I. LA CARRIERE — LES PRINCIPES
Ferdinand Foch naquit le 2 octobre i85i à Tarbes ; son père y était à cette époque secrétaire général de la préfecture. Il commença ses études au collège de cette ville, les continua à Rodez, puis à Polignan, chez les Jésuites, enfin au Collège de Jésuites Saint-Michel, à Saint-Etienne, où son père avait été appelé comme trésorier-payeur.
Il était studieux, appliqué, plus sérieux que ne le comportait son âge. Comme il aimait la géométrie et l'histoire, les Pères le destinèrent à l'Ecole polytechnique. En 1869, ^s l'envoyaient à Metz, dans leur célèbre établissement de Saint-Clément, où il faisait une première année de préparation couronnée par le prix de sagesse.
La guerre éclate... Le jeune candidat, désigné pour le succès, ferme ses livres et s'engage comme volontaire ; mais l'armistice survient avant qu'il ait
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terminé son instruction dans les dépôts et sans qu'il ait rien pu faire d'utile pour la France, il est témoin du désastre. Sa vocation de soldat n'en est pas altérée; il comprend seulement que pour vaincre, l'enthousiasme et la foi ne suffisent pas ; que la science est nécessaire. Sans perdre un jour, il se remet au travail.
A Metz, le collège Saint-Clément est occupé par des soldats allemands qui encombrent les cours et les couloirs. Nancy, où il passe l'examen, Nancy, l'antique capitale lorraine, est le siège du commandement de Manteuffel et la place Stanislas résonne, tous les soirs, du bruit des retraites militaires et des marches triomphales allemandes. Rentré chez lui après ses compositions, le front collé aux vitres, Ferdinand Foch écoute; il n'oubliera pas.
Le Ier novembre 1871, il entre à l'École polytechnique où il revit les heures lamentablement tristes de la Commune; en 1873, il est à Fontainebleau; en 1875, lieutenant au ^4e d'artillerie, à Tarbes. Passionné pour l'équitation, il entre à Saumnr en 1877; est Promu capitaine au 10e régiment d'artillerie à Rennes, en 1878, et entre à l'École de guerre en i885. Il reste à l'état-major de la division de Montpellier jusqu'en 1891, date à laquelle il est promu chef d'escadron et appelé au 3e Bureau de l'État-major de l'armée. Après avoir commandé à Vincennes le groupe à cheval du i3e régiment d'artillerie, il est rappelé en 1894 à l'Etatmajor de l'armée, et est enfin nommé, le 3i oc-
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tobre i8q5, professeur adjoint d'histoire militaire, de stratégie et de tactique appliquée à l'Ecole de guerre. En 1896, il était promu lieutenant-colonel, et nommé professeur titulaire.
Les coure du colonel Foch produisirent une impression profonde sur tous les officiers qui eurent le privilège de les entendre. L'homme était séduisant : « Mince, élégant, l'air distingué, bien pris dans son dolman, il frappait tout de suite, a dit quelqu'un, par une expression pleine d'énergie, de calme, de droiture. Le front était haut, le nez fier et droit; les yeux, d'un gris bleu, regardaient bien en face. Il parlait sans gestes, avec autorité et conviction, d'une voix grave, rude, un peu monotone, allongeant ses phrases pour serrer dans tous Ses détours un raisonnement rigoureux, faisant toujours appel à la logique, recourant même volontiers aux expressions du langage mathématique; parfois difficile à suivre tant son discours était riche en idées, mais retenant l'attention par la pénétration de ses vues, autant que par son accent de sincérité. »
Les enseignements qui ont assoupli le cerveau de plusieurs promotions d'officiers d'état-major, sont contenus dans deux livres : De la Conduite de la Guerre et Des Principes de la Guerre (I).
Les pensées maîtresses qui s'en dégagent, sim-
(1) Berger-Levrault, éditeurs. Nancy-Paris-Strasbourg.
