COU N
II ny a rien encore de décidé.
Aïr: Nous autres hons Villageois* / Ne t'affliges pas , crois moi ; Je Pinitruirai de ma tendrefiTe.
S'il me fait aimé de toi , Senfible à l'ardeur qui me ptefle 3 Il empêchera le deffein Qu'on a de me ravir ta main.
jeannette:
Mais fi tu n'as pas fon appui ?
COLI N.
Nous pouvons compter fur lui.
JEANNETTE
Tout cela ne me r allure pas.
COLIN
Tes inquiétudes me défefperent.
JEANNETTE
Ta confiance me met hors de moi-même. Tiens» Colin ; fi tu m'aimois bien , tu ferois moins tranquille» COLIN.
Peux-tu me faire ce reproche ?
Ariette.
Charmant objet de ma Mme, Ne doute point de mes feux:
La confiance de mon ame S'entretient dans tes beaux yeux.
Quand je te quitte Mon cœur s'agite , Tout me dépite ; Je fens , hélas !
Qu'il faut languir où tu tics pas»
Dans nos bois , Quand je vois Le ramier S'égayer , Je dis alors en moi-même :
Il eft près de ce qu'il aime.
jttds»*»- Que ne puis-je cire aujourd'hui Auflî fortuné que lui !
Charmant objet de ma flâme , &CV JEANNETTE.
Pourrois ie ne pas t'aimer , quand tu me montres tant d'ardeur .? Va , l'on a beau me le défendre»
fS LE MARE CHAL FERRANT;
Ariette.
Si Ton dit que je t'adore , Colin , on a bien raifon :
Dut- on m'en blâmer encore , Je ne dirai jamais non.
Qu'une autre puilTe te plaire, Ce fera par Tes attraits :
Mais fi ta flamme légère Se fixe à la plus fîneere, Tu ne changeras jamais.
Si Ton dit , &c
COLIN
. N'ayons donc plus de querelle , & compte fur monempref- Tement à me procurer le feul bien.... qui.... m'intéreffe. JEANNETTE.
Qu'as-tu î
COLIN
Je me Cens altéré : j'ai, tant couru pour venir.... Qu'eft-ce que c'eft que ces bouteilles-là /
JEANNETTE
C'eft le refte du goûté de ton oncle & de mon père. Celle. -ci fill entamée : prends ce verre.
Air; Jeannetton mon cœur , &c.
Bois ce coup de vin.
COLIN
Verfé de ta main , Il n'en eft point de meilleur Pour me, pour me, pour me remettre, Il n'en eit point de meilleur Pour me remettre en bonne humeur.
JEANNETTE
Comment le trouves-tu ?
COLIN
Cela m'a fait grand bien. Mais ce vin- là m'a paru d'un autre goût que le vin ordinaire.
JEANNETTE
Ç'eft ton altération qui en aura été caufe. AlR : Allons donc ijoue^violons. Mais c'etl allez relier enfemble:
Quelqu'un peut arriver. Je tremble f Qu'on ne te furprenne au logis ;
/Il faut, mon cher, faire retraite.
Aime-moi, compte fur Jeannette , Sur l'amour que je t'ai promis.
Reiîbuvïens-toi de mes avis :
Parle à ton oncle , & peins ma flamme. Dis que tu veux m'avoir pour femme.
Dis que nous nous aimons tous deux.
Dis- lui qu'il couronne nos feux.
OPÊRA-COMIQVE. \$
Mais qu'as-tu donc \ Loin de m'entendre, 1 Le fommeil paroît te furprendre.
COLIN
Je n'en puis plus.
JEANNETTE
Quel accident ï D'où vient cet afïoupiffement l COLIN.
Ah ! Jeannette !
JEANNETTE
Qu'as-tu? H chancelé. Réponds-moi donc.
COLIN
Je me fens fuftoqué.
JEANNETTE
Où trouver du fecours ? Je ne puis plus le foutenïr. (Pendant ce temps la fuffocation commence afairefon effet.}
COLIN
Ariette.
Mon cœur s'en va ,
Mon œil fe trouble.
Qu'ai-je bu là l
Mon mal redouble.
Ahi
Mon cœur s'en va.
Prenons courage.
Triitedeitin!
Maudit breuvage!
Pauvre Colin !
Le jour s'éteint.
Je meurs , je tombe. (Il tombe fut
Quelles douleurs ! une chaife. )
Ah ! je fuccombe l
Ah ! je me meurs. ( // s'endort. )
JEANNETTE
Colin. ColintfJ'ai beau l'appeler, il ne me répond point... Il eft mort.... jeifen puis plus douter: ce breuvage l'aura empoifonné. Que'vais-je devenir l Pauvre Jeannette ! Si mon père vient ATentends quelqu'un. Où me mettre ? où fuir ? Cefont deux étrangers : raflurons-nous * ils pourront peut-être me tirer d'embarras.