‹ Le maréchal-ferrantChapitre 19 sur 29 · OC L A U D I N E · texte numérisé non relu

OC L A U D I N E

Ue ^demandez-vous encore? vous avez bu toute la journée. N etes-vous pas content ? voulez-vous palier la nuit * MARCEL.

Allons, ma petite fœur, un verre de ratafia; rien que cela.

LA BRIDE

Que vous êtes aimable, dame Claudine ! .Pavois chargé Jeannette de vous donner un baifer de ma part; mais je vois bien qu'elle a oublié ma commiiïîon , je la ferai moi-même CLAUDINE.

Air: De la pierre fitoife* Eh / non , non j voyez comme il y va.

LA BRIDE

Permettez.

CLAUDINE-

Cela vous blelTera.

LA BRIDE

Je le veux.

CLAUDINE

Au large.... mais vraiment , Ne faites donc pas le méchant ;

Tant.

Eh ! où* avez- vous pris cette gaieté-là ? Pefte ! vous voilà bien éveillé pour n'avoir dormi qu'une heure, L A B R I D E.

Morbleu, dame Claudine, ma timidité a tenu jiafou'ici mon amour au trot .votre réliftance le met au galop, & ie ne répondrois pas qu il ne prît le mors aux dents, voyez-vous* ( // ve ut toujours fembralfer. }

CLAUDINE. i

Eh bi*n ! favez-vous que je me lâcherai , à la fin.

MARCEL

Bride en main , Monfïeur la Bride , bride en main.

CLAUDINE

Je ne i'ai jamais vu fî gaillard.

MARCEL

Compère ^ vous faites le jeune homme à votre âçe? ûue diable , foyez donc fage. ^

CLAUDINE^ part.

En honneur je l'aime de cet humeur-là. {haut.) Marcel al elt tard > retenez le compère à founcr. ..... M A R C E L.

Ma Foi, je fuis bien ai fe que vous l'en priez, ça m'en évite h peine, & ça njc fait plaifir. Oui, foupez avec nous

compère; nous parlerons du mariage : allons un inflaot ail

jardin. Pendant ce temps-là , Claudine, apprêtez ce qu'il

faut. Ceft, morbleu, la première fois que ;e la vois prévenante.

LA BRIDL

Adieu , belle ingrate.

CLAUDINE

Au revoir, Moniîeur la Bride.

Allons donc , vous avez le vin diablement amoureux.

fe1 ~ JTT'n e ~"~x v i.

Tgjj CLAUDINE^ pan.

JT Ar ma foi, cet homme- là me plaît; je croyois que Colin feul pouvoit me toucher le cœur , & voilà l'oncle qui avec des années de plus & des charmes de moins lui enlevé ce droit-là : je ne m'étonne plus û l'on voit aujourd'hui 'tant dç magots préférés à des jolis Seigneurs.

Ariette,

Il n'eft chère que d'appétit :

Quand un homme nous amufe,

Qu'il foit ruftre , qu'il (bit bufe,

Sapréfence fert d'exeufe;

Quand l'amour plaît , tout eft dit :

le plus fimple nous féduît. \

Soyrz belle , foyez laide >

L'amour parle , le cœur cède.

Quand l'amant plaît , tout eft dît j

Il n'eft chère que d'appétit.

Allons chercher ce qu'il faut pour mettre le couvert.

(Elfe fort.)

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