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pies et lumineuses, les voici, largement esquissées :
« La guerre est un art simple, a dit Napoléon, et tout d'exécution. » Art simple dans sa conception large, oui, affirme Foch, puisque les plus merveilleuses créations de la stratégie sont à la portée de tous et se discutent passionnément tous les jours autour des tables de billard. Art simple dans la conception mais complexe, infiniment, dans l'exécution ; car cette exécution nécessite à la fois une connaissance approfondie des moyens matériels et moraux mis en œuvre, et de l'organisme compliqué qu'est une armée ; elle nécessite aussi chez le chef une volonté, une fermeté, une énergie, une force d'âme qu'aucun cataclysme ne puisse abattre et qui sachent rayonner irrésistiblement sur les masses... Donc : art accessible seulement à une élite extrêmement restreinte.
Comment s'initier à cet art?
Tout d'abord, l'homme de guerre doit se mettre à la hauteur de sa tâche; il doit former son cerveau, apprendre à penser, et pour cela, acquérir de l'expérience.
Mais comment acquérir de l'expérience sans faire la guerre, sans la faire constamment? Or, la guerre n'est qu'une crise; elle ne dure pas... Deux moyens :
i° U étude de l'histoire, la méditation des faits de guerre et des campagnes des grands capitaines... Napoléon s'est formé ainsi;
2° L'étude de cas concrets, de problèmes répondant à des réalités et non point à des rêveries didactiques : Voici un terrain, voici une situation générale; voici une troupe dont l'outillage et la valeur matérielle et morale sont déterminés ; voici une mission nette donnée à cette troupe ; il s'agit de prendre une décision raisonnée... Et le rôle du professeur est celui-ci : faisant toujours appel au bon sens et à la réflexion, il habitue tous les cerveaux à traiter les questions dans un même esprit; il crée une unité de doctrine qui, au moment du besoin, quand il faudra laisser chaque exécutant agir suivant sa pleine initiative dans un sens donné, assurera la parfaite coordination des efforts de tous les cerveaux vers le but commun assigné par le commandement.
Maintenant, le cerveau de l'élève est formé ; l'élève lui-même est devenu un chef; il se trouve en présence des redoutables problèmes qu'il n'a cessé d'envisager toute sa vie. Comment va-t-il les résoudre ?
En premier lieu, il y a un plan d'opérations, fonction directe de la situation géographique des belligérants, de leurs mœurs, de leur caractère, de leur puissance. Toujours, ce plan a pour but la victoire, et dans l'idée bien établie que la victoire ne s'obtient que par la bataille, par l'anéantissement de la force de l'ennemi, c'est la bataille qu'il a constamment en vue : une bataille immédiate, une
attaque brusquée, foudroyante si la situation générale s'y prête; une bataille retardée pour attendre de meilleures conditions si. l'état des forces le veut ainsi .
Sachant où il va, le chef fait désonnais table rase de tout schéma; il débarrasse son esprit de toute hypothèse, de tout souvenir qui pourrait obscurcir la vision nette de la réalité en face de laquelle il se trouve. De quoi s' agit-il ? Telle est la première question à laquelle il doit savoir répondre.
Or, cette question est terriblement complexe!... L'inconnu, voilà l'essence même de la guerre. Où est l'ennemi? Quelle est sa force? Quelles sont ses intentions? Il n'existe qu'un moyen de répondre — toujours assez imparfaitement il est vrai — à ce questionnaire, c'est de s'éclairer.
S'éclairer, puis agir d'après des renseignements précis et non d'après des idées préconçues ou des hypothèses qui se réalisent rarement, pour si logiques qu elles soient, voilà ce qu'il faut faire. Et on peut bien croire que cette manière d'agir, qui paraît naturelle au point de sembler enfantine, n'est déjà pas si facile à réaliser, puisque de Moltke n'a jamais su le faire !
