‹ Le maréchal-ferrantChapitre 13 sur 29 · BB A S T I E N · texte numérisé non relu

BB A S T I E N

Onjour , la belle enfant.

JEANNETTE, Mes^amis , j'implore votre fecours»

,ao LE MARÉCHAL FERRANT;

Du fecours , c'cft bian dit : je v'nons pour vous en demander. J'm'appelons irufUche.

JEANNETTE

Ce jeune homme vient de s'évanouir.

Not'âne eft à l'agonie.

J E A N N E T T E, hBaflitn.

Je le crois mort.

Nor'âne eft mort.

JEANNETTE

Eh non , bon homme y je ne parle point de votre âne*

Pargué , j'en parlons nous.

JVoulons confuiter le Maréchal.

JEANNETTES Euftackt.

Un peu de patience. Ecoutez-moi. «

J'nons pas ^e loifir.

JEANNETTES Baftim.

Un moment.

J'nons pfcs le temps.

JEANNETTE

De grâce.

Non, morgue. Queu cérémonie faut ici pour fe faire entendre! Quand ce feroit l'antichambre d'un Receveur des Tailles.... J'vouions un conieil ; je paierons bien : faites-nous parler au Maréchal.

JEANNETTE

Jl eft forti y il reviendra bientôt.

EUSTACHE

Quene d'fiais-vous > J'allons boire bouteille en l'attendant, yians-t-en Baftien.

JEANNETTE

Eh ! Melïieurs y vous avez l'air (î bonnes perfonnes , fi compatiffans, Pouvez-vous me refufer ce que je vous demande ?

EUSTACHE

Qu'eft-ce qu'ous demandais ?

De me voir débarraffée de ce jeune homme. Il eft venu pour confuiter mon père ; il avoit chnud ; ce breuvage qi/il a pris pour ûu vin, Ta mis d*ns l'étar où vous le voyez. EUSTACHE.

,Cc tt'fera rien j il eft pYêtre mort ; mais faut attendre.

OPÉRA-COMIQUE. n

Votre père faura queuq fecret pour le faire revivre, lui qu'en

a tant.

JEANNETTE

Je ferois perdue s'il venoit à le voir ici. Il faut tout vous avouer : c'eit mon amanc.

BaSTIEN.

DiantrC. c'eft comme ça que vous IVacmodais ?

Tirez-moi d'embarras; portez-le hors de la maifon.

Non , morgue. La belle proportion ! On diroit que c'eft nous qui l'avons tué.

JEANNETTE

11 patte peu de monde par ici.

Air: Des Pendus, Notre maifon eft à l'écart.

EUSTACHE

C'eft courir un trop grand hafard.

Morgue, vous êtes jeune fille , Bian attrayante & bian gentille ; Mais je ne fomm* pas curieux D'être pendus pour vos biaux yeux.

JEANNETTE

Ecoutez. Il y a un autre moyen qui ne vous expofe point.' Cachez-lc pour le préfent dans notre cave jufqu'à la nuit. Il commence à faire obfcur : vous viendrez par la porte de derrière , & vous l'emporterez. Je vous donnerai quatre bouteilles de vin pour votre peine.

EUSTACHE

Quatre bouteilles ? Baftïen , ne te fens-tu pas Tarne émue ?

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