‹ Le maréchal-ferrantChapitre 18 sur 29 · LM A R C E L · texte numérisé non relu

LM A R C E L

E bon vin eft l'ame de la vie.

Au Château que ne fuis-je toujours!

Bon morceaux & bonne compagnie, Je voudrois paffer ainfî mes jours.

Ensemble.

LA BRIDE. C Qu'en dites-vous, cornpere! MARCEL. (. J'en fuis ravi , compère.

Bon vin & bonne chère Sont beaux & bons vraiment > A deux. Mais , ma foi , vive l'argent. MARC E L, Chez vous avec la joie On a de la monnoie.

Avec les politefles On donne des efpeces :

Ailleurs on fait des complimens ; Et l'on ne paye point les gens ; C'elt la mode chez bien des Grands.

C Mais au Château , compère, [Adeux.< C'eft une autre manière >

( On eft payé , puis bien traité.

LA BR.'DE. j Le Daron vous a contenté. MARCEL. \ Du Daron je fuis enchante* A deux. Buvons à fa fan té.

LA B R I D £, Vous devez le rogome*

C'elt vrai, j'fuis honnête homme :

Du Daron je fuis enchanté.

A deux. Buvons à fa famé.

MARCEL

Claudine.... Ah! te voilà , Jeannette; va dire à ta tante qu'elle nous envoie de la lumière & une petite bouteille de cYaffaire. LA BRIDE.

Et donnez-lui un petit baifer de ma part. Morbleu , père Marcel, Dame Claudne eft bien aimable: quand j'y penfc cela me met en bonne humeur; je danferois volontiers. Gai, allons gai.

( // prend la main de Marcel comme pour le faire danfer. )

Je crois que vous êtes un peu gris, compère la Bride.

-Moi! je fuis de fan g froid , alTurémenr.

MARGE L; Eft-ceque vous avez oublié que vous êtes mon gendre x. Vou> driez-vous aufli devenir mon beau-frere tout en même temps? Cela ne fe peut pas, compère ; faut de laraifon à tout. LA BRIDE.

Ceft jufte , c'eft jufte.

MARCEL

Être gris pour avoir bu votre part de fïx bouteilles , c'eft une honte : vous n'avez pas une tête de cocher > c'eft une tête de linotte LA BRIDE.

Qu'appelez-vous? Linotte toi-même, entendez-vous? Apprenez que parmi tous les cochers qui montent fur le fîége , cocher de Fiacre , cocher de Cour, cocher de Palais , cocher de Maifon , cocher de Remife , cocher de Place, il n'y a pas un feul cocher qui me le puiiïe difputer. Ariette.

Brillant dans mon emploi, Tantôt doux & traitable ,^ Le plailîr marche avec moî.

Tantôt d'un train de Diable * Je guide fous ma loi Le tintamare & l'effroi.

Si je mené une ducheiîe, Une petite maîtrelTe, Je touche, avec gentillefTe , On me prendroit pour l'amour»

Mais avec un petit maître, Je pars comme le falpêtre :

Avant de me voir paroître , On s'épouvante i on court $ Au milieu d'une bagarre, A m'entendre crier gare, Un Sonneur deviendrok fourd.

Donnez-

OPÉRA-COMIQUE. 2f

Donnez-moi quelque tendron à mener ; je vous le conduirai par un chemin où il n'y aura pas de pierres

Vous faites bien claquer votre fouet , compère : je ne fais pas....

s c f'^FTir ~

Les Précédens, CLAUDINE

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