II ne suffît pas, en effet, de recueillir des renseignements précis, ce qui est déjà une rude tâche, il faut encore que ces renseignements parviennent au chef en temps utile pour qu'il puisse, quand il les a, agir encore librement, c'est-à-dire accep-
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ter ou provoquer un combat qui se présente dans de bonnes conditions, en refuser un qui se présente dans de mauvaises.
L'instrument de cette liberté d'action, que Napoléon connaissait bien et que de Moltke n'a jamais su rééditer, c'est Y avant-garde générale. Avec les masses considérables qu'il faut mouvoir aujourd'hui pour les faire collaborer en temps utile à la bataille, cette avant-garde doit être assez puissante pour fixer l'ennemi enveloppé dans le réseau de cavalerie, pour l'obliger à un déploiement prématuré qui dévoilera ses forces s'il n'y prend garde, le désorganisera et le livrera dans des conditions défavorables à la manœuvre du gros de l'armée.
Et pour que les événements se déroulent suivant la volonté du chef, que celui-ci fasse donc nettement connaître ses intentions à ses subordonnés! Commander na jamais voulu dire : être mystérieux... Orienté, chacun collaborera dans sa sphère à Pœuvre commune : le succès de la manœuvre en cours, dont une part de responsabilité lui incombe, puisqu'il sait!... Car le chef ne peut vraiment pas penser pour tout le monde ; s'immiscer dans tous les détails, conduire par la main tous les exécutants. Des armées ne se manient pas comme des pions sur un échiquier...
Nous avons donc une doctrine; tous les cerveaux sont assouplis et ont une manière identique d'envisager les questions. Les données du problème
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étant connues, chacun résoudra le problème à sa manière, et ces mille manières, nous en sommes bien sûrs, feront harmonieusement converger les efforts de tous vers le but commun.
La bataille est engagée... Un chef digne de ce nom évitera absolument la bataille de lignes, la bataille parallèle où, au mépris de l'art, deux armées se placent l'une en face de l'autre sur deux lignes démesurément longues. Dans cette bataille de lignes, en effet, le résultat dépend fatalement de la seule valeur des soldats; il est à la merci d'un incident, d'une panique, et le commandement privé de tout moyen d'action, qui a abdiqué ses prérogatives par ignorance ou par paresse, ne peut rien faire pour forcer le destin.
La vraie bataille, c'est la bataille-manœuvre, où, grâce aux disponibilités que le chef a su se réserver ou se constituer en temps utile, grâce aussi à une application judicieuse du principe fécond de Y économie des forces, c'est lui, et lui seul, qui préside aux diverses phases du combat et qui demeure en définitive le maître de sa décision. Où il veut, quand il veut, il déclenche Y attaque décisive qui est l'expression de sa volonté et qui, seule, donne la victoire.
Acte suprême, la bataille doit être menée à fond, sans arrière-pensée. Tout le monde doit y participer de toutes ses forces, avec tous ses moyens. Pas de réserves stratégiques ; pas de ces corps importants laissés en arrière dans une profonde
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inaction et demeurant inutiles, quand le sort du pays se décide !
Surtout, dans ce drame grandiose, qui exige de chacun, outre le don complet de soi-même, le maximum d'efforts et d'endurance, il faut bien savoir qu'un moment de crise surgira à peu près fatalement, où les nerfs seront tendus à l'extrême, où la limite des forces paraîtra dépassée et où, au milieu de l'effroyable danger, les obstacles à surmonter sembleront insurmontables... Alors, il faudra être bien pénétré de l'idée que toujours V esprit domine la matière et qu'en dépit des apparences les plus écrasantes, des formidables effets des plus puissants engins de destruction modernes, c'est toujours le facteur moral qui, en définitive, triomphe du facteur matériel; toujours il est tout.
« Victoire égale volonté... Une bataille gagnée c'est une bataille où l'on ne veut pas s'avouer vaincu...
