‹ Le maréchal-ferrantChapitre 12 sur 29 · COU N · texte numérisé non relu

COU N

II ny a rien encore de décidé.

Aïr: Nous autres hons Villageois* / Ne t'affliges pas , crois moi ; Je Pinitruirai de ma tendrefiTe.

S'il me fait aimé de toi , Senfible à l'ardeur qui me ptefle 3 Il empêchera le deffein Qu'on a de me ravir ta main.

jeannette:

Mais fi tu n'as pas fon appui ?

COLI N.

Nous pouvons compter fur lui.

JEANNETTE

Tout cela ne me r allure pas.

COLIN

Tes inquiétudes me défefperent.

JEANNETTE

Ta confiance me met hors de moi-même. Tiens» Colin ; fi tu m'aimois bien , tu ferois moins tranquille» COLIN.

Peux-tu me faire ce reproche ?

Ariette.

Charmant objet de ma Mme, Ne doute point de mes feux:

La confiance de mon ame S'entretient dans tes beaux yeux.

Quand je te quitte Mon cœur s'agite , Tout me dépite ; Je fens , hélas !

Qu'il faut languir où tu tics pas»

Dans nos bois , Quand je vois Le ramier S'égayer , Je dis alors en moi-même :

Il eft près de ce qu'il aime.

jttds»*»- Que ne puis-je cire aujourd'hui Auflî fortuné que lui !

Charmant objet de ma flâme , &CV JEANNETTE.

Pourrois ie ne pas t'aimer , quand tu me montres tant d'ardeur .? Va , l'on a beau me le défendre»

fS LE MARE CHAL FERRANT;

Ariette.

Si Ton dit que je t'adore , Colin , on a bien raifon :

Dut- on m'en blâmer encore , Je ne dirai jamais non.

Qu'une autre puilTe te plaire, Ce fera par Tes attraits :

Mais fi ta flamme légère Se fixe à la plus fîneere, Tu ne changeras jamais.

Si Ton dit , &c

COLIN

. N'ayons donc plus de querelle , & compte fur monempref- Tement à me procurer le feul bien.... qui.... m'intéreffe. JEANNETTE.

Qu'as-tu î

COLIN

Je me Cens altéré : j'ai, tant couru pour venir.... Qu'eft-ce que c'eft que ces bouteilles-là /

JEANNETTE

C'eft le refte du goûté de ton oncle & de mon père. Celle. -ci fill entamée : prends ce verre.

Air; Jeannetton mon cœur , &c.

Bois ce coup de vin.

COLIN

Verfé de ta main , Il n'en eft point de meilleur Pour me, pour me, pour me remettre, Il n'en eit point de meilleur Pour me remettre en bonne humeur.

JEANNETTE

Comment le trouves-tu ?

COLIN

Cela m'a fait grand bien. Mais ce vin- là m'a paru d'un autre goût que le vin ordinaire.

JEANNETTE

Ç'eft ton altération qui en aura été caufe. AlR : Allons donc ijoue^violons. Mais c'etl allez relier enfemble:

Quelqu'un peut arriver. Je tremble f Qu'on ne te furprenne au logis ;

/Il faut, mon cher, faire retraite.

Aime-moi, compte fur Jeannette , Sur l'amour que je t'ai promis.

Reiîbuvïens-toi de mes avis :

Parle à ton oncle , & peins ma flamme. Dis que tu veux m'avoir pour femme.

Dis que nous nous aimons tous deux.

Dis- lui qu'il couronne nos feux.

OPÊRA-COMIQVE. \$

Mais qu'as-tu donc \ Loin de m'entendre, 1 Le fommeil paroît te furprendre.

COLIN

Je n'en puis plus.

JEANNETTE

Quel accident ï D'où vient cet afïoupiffement l COLIN.

Ah ! Jeannette !

JEANNETTE

Qu'as-tu? H chancelé. Réponds-moi donc.

COLIN

Je me fens fuftoqué.

JEANNETTE

Où trouver du fecours ? Je ne puis plus le foutenïr. (Pendant ce temps la fuffocation commence afairefon effet.}

COLIN

Ariette.

Mon cœur s'en va ,

Mon œil fe trouble.

Qu'ai-je bu là l

Mon mal redouble.

Ahi

Mon cœur s'en va.

Prenons courage.

Triitedeitin!

Maudit breuvage!

Pauvre Colin !

Le jour s'éteint.

Je meurs , je tombe. (Il tombe fut

Quelles douleurs ! une chaife. )

Ah ! je fuccombe l

Ah ! je me meurs. ( // s'endort. )

JEANNETTE

Colin. ColintfJ'ai beau l'appeler, il ne me répond point... Il eft mort.... jeifen puis plus douter: ce breuvage l'aura empoifonné. Que'vais-je devenir l Pauvre Jeannette ! Si mon père vient ATentends quelqu'un. Où me mettre ? où fuir ? Cefont deux étrangers : raflurons-nous * ils pourront peut-être me tirer d'embarras.

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