LM A R C E L
E bon vin eft l'ame de la vie.
Au Château que ne fuis-je toujours!
Bon morceaux & bonne compagnie, Je voudrois paffer ainfî mes jours.
Ensemble.
LA BRIDE. C Qu'en dites-vous, cornpere! MARCEL. (. J'en fuis ravi , compère.
Bon vin & bonne chère Sont beaux & bons vraiment > A deux. Mais , ma foi , vive l'argent. MARC E L, Chez vous avec la joie On a de la monnoie.
Avec les politefles On donne des efpeces :
Ailleurs on fait des complimens ; Et l'on ne paye point les gens ; C'elt la mode chez bien des Grands.
C Mais au Château , compère, [Adeux.< C'eft une autre manière >
( On eft payé , puis bien traité.
LA BR.'DE. j Le Daron vous a contenté. MARCEL. \ Du Daron je fuis enchante* A deux. Buvons à fa fan té.
LA B R I D £, Vous devez le rogome*
C'elt vrai, j'fuis honnête homme :
Du Daron je fuis enchanté.
A deux. Buvons à fa famé.
MARCEL
Claudine.... Ah! te voilà , Jeannette; va dire à ta tante qu'elle nous envoie de la lumière & une petite bouteille de cYaffaire. LA BRIDE.
Et donnez-lui un petit baifer de ma part. Morbleu , père Marcel, Dame Claudne eft bien aimable: quand j'y penfc cela me met en bonne humeur; je danferois volontiers. Gai, allons gai.
( // prend la main de Marcel comme pour le faire danfer. )
Je crois que vous êtes un peu gris, compère la Bride.
-Moi! je fuis de fan g froid , alTurémenr.
MARGE L; Eft-ceque vous avez oublié que vous êtes mon gendre x. Vou> driez-vous aufli devenir mon beau-frere tout en même temps? Cela ne fe peut pas, compère ; faut de laraifon à tout. LA BRIDE.
Ceft jufte , c'eft jufte.
MARCEL
Être gris pour avoir bu votre part de fïx bouteilles , c'eft une honte : vous n'avez pas une tête de cocher > c'eft une tête de linotte LA BRIDE.
Qu'appelez-vous? Linotte toi-même, entendez-vous? Apprenez que parmi tous les cochers qui montent fur le fîége , cocher de Fiacre , cocher de Cour, cocher de Palais , cocher de Maifon , cocher de Remife , cocher de Place, il n'y a pas un feul cocher qui me le puiiïe difputer. Ariette.
Brillant dans mon emploi, Tantôt doux & traitable ,^ Le plailîr marche avec moî.
Tantôt d'un train de Diable * Je guide fous ma loi Le tintamare & l'effroi.
Si je mené une ducheiîe, Une petite maîtrelTe, Je touche, avec gentillefTe , On me prendroit pour l'amour»
Mais avec un petit maître, Je pars comme le falpêtre :
Avant de me voir paroître , On s'épouvante i on court $ Au milieu d'une bagarre, A m'entendre crier gare, Un Sonneur deviendrok fourd.
Donnez-
OPÉRA-COMIQUE. 2f
Donnez-moi quelque tendron à mener ; je vous le conduirai par un chemin où il n'y aura pas de pierres
Vous faites bien claquer votre fouet , compère : je ne fais pas....
s c f'^FTir ~
Les Précédens, CLAUDINE