« La victoire va toujours à ceux qui la méritent par la plus grande force de volonté et d'intelligence... »
Mais cette inébranlable volonté de vaincre, tout l'enthousiasme et toute la foi du chef seraient stériles s'il ne savait les faire passer intégralement dans l'âme de tous ses soldats, « car V armée est au chef ce qu'est Vèpée aux soldats; elle ne vaut que par r impulsion qu'il lui imprime... N'est-ce pas dans Vinfluence du commandement , dans cet enthousiasme communiqué par lui qu'il faut aller
chercher i expression de ces mouvements inconscients de la masse humaine, dans ces moments solennels où, sans savoir pourquoi, une armée sur le champ de bataille se sent portée en avant comme si elle glissait sur un plan incliné... »
Et que Ton ne s'y trompe pas : « Ce sont les généraux et non pas les soldats qui gagnent les batailles... un général battu est un chef disqualifié. » Ce n'est pas le maréchal Foch, vainqueur de la Marne, de l'Yser, de la Bataille de France qui parle ainsi en 1918; c'est le lieutenant-colonel Foch qui signe en 1898 cette redoutable créance!...
S'éclairer, savoir penser, savoir vouloir, vraiment, voilà tout l'art de la guerre!... En existe-t-il un d'une conception plus simple et d'une exécution plus effroyablement difficile?
Et pour se £aire de cette difficulté de « savoir vouloir » une^idée à peu près exacte, il convient de ne pas oublier que la vie de plusieurs milliers d'hommes et l'avenir de tout un pays sont liés au résultat d'une bataille. On peut alors soupçonner la force d'âme qu'il faut à un homme de cœur, à un ardent patriote, pour oser en livrer une!... Voilà pourquoi les grands hommes de guerre de l'histoire s'appellent Alexandre, Annibal, César, Napoléon ; pourquoi vingt siècles en ont à peine vu naître une demi-douzaine ! . . . J
L'homme de grand cœur, de grande foi et de devoir qu'est Foch a pris soin d'indiquer à ses élèves le moyen de centupler les forces de l'âme et de les
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rendre capables d'aller au-devant de l'épreuve suprême : Il dit : « .4 notre époque qui croit pouvoir se passer d'idéal, rejeter ce quelle appelle les abstractions, vivre de réalisme^ de rationalisme , de positivisme, tout réduire à des questions de savoir ou à V emploi d'expédients plus ou moins ingénieux mis en œuvre au jour le jour, on ne trouve encore pour éviter V erreur, la faute, le désastre, pour fixer la tactique à pratiquer un jour donné quune seule ressource, — mais celle-là est sûre, elle est féconde, — le culte exclusif de deux abstractions du domaine moral : le devoir, la discipline; culte qui, d'ailleurs, pour produire des résultats heureux, exige le savoir, le raisonnement. »
Il possède, lui, une autre ressource, mais il ne Pindiquera qu'une fois, et légèrement, parce qu'il sait bien, malgré ce qu'il en dit, qu'elle n'est pas à la portée de quiconque veut l'acquérir : « Ceux-là sont heureux, dit-il un jour, qui sont nés croyants, mais ils sont rares... » et il cherche à insinuer à son auditoire que la foi s'acquiert par la volonté, comme les muscles, comme l'instruction.
En 1900, le général Bonnal succède au général Langlois comme commandant de l'Ecole de guerre. Absolument étranger à toute politique, absorbé tout entier par ses grands devoirs de soldat, nous avons dit que le colonel Fbch était un croyant. Ses sentiments à ce sujet étaient trop profonds, son cœur trop haut placé pour qu'il pût, pour un motif
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quelconque, envisager un instant la possibilité d'imposer une contrainte, même minime, à ses habitudes de pratique religieuse.
L'époque était troublée ; un des frères du colonel était Jésuite. On prit peur. On ne crut pas pouvoir permettre qu'un catholique aussi ardent eût mission de former des officiers d'état-major et en 1901 le colonel Foch était envoyé dans un régiment. Il sourit, partit et, gaîment, reprit sa vie de quartier.
