance.
Les autres fils de M">'' de Caylus furent , l'un , l'aîné , marquis en France , duc en Espagne et vice-roi du royaume de Valence ; l'autre , Charles-Daniel , évoque d'Auxerre.
Sa fille, Charlotte, fut mariée à Joseph-Robert, marquis de Lignerac, colonel du régiment du Perche et maréchal de camp. Par suite de la mort sans alliance de ses oncles, le comte Philippe de Caylus réunit l'intégralité du marquisat d'Esternay.
La plus jeune des filles de Fabeit, Angélique, née en 1648, fut mariée le 11 mars 1669 à Claude Brulard, seigneur de la Tour, baron de Treil et d'Abecourt, marquis de Genlis, colonel du régiment d'Artois, fils de Florimond Brulard , marquis de Genlis, lieutenant des gendarmes d'Orléans, et de Charlotte de Blicourt. Il mourut le 15 février 1673, laissant une fille, Marie-Claude de Genlis, citée plus bas.
Sa veuve épousa en secondes noces, le 19 janvier 1677, François 111 d'Harcourt, marquis de Beuvron, de Beaufort et de la Mailleraye, chevalier des ordres du roi, lieutenant général de la haute Normandie, veuf de Catherine le Tellier de Tourneville. Il était fils de François II d'Harcourt et de Renée d'Épinay, fille du maréchal de Saint-Luc. Il mourut le 23 avril 1705, laissant, de son second mariage, deux fils et deux filles.
L'aîné, Louis-François d'Harcourt, comte de Sésane, lieutenant général des armées du roi, décoré de la Toison d'or, mourut en 1714, âgé de trente-sept ans, sans postérité ; l'autre , Charles , se fit chevalier de Malte. Les deux filles , Henriette et Catherine-Angélique, épousèrent respectivement le comte de Béthune et le marquis de Talaru.
Marie-Claude de Genlis avait épousé en 1687 Henri d'Harcourt, né du premier mariage de son beau-père, qui devint maréchal de France, duc en 1700, duc et pair en 1709, et dont elle eut une illustre postérité.
La marquise de Beuvron mourut à Paris le 12 octobre 1730, âgée de quatre-vingtdeux ans.
Cependant, si le nom illustré par Fabert avait disparu si vite après sa mort dans la branche dont il était le chef, la descendance de son frère aîné devait encore, pendant un siècle et plus, le porter avec honneur.
François de Fabert, seigneur de Moulins, commissaire de l'artillerie des Trois- Évêchés, quatre fois maître échevin de Metz, de 1659 à 1662, chevalier de l'ordre de Saint-Michel en 1658, mort le 21 juin 1664, à soixante-quinze ans, épousa, en 1625, Suzanne Lespingal, et en secondes noces, le 25 octobre 1636, Madeleine Foës, fille de François Foës , seigneur de la Haute-Bevoye , Chevillon et Chelaincourt.
Il en eut douze enfants, dont sept moururent en bas âge. Il lui resta trois fils : François-Africain , qui suit ; Abraham, qui fut tué tout jeune encore dans la guerre de Hollande; Louis- Dieudonné , chanoine de la cathédrale de Metz, né en 1659, mort à Paris en 1702; et deux filles, dont l'aînée, Madeleine, fut mariée : 1° le 8 janvier 1660 à Jean d'Apremonl, baron de Lambresle, capitaine de cavalerie; 2» à N. de Roussy, marquis d'Alembon; et dont la seconde épousa Louis Malet, seigneur de Noizielle et de Luzort-en-Brie , conseiller au parlement de Paris,
APPENDICE 3'i3
François -Africain de Fabert, né en 1630, chevalier, seigneur de Moulins, capitaine lieutenant dans le régiment de Lorraine commandé par son cousin. Au retour de rUe de Candie, il fut nomme capitaine commandant au régiment Dauphin, mort en 1710. Il épousa, en 1694, Anne Flageolet, dont il eut : François, qui suit, et Jean-Joseph, mort en 1730 sans postérité.
François de Fabert, clievalier, seigneur de Moulins, né en 1G97, capitaine dans le régiment de la Reine, dragons, chevalier de Saint-Louis, mort en 1763, épousa, en 1728, Anne-Madeleine le Febvre, fille de P. le Febvre, seigneur de Vulmont, conseiller au parlement de Metz, dont il eut :
1" Abraham-Alexandre-François-Max imilien de Fahert, né en 1735, chevalier, seigneur de Moulins, officier d'artillerie, puis capitaine de cavalerie, chevalier de Saint-Louis, mort en 1806, épousa en MQQ. Anne- Marie- Madeleine Dubalay, fille de /. Dubalay, conseiller auditeur au parlement de Metz, dont il eut trois filles.
2° Africain- Alexandre de Fabert, né en 1741, capitaine d'infanterie, chevalier de Saint-Louis, mort en 1806, sans héritiers, d' Angélique-Elisabeth de Montmont, son épouse.
Ici s'éteint la lignée masculine des Fabert. ^
Des trois filles d'Abraham-Alexandre de Fabert l'aînée, Anne- Madeleine (M"^ de Moulins), épousa M. de Vernicr, et mourut sans postérité en 1842.
La seconde, Anne-Antoinelle-Maximilienne (M"'' de Grignan] , morte en 1840, épousa M. du Buat, chef de bataillon d'artillerie, chevalier de Saint-Louis, dont elle eut une fille, Françoise- Apolline , née en 1799, mariée au marquis de Marguerie, maréchal de camp, chevalier de Saint- Louis, commandeur de la Légion d'honneur.
La troisième, Marie- Antoinette- Reine (M^^^ de Fabert), morte en 1817, épousa M. Kaufmann de Bène, capitaine d'infanterie, dont elle eut une fille, Emilie , mariée à M. IL Desloges, ancien capitaine de cavalerie, chevalier de la Légion d'honneur, ancien maire de Toul.
La descendance du maître échevin Fabert est en ce moment continuée avec une haute distinction par les enfants du marquis de ]\Iarguerie et de M"*' du Buat : le marquis Gustave de Marguerie, inspecteur général des finances, le comte Evrard de Marguerie, et le vicomte Maurice de Marguerie, ancien officier de cavalerie, et par les enfants de leurs sœurs , M^^es \^ baronne de Benoist et Aimé de Lemud.
Ils sont les seuls arrière -neveux du maréchal Fabert et les derniers représentants de sa glorieuse race.