OC L A U D I N E
Ue ^demandez-vous encore? vous avez bu toute la journée. N etes-vous pas content ? voulez-vous palier la nuit * MARCEL.
Allons, ma petite fœur, un verre de ratafia; rien que cela.
LA BRIDE
Que vous êtes aimable, dame Claudine ! .Pavois chargé Jeannette de vous donner un baifer de ma part; mais je vois bien qu'elle a oublié ma commiiïîon , je la ferai moi-même CLAUDINE.
Air: De la pierre fitoife* Eh / non , non j voyez comme il y va.
LA BRIDE
Permettez.
CLAUDINE-
Cela vous blelTera.
LA BRIDE
Je le veux.
CLAUDINE
Au large.... mais vraiment , Ne faites donc pas le méchant ;
Tant.
Eh ! où* avez- vous pris cette gaieté-là ? Pefte ! vous voilà bien éveillé pour n'avoir dormi qu'une heure, L A B R I D E.
Morbleu, dame Claudine, ma timidité a tenu jiafou'ici mon amour au trot .votre réliftance le met au galop, & ie ne répondrois pas qu il ne prît le mors aux dents, voyez-vous* ( // ve ut toujours fembralfer. }
CLAUDINE. i
Eh bi*n ! favez-vous que je me lâcherai , à la fin.
MARCEL
Bride en main , Monfïeur la Bride , bride en main.
CLAUDINE
Je ne i'ai jamais vu fî gaillard.
MARCEL
Compère ^ vous faites le jeune homme à votre âçe? ûue diable , foyez donc fage. ^
CLAUDINE^ part.
En honneur je l'aime de cet humeur-là. {haut.) Marcel al elt tard > retenez le compère à founcr. ..... M A R C E L.
Ma Foi, je fuis bien ai fe que vous l'en priez, ça m'en évite h peine, & ça njc fait plaifir. Oui, foupez avec nous
compère; nous parlerons du mariage : allons un inflaot ail
jardin. Pendant ce temps-là , Claudine, apprêtez ce qu'il
faut. Ceft, morbleu, la première fois que ;e la vois prévenante.
LA BRIDL
Adieu , belle ingrate.
CLAUDINE
Au revoir, Moniîeur la Bride.
Allons donc , vous avez le vin diablement amoureux.
fe1 ~ JTT'n e ~"~x v i.
Tgjj CLAUDINE^ pan.
JT Ar ma foi, cet homme- là me plaît; je croyois que Colin feul pouvoit me toucher le cœur , & voilà l'oncle qui avec des années de plus & des charmes de moins lui enlevé ce droit-là : je ne m'étonne plus û l'on voit aujourd'hui 'tant dç magots préférés à des jolis Seigneurs.
Ariette,
Il n'eft chère que d'appétit :
Quand un homme nous amufe,
Qu'il foit ruftre , qu'il (bit bufe,
Sapréfence fert d'exeufe;
Quand l'amour plaît , tout eft dit :
le plus fimple nous féduît. \
Soyrz belle , foyez laide >
L'amour parle , le cœur cède.
Quand l'amant plaît , tout eft dît j
Il n'eft chère que d'appétit.
Allons chercher ce qu'il faut pour mettre le couvert.
(Elfe fort.)