Si cette éclipse nuisit à sa carrière, elle n'interrompit pas ses travaux; peut-être même les loisirs imposés là furent-ils favorables à l'éclosion et au mûrissement d'idées qui devaient être fécondes.
En igo3, il est nommé colonel et appelé au commandement du 35e régiment d'artillerie, à Vannes.
En 1905, il est chef d'état-major du 5e corps d'armée à Orléans. En 1907, il est promu général de brigade et appelé à l'État-major de l'armée. Le général Bonnal a quitté le commandement de l'Ecole de guerre et il s'agit de le remplacer.
M. Clemenceau vient de prendre la présidence du Conseil. Il mande le général Foch et le dialogue suivant s'engage :
— Je vous offre le commandement de l'École de guerre.
— Je vous remercie, Monsieur le Président, mais vous n'ignorez sans doute pas que l'un de mes frères est Jésuite...
— Je le sais, mais je m'en f... Vous nous ferez de bons officiers, le reste ne compte pour rien.
Le lendemain, le général Foch prenait la direction de l'Ecole de guerre.
Son premier soin fut de s'entourer d'esprits clairs, ouverts, ardents, cultivés et novateurs : les Colin, les Mordacq, les Raguenau.
Le but à atteindre, très net, était le suivant ; la moitié seulement de l'instruction de l'armée avait été envisagée jusque-là, celle qui concernait les troupes, Y instruction tactique. L'autre moitié, l'instruction stratégique , celle des états-majors et des chefs, visant la conduite des masses, n'avait même pas été ébauchée. Il fallait combler cette grave lacune.
L'opposition fut vive : les principes de la stratégie sont si simples et en même temps si peu nombreux ! Une demi-heure suffit pour les connaître... Pourquoi aller perdre un temps précieux à disserter à perte de vue sur des questions dont la seule et immense difficulté est l'application pratique ?
A vrai dire, on ne savait comment poser le formidable problème ; on repoussait jusqu'aux enseignements de la guerre de Mandchourie, considérée comme une « guerre coloniale », aussi éloignée que possible des conditions d'une « guerre européenne » .
Foch, lui, laissant dire les rieurs, inaugura hardiment le cours de stratégie, qu'il confia au commandant Mordacq et que furent admis à suivre
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les quinze meilleurs élèves de la promotion sortante. Ceux-ci, à titre d'essai, étaient maintenus à FÉcole une troisième année, pour étudier les opérations d'une armée et d'un groupe d'armées. Tout de suite, les sceptiques décorèrent cette élite du litre d' « Élèves maréchaux » et, dans la réforme ébauchée, on dénonça une simple question de personnes. Appliquée à toute la promotion, elle eût peut-être été acceptée; réduite, elle fit décidément condamner le système.
On objecta que les trop rares élus, désignés d'après les chances d'un classement/)0#r rester une troisième année à Paris, allaient se trouver, dès le début de leur carrière, marqués d'une étoile et destinés au « Maréchalat » parce qu'ils étaient plus brillants conférenciers ou que leur esprit était plus précoce que ceux d'autres camarades dont le fonds était peut-être plus sérieux... Il y eut des jalousies, de l'aigreur, des interventions parlementaires... Bref, la réforme échoua qui, appliquée plus largement, eût produit des résultats incalculables en permettant à nos états-majors d'acquérir une doctrine stratégique, à nos grands chefs de s'initier à la guerre de masses.
Et qui sait l'influence qu'eût exercée une semblable culture sur les premiers grands chocs de *9i4 et sur les destinées de la France?
Promu divisionnaire en 191 1, le général Foch recevait le commandement de la i3e division à Chaumont, puis, dès 191 2, celui du 8e corps d'armée,
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qu'il quittait le 23 août 191 3 pour prendre le commandement du 20e corps à Nancy.